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Haplogroupe I1 (Y-ADN)

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Répartition géographique

Répartition géographique de l'haplogroupe I1 en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe I1 en Europe

L'haplogroupe I1 est le type le plus fréquent d'haplogroupe I en Europe du Nord. On le trouve principalement en Scandinavie et en Finlande, où il représente généralement plus de 35 % des chromosomes Y. Associé à l’ethnie nordique, I1 se retrouve dans toutes les régions qui ont été envahies par les anciennes tribus germaniques et les Vikings. Après le coeur historique de la civilisation germanique viennent les autres régions d'Europe parlant des langues germaniques, tels que le sud de l'Allemagne, l'Autriche, le Benelux, l'Angleterre et les Lowlands écossaises, qui ont tous entre 10 % et 20 % des lignées I1.

Origines & Histoire

L'haplogroupe I est le plus ancien haplogroupe majeur en Europe et probablement le seul qui soit apparu en Europe (sans compter les haplogroupes très mineurs comme C1a2, ni les sous-clades profondes d'autres haplogroupes). On pense que l'haplogroupe IJ soit arrivé du Moyen-Orient en Europe il y a environ 35.000 ans, puis évolua en l’haplogroupe I peu de temps après. Il a maintenant été confirmé par des analyses d’ADN préhistorique que les premiers Homo sapiens à coloniser l’Europe durant la période aurignacienne (de 45.000 à 28.000 ans) appartenaient aux haplogroupes CT, C1a, C1b, F et I.

Il est estimé que la branche I1 a bifurqué loin du reste de l’haplogroupe I il y a environ 27.000 ans. I1 est défini par plus de 300 mutations uniques, ce qui indique que cette lignée a connu un goulot d’étranglement de population sévère durant son histoire. La plupart des squelettes tardiglaciaires et mésolithiques testés à ce jour appartenait à l’haplogroupe I* ou I2. Il n’est pas encore clair de quelle partie d’Europe I1 provient. Il a été spéculé que I1 a évolué séparément en Scandinavie pendant les périodes paléolithique finale et mésolithique, après que les chasseurs-cueilleurs d’Europe méridionale aient recolonisé la moitié nord du continent à partir de leurs refuges du Dernier Maximum glaciaire. Les plus anciennes traces de colonisation postglaciaire en Scandinavie datent de 11.000 avant notre ère avec l’apparition de la culture d’Ertebølle. Toutefois, cinq échantillons d'Y-ADN de Suède mésolithique, datant d’environ 5.800 à 5.000 avant notre ère et testés par Lazaridis et coll. (2013) et Haak et coll. (2015) se sont tous avérés appartenir à l'haplogroupe I2.

Les plus anciennes traces de l’haplogroupe I1 connues à ce jour proviennent du début du Néolithique en Hongrie occidentale (échantillon testé par Szécsényi-Nagy et coll. (2014)). Un seul échantillon de I1 a été identifié aux côtés d’un échantillon de G2a2b, appartenant tous deux au début de la la culture de la céramique linéaire (LBK), qui aurait plus tard diffusé le nouveau style de vie agricole dans la plus grande partie de la Pologne, de l’Allemagne et du Benelux. Cela signifie que cet haplogroupe I1 était présent en Europe centrale au moment de l’expansion néolithique.

Il est donc possible que des lignées I1 étaient présentes parmi les chasseurs-cueilleurs européens mésolithique qui ont été assimilés par la vague d'agriculteurs néolithiques de Méditerranée orientale (représentés principalement par l'haplogroupe G2a). Il a également été confirmé par des échantillons des cultures néolithiques précoces de Starčevo et de la céramique cardiale que l'haplogroupe I2a était présent aux côtés des agriculteurs G2a en Europe du sud-est et du sud-ouest.

