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Haplogroupe J2 (Y-ADN)

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Origines

On croit que l'haplogroupe J2 est apparu quelque part au Moyen-Orient vers la fin de la dernière glaciation, il y a entre 15.000 et 22.000 ans. Les plus anciens individus J2 connus à l'heure actuelle proviennent de la grotte de Hotu dans le nord de l'Iran, datant d'il y a 11.100 à 10.600 ans (Lazaridis et coll. 2016) et de Kotias Klde en Géorgie, dont l'âge est estimé à environ 11.700 ans (Jones et coll. (2015)). Ceci confirme que l'haplogroupe J2 était déjà présent autour du Caucase pendant la période mésolithique. La première apparition de J2 pendant le Néolithique vint sous la forme d'un échantillon J2b vieux de 10.000 ans provenant de Tepe Abdul Hosein, dans le nord-ouest de l'Iran, dans ce qui était alors le Néolithique précéramique ( Broushaki et coll. 2016).

Malgré sa forte présence en Asie occidentale aujourd'hui, l'haplogroupe J2 ne semble pas avoir été une des principales lignées associées à l'émergence et à la diffusion de la cultivation des céréales à partir du Croissant Fertile et d'Anatolie vers l'Europe. Il est probable que les hommes J2 se soient installés en majeure partie en Anatolie, dans le Caucase du Sud et en Iran à la fin des dernière glaciation il y a 12.000 ans. Il est possible que les es tribus J2 de chasseurs-cueilleurs, puis d'éleveurs de chèvres/moutons vivaient également dans le Croissant Fertile au cours de la période néolithique, bien que le développement d'une agriculture céréalière précoce semble avoir été mené par des hommes appartenant principalement aux haplogroupes G2a (branche nord, de l'Anatolie vers l'Europe), ainsi que E1b1b et T1a (branche sud, du Levant vers la péninsule arabique et l'Afrique du Nord).

Mathieson et coll. (2015) ont testé l'ADN-Y de 13 agriculteurs du début du Néolithiques sur le site de Barcın (6500-6200 avant notre ère) dans le nord-ouest de l'Anatolie, et seul un d'entre eux appartenait à l'haplogroupe J2a. Lazaridis et coll. (2016) ont testé 44 échantillons du Proche-Orient préhistorique, y compris des agriculteurs néolithiques de Jordanie et de l'ouest de l'Iran, mais seul l'échantillon susmentionné de l'Iran mésolithique appartenait à J2. De même, plus de 100 échantillons de l'ADN-Y ont été testés provenant de l'Europe néolithique, couvrant la majorité des cultures importantes, et seulement deux individus J2 ont été trouvé, dans les cultures de Sopot et Proto-Lengyel en Hongrie, datant d'il y a 7.000 ans. J2 était également absent de toutes les cultures chalcolithiques et indo-européennes de l'âge du Bronze, à l'exception d'un échantillon de J2a1b de Hongrie datant de la fin de l'âge du Bronze (v. 1150 avant notre ère, voir Gamba et al., 2014), dans la culture mineure de Kyjatice, liée à la culture des urnes, qui diffère des cultures indo-européennes typiques par l'usage de la crémation au lieu de sépultures individuelles.

Aucun échantillon néolithique d’Asie centrale ou méridionale n’a encore été testé à ce jour, mais la répartition géographique actuelle de l'haplogroupe J2 suggère qu’il pourrait initialement avoir été dispersé durant le néolithique, partant des monts Zagros et nord de la Mésopotamie et traversant l’ensemble du plateau iranien jusqu'au sous-continent indien et en Asie centrale, et au delà du Caucase vers la Russie (Volga-Oural). La première expansion corrèle probablement avec la diffusion des bovins et caprins domestiqués (à partir de c. 8.000-9.000 avant notre ère), plutôt qu’avec le développement de l’agriculture de céréales du Levant.

Une deuxième expansion aurait eu lieu avec l’avènement de la métallurgie. J2 aurait pu être la principale lignée paternelle de la culture de Kouro-Araxe (âge du cuivre tardif et âge du bronze ancien), qui s'élargit du Caucase du Sud vers le nord de la Mésopotamie et le Levant. Après que J2 pourrait s'être propagé à travers l’Anatolie et la Méditerranée orientale, donnant naissance aux premières civilisations de l’âge du bronze et l’âge du fer.

De nombreuses anciennes civilisations méditerranéennes et moyen-orientales se sont épanouies dans des régions où les lignées J2 sont prépondérantes de nos jours. C'est le cas des Hattis, des Hourrites, des Etrusques, des Minoens, des grecs, des Phéniciens (et leurs desce,dants les Carthaginois), des Israélites et dans une plus faible mesure aussi les Romains, les Assyriens et les Perses. Toutes les grandes civilisations de navigateurs de l'âge du Bronze moyen à l'âge du Fer ont été dominées par les hommes J2.

