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Haplogroupe J1 (ADN-Y)

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Auteur: Maciamo Hay
Dernière mise à jour: février 2016

Origines & Histoire

Les premiers hommes J1 vivaient lors Paléolithique supérieur tardif, peu de temps avant la fin de la dernière période glaciaire. L'échantillon plus ancien de J1 identifié à ce jour vient de la grotte de Satsurblia (environ 13200 ans avant notre ère) en Géorgie (Jones et coll. (2015)), plaçant les origines de l'haplogroupe J1 autour de la région du Caucase, du Zagros et de l'Anatolie orientale lors du Paléolithique supérieur.

Comme plusieurs autres lignées du Moyen Orient qui ont réussis, J1 est censé avoir fait l'objet d'une expansion majeure de sa population au cours de la période néolithique. Chiaroni et coll. (2010) ont constaté que la plus grande diversité génétique des haplotypes de J1 se trouvait en Anatolie orientale, près de lac de Van, au coeur du Kurdistan. L'Anatolie orientale et les montagnes du Zagros sont la région où les chèvres et les moutons ont été domestiquées pour la première fois, il y a 11.000 ans. Chiaroni et coll. ont estimé que J1-P58 a commencé à se propager d'il y à 10.000 à 9.000 ans d'ici avec les éleveurs nomades du Croissant Fertile. Bien qu'ils n'aient pas analysé les autres branches de J1, il est fort probable que toutes les lignées de J1a1b (L136) qui ont survécu jusqu'à aujourd'hui partagent la même origine, descendant des éleveurs de chèvres et de brebis provenant des chaînes de montagne du Taurus et du Zagros.

Le relief montagneux du Caucase, d'Anatolie et d'Iran, qui n'était pas approprié à l'agriculture de céréales au début du Néolithique, était cependant un terrain idéal pour l'élevage de chèvres et de moutons et a catalysé la propagation des pasteurs J1. Après avoir colonisé la plupart de l'Anatolie, les éleveurs J1 se seraient établis dans les régions montagneuses d'Europe, y compris le sud des Balkans, les Carpates, Italie centrale et méridionale (Apennins, Sicile, Sardaigne), le Sud de la France (l'Auvergne en particulier) et la plupart de la péninsule ibérique. Les endroits ont J1 est le plus courants de nos jours dans le nord de l'Espagne (Asturies, Cantabrie) semblent posséder essentiellement des lignages descendus de ces éleveurs néolithiques venu du Proche Orient.

La plupart des J1 européens appartiennent à la branche J1-Z1828, que l'on trouve aussi en Anatolie et dans le Caucase, mais pratiquement pas dans les pays arabes. La sous-clade Z1842 de Z1828 est la variété la plus commune de J1 en Arménie et en Géorgie. Il y a aussi deux autres branches européennes mineures : J1-Z2223, qui a été trouvé en Anatolie et en Europe occidentale, et J1-M365.1, aussi présente un peu partout à travers l'Europe occidentale. Leur position très en amont dans l'arbre phylogénétique et leur rareté au Moyen-Orient suggèrent qu'elles ont été parmi les premières lignées de J1 à quitter le Moyen Orient, probablement en tant que chasseurs-cueilleurs de la fin du Paléolithique et du Mésolithique qui auraient déambulés en dehors de l'Anatolie, puis se seraient fait poussés par les différentes vagues de migrations du Néolithique à l'Âge du Bronze et ce seraient retrouvés en Europe occidentale.

Au Moyen-Orient, l'analyse des SNPs montre que la branche J1-L136 a migré au sud de l'Anatolie orientale et s'est étendue dans quatre directions : 1) l'Anatolie et l'Europe (PF7263), 2) le Levant, 3) le sud du Zagros (et sud de la Mésopotamie?), et 4) le sud-ouest montagneux de la péninsule arabique (surtout au Yémen), sans passer par le désert d'Arabie. Ce dernier groupe, composé essentiellement de lignées J1-P56, ont traversé la Mer Rouge pour s'installer au Soudan, en Erythrée, à Djibouti et au nord de la Somalie. Le climat aurait été considérablement moins aride qu'aujourd'hui au cours de la période néolithique, ce qui permit une transmigration relativement facile dans tout le Moyen-Orient avec des troupeaux de chèvres.