L’hypothèse la plus probable à l’heure actuelle est que des lignées I1 et I2 ont été dispersées dans toute l’Europe durant le Mésolithique et que certaines branches ont prospéré plus que d’autres grâce à une adoption rapide de l’agriculture au contact avec les agriculteurs du Proche-Orient qui progressaient lentement à travers les Balkans et les rivages de la Méditerranée. Les petits groupes d’agriculteurs de la culture LBK précoce en Hongrie comprennaient sûrement une majorité d’hommes G2a accompagnés d’autres haplogroupes mineures assimilés lors de leur avancée au fil des siècles, y compris des hommes I1. Toutefois, des familles distinctes se seraient dispersées dans des directions différentes et n'auraient pas toutes rencontré le même succès lors leur expansion. Il semblerait qu’un effet de fondateur dans la population du nord de la culture de la céramique linéaire ait conduit à une expansion soudaine des lignées I1, peut-être en partie grâce à leur meilleure connaissance de la faune et du relief de l'Europe centrale (étant donné que la chasse était généralement pratiquée en outre de l’agriculture pour agrémenter le régime alimentaire des fermiers néolithiques). I1 se serait plus tard propagé du nord de l’Allemagne vers la Scandinavie.

Étendue de la culture de la céramique linéaire (LBK, environ 5.600 à 4.250 ans avant l'ère commune)

Étendue de la culture de la céramique linéaire (LBK, environ 5600-4250 avant notre ère)

Ces données sont conformes à une dispersion néolithique de I1 de Hongrie avec la culture LBK et la culture subséquente des vases à entonnoir (4000-2700 AEC) en Allemagne du nord et dans le sud de la Scandinavie. Un échantillon suédois de la culture mésolithique tardive de la céramique perforée (3200-2300 AEC) s’est également avéré appartenir à I2a1, et non pas à I1.

Étendue de la culture des vases à entonnoir (environ 4200-2650 AEC)

Étendue de la culture des vases à entonnoir (environ 4200-2650 AEC)

Les cultures des vases à entonnoir et de la céramique perforée représentent une fusion entre les modes de vie néolithique (agriculteurs) et mésolithique (chasseurs-cueilleurs). Les agriculteurs néolithiques d’Allemagne ont pénétré tard en Scandinavie et en petit nombre. Il y a des preuves archéologiques que les agriculteurs néolithiques se sont installés dans le sud de la Scandinavie et y ont vécu aux côtés de chasseurs-cueilleurs pendant plusieurs siècles au cours de la culture des vases à entonnoir. Skoglund et coll. (2012) ont testé et comparé l’ADN d’un agriculteur néolithique et de trois chasseurs-cueilleurs de Suède datant d’il y a 5.000 ans. Il s’est avéré que l’agriculteur était beaucoup plus proche génétiquement de populations méditerranéennes modernes, en particulier des Sardes, qui sont considérés être la population moderne la plus proche des agriculteurs néolithiques européens. L’ADN des chasseurs-cueilleurs ressemblait plus à celui des Européens du nord-est actuels, et sans doute d'ailleurs plus à celui des Baltes, des Finlandais et des Samis que celui des Scandinaves.

Les chasseurs-cueilleurs scandinaves auraient adopté le nouveau mode de vie néolithique petit à petit, à l’aide de poterie et des animaux domestiqués (ovins, bovins, porcs et chèvres) pour compléter leur régime traditionnel basé sur la pêche et la chasse de gibier. La culture du blé, de l’orge et des légumineuses était assez limitée en raison du climat froid. Le climat nordique fut en fait un obstacle à l’expansion des agriculteurs du continent. C’est pourquoi les Scandinaves ont conservé un pourcentage d'ADN mésolithique supérieur à pratiquement tous les autres Européens, mis à part les Samis, les Finlandais, les Baltes et les Russes.

Aucun Y-ADN ancien de la culture des vases à entonnoir en Scandinavie n’a été testé à ce jour, mais il est probable que l'haplogroupe I1 ait à vraiment commencé à s'étendre vers la fin de cette période. Les lignées I1 auraient également figuré parmi les lignées de la culture des vases à entonnoir qui ont été assimilées par les envahisseurs indo-européens au cours de la culture de la céramique cordée (aussi connu sous le nom de la culture des haches de combat en Scandinavie). La plupart des individus I1 aujourd'hui partagent un ancêtre commun ayant vécu à l’époque de la transition entre la culture des vases à entonnoir et celle de la céramique cordée.

Comment I1 s’est propagé dans toute l’Europe du Nord ?

Comment se fait-il que les Scandinaves actuels appartiennent essentiellement à trois haplogroupes (I1, R1a et R1b) qui n’ont pas été trouvés parmi les échantillons de Scandinavie mésolithique ? L'haplogroupe I1 aurait été le premier à pénétré en Scandinavie pendant la période de transition à l’agriculture qui a duré à peu près de 4.200 à 2.300 avant notre ère. Il se pourrait que le remplacement des lignées paternelles mésolithique (I* et I2) dans tous les pays nordiques, y compris la Laponie et la Finlande, a commencé avec une poignée d’agriculteurs et d’éleveurs qui se propagèrent à travers la Scandinavie et, par le bias d'un effet fondateur, appartenaient presque exclusivement à l'haplogroupe I1. L’hypothèse alternative est qu’I1 s'est propagé en même temps que R1a-Z284 du Danemark vers la Suède et la Norvège durant l'âge du cuivre et l'âge du bronze avec la culture des haches de combat. Jusqu'à présent les premières traces d’I1 en Scandinavie date de l’âge du bronze nordique, avec un seul échantillon en Suède datant de 1.400 avant notre ère testé par Allentoft et coll. (2015).

Dans la grande majorité des sociétés agricoles, les hommes sont ceux qui héritent de la terre et du bétail. Lorsque le gibier sauvage devenait plus rare, surtout pendant les hivers froids, les agriculteurs auraient eu un avantage considérable en ce qui concerne la nourriture et donc aussi leurs chances de survie. Comme cela est sûrement arrivé dans d’autres régions d’Europe, les femmes provenant de famille de chasseurs-cueilleurs ont été marié à de riches agriculteurs. Après plusieurs millénaires, avec des terres agricoles et d’élevage toujours héritées par les lignées I1 de père en fils, I1 est devenue la lignée dominante, même si leurs lignées maternelles étaient devenues hybrides au fil du temps. De nos jours, selon l’analyse de mélange ADN autosomique effectué par Lazaridis et al. (2014), les Scandinaves possèdent seulement quelques pourcents d'ADN mésolithique en plus que d'ADN néolithique.

Les Samis de Laponie furent les derniers chasseurs-cueilleurs d’Europe. Mais même eux se sont tourné vers l’élevage d'animaux en domestiquant les rennes autochtones, mieux adaptés à la rigueur du climat local que les vaches, cochons, chèvres et moutons. La domestication des rennes semble provenir des tribus N1c1 d'Asie du Nord. Et en effet les Samis modernes appartiennent principalement à l'haplogroupe N1c1, et ne possèdent qu'une minorité de lignées paternelles scandinaves (I1, R1b, R1a). La proportion entre les haplogroupes I1, R1a et R1b chez les Samis, ainsi que l'âge des sous-clades présentes dans cette population, montrent que ces haplogroupe sont été incorporé dans la population laponne relativement récemment (probablement à partir de l’ère Viking).

Les lignages N1c1 pourraient toutefois ne pas être arrivés très tôt dans le nord de l'Europe eux non plus. N1c1 est associée à la diffusion des langues ouraliennes, qui se seraient répandue en Baltique orientale avec la culture en céramique à peigne à partir de 4.200 avant notre ère, à la même époque que la culture des vases à entonnoir. Selon une reconstruction phylogénétique des langues ouraliennes par Honkola et coll. (2013), le proto-finnois et proto-samique auraient bifurqué l'un de l'autre il y a seulement 2.500 ans et les dialectes samiques auraient commencé à se diversifier il y a moins de 1.000 ans. Selon toute vraisemblance, toute trace des habitants de Laponie mésolithique a été effacée du côté paternelle (chromosome Y), comme d'ailleurs dans la plupart de la Scandinavie. Avant l’arrivée des tribus N1c1 en Fennoscandie, les ancêtres nordiques des Saamis aurait appartenu aux Y-haplogroupes I* et I2 et à mt-haplogroupes U5b et V.

Comment I1 est-il devenu germanique ?

Vers 2800 avant notre ère, un grand bouleversement culturel et génétique frappa la Scandinavie avec la venue des Indo-Européens d'Europe de l'est, qui ont apporté l'âge du cuivre et du bronze précoce dans la région pratiquement sans transition néolithique. Les premiers Indo-Européens à atteindre la Scandinavie furent le peuple de la céramique cordée provenant de Russie, de Biélorussie et de Pologne actuelles, qui auraient appartenu principalement à l'haplogroupe R1a, avec une minorité de R1b et de I2a. Ces personnes possédaient certaines lignées maternelles en commun à celles des habitants scandinaves I1, y compris les haplogroupes ADNmt U2e, U4 et U5. Mais ils apportèrent aussi beaucoup de nouvelles lignées tels que H2a1, H6, W et divers sous-clades d’I, J, K et T.