Les éleveurs de chèvres néolithiques J1 n'étaient presque certainement pas des tribus homogènes composé exclusivement de lignées de J1, mais selon toute vraisemblance un mélange de lignées J1 et T1. En témoigne de la présence conjointe de J1 et T1 dans le nord-est de l'Afrique, au Yémen, en Arabie saoudite, mais aussi dans le Croissant Fertile, le Caucase et les zones montagneuses du sud de l'Europe. Les lignées maternelles corrèlent elles aussi. Partout où l'on retrouvent les lignées paternelles J1 et T1 à de haute fréquence, les haplogroupes mitochondriaux HV, N1 et U3 sont également présents, ainsi que J, K et T dans une plus faible mesure (=> voir Corrélations entre les haplogroupes ADNmt et les haplogroupes-Y J1 et T1 des éleveurs néolithiques). On ne sait pas si les chèvres ont été domestiquées par une tribu qui comprenait déjà les lignées J1 et T1, ou si la fusion entre les deux groupes s'est passé pendant l'expansion néolithique, lorsque deux tribus distinctes se seraient mélangées entre elles et par la suite propagées ensemble.

Extension de J1-P58 pendant l'âge du Bronze

Kitchen et coll. (2009) ont estimé à travers une analyse phylogénétique bayésienne que les langues sémitiques ont une origine commune provenant du Levant il y a environ 3.750 avant notre ère, durant l'âge du Bronze. Elle aurait évoluée en trois groupes : sémitique oriental (une branche éteinte qui comprennait l'akkadien), sémitique central (araméen, ougaritique, phénicien, hébreu et arabe) et sémitique méridional (langues sudarabiques et éthiosémitiques).

J1-P58, la branche sémitique centrale de J1, semble s'être propagée dans le levant Sud (Israël, Palestine, Jordanie) et dans l'ensemble de la péninsule arabique pendant l'âge du Bronze, environ 3.500 à 2.500 avant notre ère. Les dromadaires ont été domestiqués en Somalie et dans le Sud de l'Arabie vers 3.000 avant notre ère, mais n'ont pas été couramment utilisés dans le Levant méridional avant environ 1.100 avant notre ère. Les dromadaires ont joué un rôle important dans la diffusion supplémentaire des lignées J1-P58, notamment avec les Bédouins dans les régions désertiques du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Les Bédouins constituent désormais un pourcentage important de la population du Soudan (33 %), de Libye (15 %), des Émirats Arabes Unis (8 %) et d'Arabie saoudite (5 %).

Les deux sous-clades juives les plus courantes de J1 en aval de P58 sont Z18297 et ZS227. Ce dernier comprend l'haplotype Cohanim. La plupart des autres branches sous P58 pourrait être décrites comme sémitiques, bien que seul FGC12 semble être véritablement liée à l'expansion arabe médiévale partie d'Arabie saoudite.

Basé sur des données très limitées, la principale sous-clade libanaise de J1 semblent être J1-YSC234 et J1-YSC76. Les deux sous-clades ont également été trouvés en Sicile, en Andalousie et au Portugal, ce qui suggère qu'on les trouvait déjà parmi les Phéniciens. Toutefois, étant donné que les Arabes ont conquis les mêmes régions que celles colonisés par les Phéniciens, il est trop tôt pour tirer une telle conclusion. Les sous-clades présentes en Sardaigne sont très utiles, comme pratiquement tous les J1-P58 sur l'île sont a priori d'origine phénicienne. Il s'agit notamment de Z18297 (qui pourrait aussi être d'origine juive), Z2324>YP4763, YSC76>FGC15940>ZS1690 et YSC76>FGC8223>FGC8216>FGC8196.

Distribution géographique

Dstribution géographique de l'haplogroupe J1 en Europe, au Moyen Orient et dans le Nord de l'Afrique

Carte de distribution géographique de l'haplogroupe J1


Les fréquences de l'haplogroupe J1 en Europe et en Asie occidentale ont tendance à varier considérablement d'une collectivité régionale à l'autre. Les plus forts pourcentages en Europe se trouvent en Grèce, en Italie, en France, en Espagne et au Portugal et ne dépassent presque jamais 5 % de la population. Cependant l'Italie, la France et l'Espagne ont également des zones où J1 semble être totalement absent. Même dans le nord de l'Europe, où les fréquences à l'échelle nationale sont inférieurs à 0,5 %, des poches très localisés de J1 ont été observés en Ecosse, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne et en Pologne. Un grand nombre d'échantillons sont nécessaires pour obtenir une image plus claire de la répartition des J1 en Europe.