La seconde migration indo-européenne de grande envergure en Scandinavie fut celle de l'haplogroupe R1b-U106, la branche qui aurait très probablement introduit les langues proto-germaniques. Ceux-ci étaient eux-même une branche des peuples proto-celto-germaniques d'Europe centrale. R1b est probablement entré en Scandinavie via l'Allemagne actuelle avec l'expansion vers le nord de la culture d'Unétice (2300-1600 AEC) tardive. Le plus ancien échantillon connu de R1b en Scandinavie provient de l’âge du bronze danois et date d'environ 1400 avant notre ère (voir 2015 Allentoft ci-dessus).

Selon l'hypothèse du substrat germanique, originellement proposée par Sigmund Feist en 1932, le proto-germanique était une langue hybride mélangeant les langues indo-européennes (R1b et dans une moindre mesure R1a) avec des éléments pré-indo-européens (indigènes aux peuples I1 nordiques). Cette hybridation aurait eu lieu au cours de l'âge du bronze et aurait donné naissance à la première civilisation véritablement germanique, l'âge du bronze danois (1700-500 avant notre ère).

I1 finlandais

La Finlande n’est pas un pays germanique sur le plan linguistique, malgré avoir fait partie du Royaume de Suède pendant la majeure partie de son histoire jusqu’au XIXe siècle. Il en va de même des Samis, qui ont conservé leur identité linguistique et culturelle après des siècles d’appartenance officiellement à la Suède ou à la Norvège. Plus 60 % des Finlandais et 50 % des Samis appartiennent à l'haplogroupe N1c1 d'origine ouralienne, ce qui concorde avec le fait que leurs langues (Suomi et Saami) appartiennent aussi à la famille de langues ouralienne. On peut donc se demander si les 25 à 30 % des lignées I1 parmi les Finlandais et les Samis serait venus de leurs voisins scandinaves (de Suède, notamment) entre l’âge du bronze et le Moyen Âge, ou au contraire si I1 s'est déjà diffusé en Fennoscandie au cours de la période mésolithique ou néolithique tardive.

Des 28 % de I1 en Finlande, 65 % appartiennent à la clade exclusivement finlandaise L287 (en aval de L22) et en particulier à sa sous-clade L258. Quelques pourcents en plus appartiennent à d'autres sous-clades qui sont également spécifiquement finlandaises (p. ex. L300). Le reste (5-10 %) ressemblent généralement beaucoup plus au I1 suédois. Les sous-clades d'apparence suédoise figurent sans surprise principalement le long des côtes ouest et sud-ouest de la Finlande, là où les Suédois sont sont installées dans les temps historiques, et où le suédois est encore parlé. C’est aussi où la plupart des R1b (3,5 %) et R1a-Z282 (3 %) scandinaves sont trouvés. Les I1 scandinaves en Finlande se trouve dans des proportions similaires par rapport à R1b et R1a que ces haplogroupes en Suède. En revanche, les I1 finlandais sont présents dans tout le pays, où pratiquement aucun ADN-Y germanique n'est présent, suggère fortement que ces branches spécifiquement finlandaises de I1 sont d'origine pré-germaniques.

La plupart des Samis appartiennent à la clade L258 comme les Finlandais ou à la sous-clade L1302 de I1-Z60, une branche plus généralement associés aux tribus germaniques occidentales. L258 se trouve principalement chez les Samis orientales de Norvège et de Finlande, au nord-est, tandis que L1302 est plus fréquente dans le reste de la Norvège et en Suède. L’âge plus récent du I1-L1302 trouvés chez les Samis, combiné avec des pourcentages plus élevés de R1a (13 %) et R1b (7 %) et la présence de E-V13 et J2 suggère que certains, voire tous les I1 samis proviennent d’une introgression depuis l’époque germanique, probablement la conséquence de nombreux siècles d'intermariages occasionnels entre femmes samis et hommes scandinaves. De nos jours, environ la moitié de toutes les lignées paternelles samis sont d’origine scandinave.

La Finlande est le seul pays avec plus de 15 % de I1 où la langue et la culture germanique n’a pas pris racine. Une bonne raison pour cela serait en effet si la culture germanique n’existait pas encore en Scandinavie à l’époque où I1 a atteint Finlande. La culture germanique est censé s'être formée progressivement au cours de l’âge du bronze danois, atteignant la maturité au début de l’âge du fer vers 500 avant notre ère. Si seulement un petit groupe d’hommes I1 avait propagé leurs lignées Y-ADN parmi les derniers Fennoscandians mésolithiques, avec peu ou aucune contribution maternelle de la culture des haches de combat, alors il y a fort à parier que leur langue ait rapidement disparu, alors que ces quelques hommes I1 rejoignairnt les tribus nordiques et adoptaient leur langue.

Un regard sur l’arbre phylogénétique montre que les Finlandais, les Suédois et les Norvégiens appartiennent principalement à la branche nordique (L22), qui est âgée d'un peu plus de 4.000 ans. Sur cinq sous-clades, deux (L287 et L300) sont presque exclusivement finlandaises, tandis que les autres sont scandinaves. D'après la phylogénie de Yfull.com, les sous-clades L287 et L300 auraient environ 3.000 ans. Les dates pourraient être plus reculées, comme le nombre de mutations ne tient pas en compte la taille des populations historiques. De plus grandes populations créent plus de variations génétiques. Les pays nordiques ont toujours eu une densité de population plus faible que l’Europe centrale ou méridionale. Avant l’âge de bronze, les peuples nordiques étaient toujours essentiellement des chasseurs-cueilleurs, tandis que le reste de l’Europe possédait l'agriculture depuis jusqu'à 3.500 ans auparavent. Les sociétés agricoles peuvent soutenir des populations dix fois plus élevées que les chasseurs-cueilleurs dans des climats semblables. Dans le climat froid de la Fennoscandie, la densité de population pré-indo-européenne doit avoir été au moins 20 fois plus faible qu'en Europe méditerranéenne. Cela signifie que le taux de mutation serait également 20 fois plus faible et donc que l'haplogroupe I1 et ses sous-clades pourraient être beaucoup plus âgés que le nombre de SNPs et les variations STR les laissent entendre.

Si les estimations actuelles de l’âge des sous-clades sont exactes, cela voudrait dire que L22 a été formé au cours de la période des haches de combat, tandis que ses sous-clades finlandaises seraient apparues au début de l’âge du bronze nordique. Si l’âge des sous-clades de I1 ont été sous-estimées, L22 pourrait être apparu pendant la période des vases à entonnoir et s'être propagé avant l’arrivée de R1a et de R1b en Scandinavie. Quel que soit le laps de temps, un scénario possible est que certaines tribus I1-L22 du sud de la Scandinavie aient migré vers le nord, soit de leur propre chef ou poussé par les envahisseurs indo-européens. Ils auraient ont été forcés d’abandonner l’agriculture par le climat plus rude du nord de la Scandinavie et serait revenus à un mode de vie de chasseurs-cueilleurs, peut-être avec un peu d’élevage, à l’instar des Samis modernes. Il est difficile de dire lesuel de I1 ou de N1c est arrivé le premier en Laponie et en Finlande. Les deux aurait pu arriver il y a environ 2.500 à 2.000 ans, I1 se propageant tout d’abord au nord de Suède et de la Norvège, puis redescendant sur la Finlande, tandis que N1c aurait suivi le chemin opposé, les deux groupes finissant par converger pour former les ancêtres des Finlandais.

Il est possible que divers petits groupes d’hommes I1 aient rejoint les descendants des Fennoscandiens mésolithiques dans le nord de la Scandinavie et de la Finlande moderne et peut-être grâce à une technologie supérieure ont affirmé leur domination et sont devenu des chefs tribaux, propageant rapidement leur Y-ADN et remplaçant ainsi les lignées mésolithiques I2 par des lignées I1. Cela expliquerait pourquoi tant les Finlandais que les Samis possèdent des lignées maternelles très différentes des Scandinaves actuels, et ressemblent plus à des celles des Scandinaves mésolithiques.