De manière surprenante, même dans le Caucase et en Anatolie, la région d'où cet haplogroupe est censé provenir, il y a de larges écarts entre les régions. Par exemple, les Cubatchi et les Darguines du Daguestan dans le Caucase du nord-est ont plus de 80 % des lignées de J1, alors que chz leurs voisins Ingouches, à 200 km au nord, elle atteint à peine 3 %. En Anatolie orientale, autour de lac de Van, on voit plus de 30 % de J1, alors qu'en Anatolie du Sud-Ouest il n'y en a que 2 %. Même à l'intérieur du Kurdistan les fréquences varient considérablement. Le faible nombre d'échantillon pour chaque région en est sûrement la cause.

Dans le monde arabe, J1 culmine chez les Arabes des marais du sud de l'Irak (81 %), les Arabes soudanais (73 %), les Yemeni (72 %), les Bédouins (63 %), les Qatari (58 %), les Saudis (40 %), les Omani (38 %) et les Arabes palestiniens (38 %). Des pourcentages élevés sont également observés dans les Émirats Arabes Unis (35 %), la côte de l'Algérie (35 %), la Jordanie (31 %), la Syrie (30 %), la Tunisie (30 %), l'Egypte (21 %) et le Liban (20 %). La plupart des J1 arabes appartient à la variété J1-P58.

Sous-clades

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe J1 (ADN-Y) - Eupedia L'arbre ci-dessus a été créé principalement avec les données de l'Haplogroup J1 Project de Family Tree DNA, avec quelques sous-clades profondes supplémentaires provenant de l'arbre phylogénétique créé par Victar Josef Mas.

L'haplogroupe J1 peut être divisé en deux catégories principales : la très grande sous-clade J1-P58 et les autres branches de J1.

J1-P58 (J1a2b sur l'arbre ISOGG, anciennement J1e, puis J1c3) est de loin la sous-clade la plus répandue de J1. C'est un haplogroupe typiquement sémitique, auquel appartient la majorité de la population de la péninsule arabique, où elle compte pour environ 40 % à 75 % des lignées mâles.

On croit que J1-P58 s'est propagé de l'Anatolie orientale et du Caucase du sud aux monts Taurus et Zagros, puis à la Mésopotamie, et enfin la péninsule arabique à la fin de la dernière période glaciaire (il y a 12.000 ans) avec les migrations saisonnières éleveurs de chèvres et de moutons. C'est durant le Néolithique que des sous-clades comme L860 et L93 aurait atteint les zones montagneuses du sud de la péninsule arabique (Yémen, Oman), tandis que L816 et L862 sont restés dans le Croissant Fertile.

Les Arabophones ont ensuite recolonisé la péninsule arabique lors de l'âge du Bronze en partant du Nord-Ouest de la péninsule, à proximité de la Jordanie actuelle. La montée de l'Islam au VIIe siècle a joué un rôle majeur dans la ré-expansion de J1 de l'Arabie à tavers tout le Moyen Orient, ainsi qu'en Afrique du Nord et dans une moindre mesure aussi en Sicile, en Espagne et au Portugal.

Les nombreux sous-clades en aval de L858 représentent l'expansion des langues sémitiques, telles que l'akkadien, l'ougaritique, le phénicien, l'araméen et l'hébreu. Seulement la sous-clade FGC12 est lié à la propagation de l'Islam et la langue arabe à partir de l'Arabie saoudite au VIIe siècle. Pourtant, même cette sous-clade est partagée par les Bédouins et une minorité juive.

Environ 20 % des Juifs appartiennent à haplogroupe J1-P58, et la plupart sont également positifs soit pour ZS223, L858 (Z642, YSC76 et FGC12) ou Z18297. L816 représente qu'une minorité de J1 juifs. ZS223 comprend l'Haplotype modal Cohen. Dans la Bible hébraïque, l'ancêtre commun de tous les Cohens est identifié comme Aaron, le frère de Moïse. Environ la moitié de tous les Cohanims appartiennent à J1-ZS223. L'haplotype Cohanim (YCAII=22-22) de ZS223 correspond la sous-clade profonde Z18271.

Les trois branches du J1-L858 (S640, YSC76 et FGC11) sont également présentes en Europe, principalement en Espagne, en Italie, ainsi qu'en Europe centrale et orientale. Leur âge de divergence relativement récent avec leurs cousins moyen-orientaux (de la fin de l'âge du Bronze à l'âge du Fer) donne à penser qu'ils seraient arrivés avec les Phéniciens (Sicile, Sardaigne, Espagne) et plus tard en plus grand nombre avec la diaspora juive. L'Espagne et le Portugal ont le pourcentage le plus élevé de FGC12 en Europe, mais cela représente environ 12 % des lignées J1, soit moins de 0,5 % de la population, ce qui laisse supposer que les Arabes ont un impact génétique beaucoup plus limité sur la population ibérique que les Juifs et les Phéniciens.

Les Érythréens, Éthiopiens, Somaliens et Soudanais possèdent plusieurs sous-clades de J1, mais surtout J1-P56, qui est probablement arrivé durant le Néolithique, ainsi que le J1-FGC12 arabe, dont l'arrivée coïncide avec celle de l'Islam dans la région.

Haplotypes STR de quelques sous-clades J1-P58

Pour les personnes ayant testé leur ADN-Y avec des sociétés tels que Family Tree DNA, iGenea ou Genebase, certaines sous-clades peuvent être facilement identifiées par des marqueurs STR spécifiques.

  • J1-L93 (alias L92.1) et J1-L386 sont toutes deux définis par DYS446=13. L93 a une valeur DYS641 plus petite ou égale à 10. L386 peuvent être identifiés par YCAIIa=17. L93 est limitée à l'Arabie saoudite, au Yemen et à l'Oman, tandis que L386 a été principalement trouvée aux Emirats arabes.
  • J1-Z640 (alias Z641 ou Z644) est principalement une sous-clade européenne, bien qu'elle ait été trouvée aussi en Turquie et dans la péninsule arabique. Les individus Z640+ ont généralement la valeur DYS561=14. Sa sous-clade L174.1 peut être identifiés par la valeur STR DYS594=11.
  • J1-L817 est une sous-clade juive importante, également définie par L818 et DYS392=13. La plupart des membres juifs appartiennent à sa sous-clade L816.
  • J1-L823 correspond à DYS452=30. On la trouve surtout en Europe centrale et de l'est.
  • J1-L147.1 est le principal regroupement arabe ainsi que l'haplotype Cohanim (YCAII=22-22) parmi les Juifs.
  • J1-L1253 correspond à DYS557>18. Elle semble être limitée à la Grande-Bretagne et l'Irlande.
  • J1-L1279 correspond à DYS497=16. Une sous-clade rare qui a été identifiée aux Emirats arabes.
  • J1-L444 est une petite sous-clade arabe définie par DYS531=12.
  • L615 (présente aux Émirats arabes unis) et L859 (présente en Irak et en Arabie saoudite) partagent tous les deux une valeur STR d'environ 14 pour DYS485.

Distribution map of haplogroup J1-P58

J1-P58 est-il le principale lignage paternelle arabe ?

En regardant les fréquences d'haplogroupe ADN-Y par pays, il est facile de supposer que J1 est un marqueur d'ascendance arabe, étant donné que J1 atteint sa fréquence maximale dans et autour de la péninsule arabique. Toutefois la situation est plus complexe.

Il est important d'établir une distinction claire entre les gens qui parlent l'arabe et ceux qui sont génétiquement arabe. Ce sont deux choses totalement différentes. À titre de comparaison, les gens qui parlent des langues descendus du Latin (français, espagnol, portugais, italien, roumain) ne sont pas nécessairement descendent des Romains antiques du Latium. Même ceux d'entres eux qui descendent des Romains n'ont peut-être pas plus qu'une infime partie de leur génome qui a été hérité du réels ancêtres romains. C'est pourquoi la plupart des locuteurs de langue Romance aujourd'hui ne peuvent être considérées comme génétiquement romains.

La plupart des arabophones actuelles en dehors de la péninsule arabique sont de même seulement très partiellement ou pas du tout arabes génétiquement. Dans la moitié nord du Moyen-Orient, la plupart des gens qui se disent arabes d'aujourd'hui sont en fait principalement les descendants des autres peuples historiques, comme les Phéniciens, Assyriens, Babyloniens ou même les Hourrites. Ces peuples appartiennent principalement à l'haplogroupe J2, avec de nombreux haplogroupes minoritaires (E1b1b, J1, L, Q, R1a, R1b, G, T).