Migrations germaniques

Les migrations germaniques ont dispersé les lignages paternels I1 jusqu'en Grande-Bretagne (Anglo-Saxons), en Belgique (Francs, Saxons), en France (Francs, Wisigoths et Burgondes), au sud de l'Allemagne (Francs, Alamans, Suèves, Marcomans, Thuringes et bien d'autres), en Suisse (Alamans, Suèves, Burgondes), dans la péninsule ibérique (Wisigoths, Suèves et Vandales), en Italie (Goths, Vandales, Lombards), en Autriche et Slovénie (Ostrogoths, Lombards, Bavarois), en Ukraine et la Moldavie (Goths), ainsi qu'autour de la Hongrie et au nord de la Serbie (Gépides). Les lignées I1 trouvées parmi les Polonais (6 %), les Tchèques (11 %), les Slovaques (6 %) et les Hongrois (8 %) sont également le résultat de siècles d'influence de leurs voisins allemands et autrichiens. La présence relativement importante de I1 autour de la Serbie et de l'ouest de la Bulgarie (de 5 à 10 %) pourrait être due aux Goths qui se sont installés dans l'Empire romain d'Orient dans les 3e et 4e siècles.

Les Vikings danois et norvégiens ont apporté plus de I1 en Grande-Bretagne, en Irlande, sur l'île de Man, en Normandie, en Flandre, en Ibérie, en Sicile, etc. Les Vikings suédois (Varègues) ont établi des colonies en Russie et en Ukraine, et des avant-postes jusque dans l'Empire byzantin, le Caucase et la Perse. La fréquence plus élevée de I1 dans le nord-ouest de la Russie (à l'est de la mer Baltique) suggère une présence historique particulièrement forte des Varègues, ce qui concorde avec la création du Rus' de Kiev par les Suédois.


Phylogénénie de I1

Si vous êtes nouveau en généalogie génétique, veuillez vérifier notre Introduction à la phylogénie pour comprendre comment lire un arbre phylogénétique.

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe I1 (Y-ADN) - Eupedia

Groupements par STR

Tous les tribus germaniques ont évolué à partir d'un petit noyau géographique autour du Danemark et du sud de la Suède depuis 2500 ans. Les variations de STR (short tandem repeats) permet de diviser les membres I1 dans diverses catégories. Il y a deux groupes principaux, chacun avec leurs propres sous-groupes.

  • Le cluster du Nord, présent surtout en Norvège, en Suède et en Finlande, correspond à la sous-clade I1a2 (L22 +, anciennement I1d). Normalement, il a une valeur de STR supérieure à 22 pour DYS390.
    • Le groupe scandinave, correspond aus haplotypes "Norse" (pour la plupart suédois) et "ultra Norse" (principalement norvégien et islandais) de Ken Nordtvedt. L'haplotype ultra Norse 1 (I1-uN1) diffère du Norse par les valeurs DYS385b=15 et (généralement) DYS449=29.
    • le groupe de Botnie, se trouve principalement en Finlande et en Suède du nord-est. Il correspond à la sous-clade I1a2c1 (L258+), et représente 75 % des lignées I1 en Finlande.
  • Le cluster Sud, plus courant au Danemark, en Allemagne, dans le Benelux, et dans les îles Britanniques. Il correspond à l'haplotype anglo-saxon de Ken Nordtvedt (originaire du Danemark ou d'Allemagne du nord).
    • Le groupe danois/polonais habituellement a une valeur de DYS557 supérieure à 15.
    • Le groupe occidental, comprenant le Benelux, l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande correspond à la sous-clade Z58+. Elle correspond probablement à une ascendance anglo-saxonne ou frisonne/batave.
      • Il semble exister une spécifique sous-groupe gallois défini par une valeur de GATA-H4 supérieure ou égale à 11. Ce sous-groupe est également trouvé en Angleterre et sur le continent, mais elle est particulièrement fréquent au Pays de Galles.
    • Le groupe allemand, est le type de I1 le plus courant en Allemagne, en France, en Italie et en Europe centrale, mais est également présent dans les îles Britanniques et à un degré inférieur en Scandinavie. Il est défini par une valeur de DYS456 inférieure à 15. Elle correspond à la sous-clade Z63+.