La confusion vient du fait que la langue arabe, qui est apparue il y a un peu plus de 1.500 ans, est beaucoup plus récente que l'haplogroupe J1 (31.000 ans) ou encore la sous-clade P58 (14.000 ans). Même la sous-clade J1-L858 (5.000 ans), associés aux peuples du sud du Moyen-Orient, est très clairement antérieure à la langue arabe. L'ancêtre commun des hommes J1-L858 vivants aujourd'hui remonte à environ 4.500 ans, une époque qui correspond au développement des plus anciennes langues sémitiques, comme l'akkadien et l'amoréen. En fait, L858 n'est pas spécifique à la péninsule arabique, mais se trouve également parmi les Juifs (surtout la sous-clade Z640), les Libanais, les Syriens et les Irakiens, entre autres. En d'autres termes, L858 couvre toute la région où étaient parlées des langues sémitiques anciennes, bien avant l'existence même d'arabe. C'est pourquoi L858 devrait être considérée comme sémitique au sens large et non pas seulement arabe, même si de nombreux Levantins et Mésopotamiens ont été plus tard arabisés. Les Juifs sont de un peuple sémitique qui n'a pas été arabisé et presque personne ne dirait que les Juifs sont génétiquement des Arabes, ou vice versa.

La vraie lignée du peuple arabe historique (principalement riginaire de Jordanie et d'Arabie saoudite) est J1-FGC12 (alias S21237). Cette sous-clade a commencé à se dispersé dans la péninsule arabique il y a un peu plus de 3.000 ans et a ensuite connu une expansion fulgurante au cours des 1.300 dernières années, comme on peut s'en appercevoir en regardant l'arbre phylogénétique complet en aval de FGC12 sur Yfull.com. Aujourd'hui ces lignées J1-FGC12 plus authentiquement arabes sont présentes dans tout le monde arabophone, mais elles ne représentent qu'une petite minorité des lignées dans chaque pays, à part dans la péninsule arabique.

Les autres sous-clades de J1 ne peuvent pas être considérées comme des descendants paternels des premiers locuteurs de la langue arabe. Ces autres lignées J1 ont été arabisées aux côtés d'autres haplogroupes (J2, Q1b, etc.) au cours de l'expansion islamique à partir du VIIe siècle. Plus important encore, J1-FGC12 n'est pas le seul haplogroupe qui s'est propagé avec l'expansion arabe lié à la diffusion de l'Islam. De nos jours seuls 40 % des Saoudiens et 30 % des Jordaniens appartiennent à J1 (la plupart mais pas tous à FGC12). E1b1b-M34 est une autre lignée arabe importante, que l'on trouve chez 25 % des Jordaniens et 10 % des Saoudiens. Comme J1-P58, E-M34 est un haplogroupe également partagé avec leurs cousins sémites juifs. L'haplogroupe E1b1b est considéré comme le lignage le plus plausiblement associé à l'origine et au dispersement des langues afro-asiatiques partout en Afrique du Nord et l'Est et en Asie du Sud-Ouest. Les langues sémitiques semblent avoir leur origine dans la sous-clade M34 de E1b1b. Une sous-clade plus spécifique est sûrement associée au développement de la langue arabe et correlant plus étroitement à J1-FGC12, mais celle-ci n'a pas encore été identifiée. Notez que E-M34 elle-même est vieille de plusieurs milliers d'années et se trouve également dans les pays non-sémitiques, y compris la Turquie, la Grèce, l'Italie, la France et l'Espagne.

La plupart des lignages J1 dans le Caucase, en Anatolie et en Europe sont d'une autre variété que J1-P58. Ces branches ont divergé les unes des autres au cours de la période glaciaire et n'ont rien à voir avec les peuples sémitiques. En fait, les origines de J1 proviennent du Caucase, ce qui explique que toutes les branches autres que P58 sont plus courantes dans cette région, ainsi qu'en Anatolie et en Europe.