Analyse SNP

  • Z131+ est une sous-clade mineure qui a été trouvé dans les zones frontalières de l'ancienne limite de celtique-germanique (Belgique, centre de l'Allemagne, Bohême).
  • DF29+ représente la grande majorité des lignées de I1.
    • M227+ a jusqu'à présent été trouvé seulement dans les pays baltes, en Biélorussie, en Pologne, en Suisse, en France et dans le sud-ouest de l'Angleterre (Devonshire). Il a une distribution particulière située aux confins des régions de langue germanique, bien qu'il n'ait jamais été retrouvé au coeur du territoire germanique historique.
    • L22+ (aka S142+) est la principale sous-clade nordique. Elle est aussi très fréquente en Grande-Bretagne, en particulier sur la côte est, où les Vikings se sont installés le plus densément, mais également dans le Benelux et en Normandie (là aussi sans aucune doute le patrimoine des Viking danois), ainsi qu'en Pologne et en Russie (Vikings suédois).
      • P109+ est principalement une sous-clade scandinave du sud, avec une présence dans toutes les régions où se sont installés les Vikings danois. Il a été observé sporadiquement dans de nombreuses régions d'Europe, tels que l'Ibérie occidentale, le nord de l'Italie, les Balkans, la Lituanie et la Russie.
      • L205+ est principalement limitée au Benelux, à la France et à la Grande-Bretagne. Des cas isolés ont été également identifiés en Suède et en Espagne.
      • L287+ est une sous-clade que l'on retrouve presque exclusivement en Finlande (dans tout le pays), avec une très faible présence en Norvège, Suède, Pologne et Russie.
      • L300+ est une sous-clade mineur trouvé presque exclusivement dans le sud de la Finlande.
      • L813+ est une sous-clade principalement scandinave, particulièrement fréquente dans le sud de la Norvège, mais aussi présente en Suède et dans une moindre mesure en Finlande. On la trouve également en Grande-Bretagne et dans le Cotentin (probablement d'origine Viking), ainsi que dans le nord des Pays-Bas (mais pas en Allemagne).
    • Z58+ est principalement germanique occidentale, avec une présence très forte en Allemagne, dans le Benelux et en Grande-Bretagne. On la trouve aussi dans une plus faible mesure dans les pays nordiques et dans toute l'Europe continentale. Son âge a été estimé à environ 4000 ans.
      • Z138+ (aussi appelée Z139+) est une sous-clade très disparate. On l'a retrouve à de très faible pourcentages dans tout le monde germanique, avec un pic en Angleterre et au Pays de Galles (bien qu'il pourrait être simplement dû au suréchantillonnage des tests commerciaux en Grande-Bretagne). Elle a également été observée au Portugal, en Italie du sud et en Roumanie. Z138+ correspond à AS2, AS10, AS1010.2, AS10910, AS1221 et AS1414 et Esc-13 dans la nomenclature basée sur les STR de FTDNA.
      • Z59+ est la branche principale du Z58.
        • Z382+ a été trouvé surtout dans les ïles britanniques et en Allemagne, avec une présence mineure en Scandinavie. Des échantillons isolés ont été également identifiés aux Pays-Bas, en Finlande, en Italie, en Croatie et en Roumanie. Z382 correspond à AS3, AS3-911, AS13 et Sw dans la nomenclature basée sur les STR de FTDNA.
        • Z60+ est présente partout dans le monde germanique
          • Z140+ est une sous-clade fortement germanique occidentale, trouvée essentiellement dans les îles Britanniques, le Benelux, le nord de la France, le centre et le sud de l'Allemagne, et en Suisse. Elle est très rare dans les pays nordiques. Des échantillons isolés ont été trouvés en Espagne, dans le centre et le sud de l'Italie, en Slovénie, en Tchèquie, en Pologne, en Ukraine et en Russie. Z140* correspond aux haplotypes AS5, AS6, AS814 et EE dans la nomenclature basée sur les STR de FTDNA.
            • L338+ a une distribution similaire à Z140. Elle a généralement la valeur GATA-H4=9. L338+ correspond à AS1, AS1H, AS8, AS114 et AS11616 dans la nomenclature basée sur les STR de FTDNA.
          • Z73+ (et L1301+) est une sous-clade principalement nord scandinave et finlandaise. On la trouve aussi en Russie, sur la côte est de l'Angleterre et dans les îles écossaises (héritage Viking). Z73+ correspond à AS9 et AS16 dans la nomenclature basée sur les STR de FTDNA.
          • L573+ est présente surtout dans le nord de l'Allemagne, avec des échantillons isolés en France et en Suède.
          • L1248+ (et L803+) est une sous-clade mineure qui a été trouvée en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Russie.
      • Z63+ est une sous-clade fortement allemande, pratiquement absente des pays nordiques. Elle est plus fréquente dans le centre de l'Allemagne, le Benelux, l'Angleterre, les Lowlands d'Ecosse, ainsi qu'en Pologne. Elle a également été trouvé en Russie, en Ukraine, dans les Balkans, en Italie, en Espagne et au Portugal.