J1a1 (M365.1) a été seulement trouvé à de très basses fréquences en Europe occidentale (Portugal, Galice, Pyrénées françaises, Belgique et Angleterre), dans le nord de l'Iran et au Qatar. Elle pourrait avoir atteint l'Europe au cours de la période mésolithique, ou en tant que lignée néolithique très mineure.

J1a1b1 (P56) un regroupement arabe mineur présent sur la côte de la mer rouge en Arabie saoudite, au Yémen et en Éthiopie. Il peut être identifié par la valeur de STR DYS641 = 11.

J1a2a (Z1828) est défini par les valeurs de STR DYS436=11 et DYS388<15. C'est la 2e sous-clade ancienne la plus courante après J1-P58. Elle est particulièrement fréquente autour des monts Taurus et Zagros et partout dans la région du Caucase, mais a également été trouvé dans les basses fréquences dans l'ouest de la Turquie, en Grèce, en Ukraine, en Italie du Sud, en Europe centrale, en France, et dans les Îles Britanniques. La sous-clade L1189 semble être principalement nord européenne (+ quelques échantillons en Grèce et dans la péninsule arabique). En aval de Z1842, la sous-clade CTS1460 est géographiquement limitée au du Zagros et au Taurus, tandis que ZS3089 se trouve principalement autour de l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

L1189 et Z1842 aurait pu être des lignées mineures accompagnant l'haplogroupe néolithique principal G2a. Cela expliquerait leur distribution géographique très large et leur basse fréquence en dehors de leur région d'origine. Comme l'haplogroupe G2a, J1 aurait pu être une des lignées principales à amener des animaux domestiques en Europe. G2a et J1 atteignent leurs fréquences maximales dans le Caucase, certains groupes ethniques étant presque exclusivement de J1 (Kubachis, Kaitaks, Darguines, Avars), tandis que d'autres possèdent des niveaux extrêmement élevés de G2a (Chapsoughs, Ossètes du Nord). La plupart des groupes ethniques dans le Caucase du Nord ont entre 20 et 40 % de chaque haplogroupe, qui sont de loin les deux haplogroupes dominants. Dans le Caucase du Sud (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan), l'haplogroupe J2 vient s'ajouter au mélange et est en fait légèrement supérieur à J1 ou G2a. L'Arménie se démarque du lot par la présence d'une minorité non négligeable de J1-L147.1 (L862) (au moins un tiers de tous les J1, soit environ 4 % de la population).

J1b (F1614, Z2223) est apparu peu de temps après le Dernier Maximum glaciaire (vers 26.500 à 19 000 ans avant le présent). Elle s'est probablement propagée du Caucase vers l'Anatolie et l'Europe pendant les périodes paléolithique et le mésolithique. J1-Z2223 correspond à la valeur STR DYS446=12. On la trouve en Égypte, en Anatolie, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Belgique et dans les Îles Britanniques. Des individus J1b négatifs pour la mutation Z2223 ont été identifiés en Finlande, en Oman et en Inde.

Individus J1 célèbres

Coat of Arms of the Hashemite Kingdom of Jordan during the reign of King Hussein

Les Hachémites sont la famille royale du Hedjaz (1916-1925), d'Irak (1921 – 1958) et de Jordanie (1921 – présent). La famille appartient à la branche de Dhawu, une des branches des chérifs hasanides de la Mecque – également dénommé Hachémites – qui a gouverné la Mecque en permanence depuis le 10ème siècle jusqu'à sa conquête par la maison des Saouds en 1924. Leur ancêtre éponyme est Hashim ibn Abd Manaf, grand-père du prophète, Mahomet. Les forums ADN arabes et les administrateurs de projet ADN ont signalé que deux résultats de tests ADN des membres de la famille royale jordanienne (kits privés) sont positifs pour la mutation L859 en aval de FGC12.

Selon une étude menée par L.A. Stacy Beauvois van Waalwijk van Doorn et Sahar Khosrovani publiée dans Qajar Studies, Journal de l'Association internationale des études Qajar, volume VII (2007), la dynastie Qajar, la famille royale iranienne qui régna sur la Perse de 1785 à 1925, appartenait à l'haplogroupe J1.

Autres membres célèbres de l'haplogroupe J1

  • Bennett Greenspan : pionnier de la généalogie génétique et fondateur de Family Tree DNA, la première compagnie américaine à offrir des tests d'ADN généalogique directement auprès du grand public. Il appartient à J1-L823.

Suivi

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