Individus I1 célèbres

Malmströma et al. ont testé l'ADN de Birger Jarl et son fils Eric Birgersson, qui ont été identifiés comme des membres de l'haplogroupe I1. Birger Jarl fut l'un des plus grands hommes d'État médiévaux de Suède. Il fut le fondateur de Stockholm et a servi comme régent de Suède pendant 18 ans. Ses fils Valdemar et Magnus sont devenus chacun à leur tour roi de Suède et leurs descendants le sont resté pendant cent ans. Cette dynastie est connue sous le nom de Maison de Bjelbo, et tous les six rois étaient vraisemblablement des membres de l'haplogroupe I1.

Jacques I, Prince of Monaco

Sur base des nombreux résultats du Projet ADN Grimaldorum Gentis, la Famille Grimaldi originelle, qui inclus les seigneurs puis Princes de Monaco jusqu'à Louis II de Monaco (1870-1949), appartenait à une branche scandinave de l’haplogroupe I1a1 (L22 > Y3549 > P109 > Y3662 > S14887). La maison Grimaldi a aussi produit trois doges de Gênes, un prince de Salerne et plusieurs archevêques et cardinaux. Les Princes de Monaco actuels descendent de la maison de Polignac, dont l'haplogroupe n'est pas encore connu.

Le Projet ADN des Hamilton a comparé l'Y-ADN des quatre descendants d'Alexander Hamilton, un des pères fondateurs des États-Unis d'Amérique. Les quatre individus partagent des valeurs STR très proches, prouvant au delà de tout doute raisonnable qu'ils descendent bien d'un même ancêtre patrilinéaire récent.

Andrew Jackson

Andrew Jackson (1767-1845), le 7e président des États-Unis, appartenait très probablement à l’haplogroupe I1 sur base d'une comparaison de sa généalogie et les résultats du projet ADN Jackson.

L’haplogroupe du grand écrivain russe comte Lev Nikolayevich Tolstoy, généralement connu sous le nom de Léon Tolstoï (1828-1910), a déduit en testant un de ses descendants, Pyotr Tolstoy. Tolstoy est considéré comme l’un des plus grands auteurs de tous les temps, et est surtout connu pour ses romans Guerre et Paix (1869) et Anna Karenina (1877), souvent cité comme les pinacles de la fiction réaliste.

Calvin Coolidge (1872-1933), le 30e président et 29e vice-président des Etats-Unis, a été identifié comme un membre de l'haplogroupe I1 selon les analyses des membres de sa famille.

La société de tests génomiques personnalisés 23andMe a analysé l'haplogroupe du chromosome Y de l'homme d'affaires et multi-milliardaire Warren Buffett et l'a comparé à celui du chanteur/producteur Jimmy Buffett pour déterminer si les deux individus partageaient un ancêtre patrilinéaire commun. Les deux hommes ont été identifiés comme appartenant à l'haplogroupe I1, mais apparemment pas à la même sous-clades, réfutant ainsi un lien de parenté récent que leur patronyme aurait pu suggérer.

Bill Clinton

Bill Clinton (né en 1946), qui fut le 42e Président des États-Unis de 1993 à 2001, appartenait probablement à l’haplogroupe I1 sur base des résultats de cousins éloignés disponibles à Ysearch.org.

Sting in Drammenshallen, Norway, November 21st 1985 (photo by Helge Øverås - CC BY 2.5)

La série TV américaine de PBS Finding Your Roots a révélé que le musicien, auteur-compositeur-interprète et acteur anglias Gordon Matthew Thomas Sumner, connu professionnellement sous son nom de scène Sting (né en 1951) appartienait à l'haplogroupe I1. Sting a été le principal auteur-compositeur, chanteur et bassiste du groupe de rock new wave The Police de 1977 à 1984, avant de se lancer dans une carrière solo. Avec The Police, Sting est devenu l’un des artistes de musique les plus vendu au monde. En solo et avec The Police, il a vendu plus 100 millions de d'albums.

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