Il est une association distincte entre les anciennes civilisations J2 et le culte du taureau. La plus ancienne preuve d'un culte du taureau remonte en Anatolie centrale au néolithique, notamment sur les sites de Çatalhöyük et de Alaca Höyük. Les représentations de taureaux sont omniprésentes dans les fresques minoennes et les céramiques de Crète. Des figurines de terre cuite portant des masques de taureaux et des autels de pierre à cornes de taureau ont retrouvé à Chypre (remontant jusqu'au néolithique, la première extension présumée de J2 au Moyen-Orient). Les Hattis, Sumériens, Babyloniens, Canaaites et les Carthaginois avaient tous des divinités bovines (contrairement aux religions indo-européennes ou d'Extrême-Orient). Le taureau sacré de l'hindouisme, Nandi, présent dans tous les temples dédiés à Shiva ou Parvati, n'a pas une origine indo-européenne, mais remonte à la civilisation de vallée d'Indus. La Crète minoenne, l'Anatolie Hittite, le Levant, la Bactriane et la vallée de l'Indus aussi partagent une tradition de sauté de taureau, le rituel d'esquiver la charge d'un taureau. Elle survit aujourd'hui dans la corrida traditionnelle d'Andalousie et de Castille, ainsi que de Provence, des régions ayant un pourcentage élevé de lignées J2 par rapport à la moyenne de leur pays respectif.



Répartition géographique

Répartition géographique de l'haplogroupe J2 en Europe, en Afrique du nord et au Moyen-Orient

Répartition géographique de l'haplogroupe J2 en Europe, en Afrique du nord et au Moyen-Orient

Le pourcentage le plus élevée de J2 au monde se trouve parmi les Ingouches (88 % des lignées paternelles) et les Tchétchènes (56 %) dans le Caucase du Nord. Tous deux appartiennent à l'ethnie Nakh, qui ont occupé ce territoire depuis au moins 3000 avant notre ère. Leur langue est apparentée aux langues daghestaniennes, mais à aucune autre groupe linguistique. Cependant, les peuples daghestanais (Darguines, Lezguines, Avars) appartiennent principalement à haplogroup J1 (84 % chez les Darguines) et ne possèdent pratiquement aucunes lignées J2. Des incidences élevées de l'haplogroupe J2 se retrouvent dans nombreuses autres populations caucasiennes, y compris les Azéri (30 %), les Géorgiens (27 %), les Kumyks (25 %) et les Arméniens (22 %). Néanmoins, il est très improbable que l'haplogroupe J2 provienne originellement du Caucase en raison de la faible diversité génétique dans la région. Le plupart des Caucasiens appartiennent à la même sous-clade J2a4b (M67). Les forts pourcentages observés à l'échelle locale seraient plutôt le résultat d'effets fondateurs, par exemple la prolifération des lignées des chefs et des rois par une longue tradition de la polygamie, une pratique que les Russes ont essayé de supprimer depuis leur conquête du Caucase au XIXe siècle.

En dehors du Caucase, les fréquences les plus élevées de J2 sont observés à Chypre (37 %), en Crète (34 %), dans le nord de l'Irak (28 %), au Liban (26 %), en Turquie (24 %, avec des pics de 30 % dans la région de Marmara et en Anatolie centrale), en Grèce (23 %), dans le centre de l'Italie (23 %), en Sicile (23 %), dans sud de l'Italie (21,5 %) et en Albanie (19,5 %), ainsi que chez les Juifs (de 19 à 25 %).

Un quart de la population valaque (communautés isolées de locuteurs de langue romane dans les Balkans) appartiennent à J2, considérablement plus que la moyenne de la Macédoine et du nord de la Grèce où ils habitent. Ceci combiné au fait qu'ils parlent une langue descendant du Latin, donne à penser qu'ils pourraient avoir une plus grande partie d'origine romaine (ou en tout cas italienne) que les autres groupes ethniques dans les Balkans.

Phylogénénie de J2

Si vous êtes nouveau en généalogie génétique, veuillez vérifier notre Introduction à la phylogénie pour comprendre comment lire un arbre phylogénétique.

Phylogenetic tree of haplogroup J2 (Y-DNA) - Eupedia

Phylogenetic tree of haplogroup J2a1-PF5116 (Y-DNA) - Eupedia

Phylogenetic tree of haplogroup J2a1-PF5160 (Y-DNA) - Eupedia

Deux sous-clades principales divisent l'haplogroupe J2 : J2a (M410, L152, L212/PF4988, L559/PF4986) et J2b (M12, M102, M221, M314).

  • J2a1-M47 est présente à faible fréquence (1-5 %) en Anatolie, Géorgie, Iran, Irak et dans les pays du Golfe.
  • J2a1-M67 est la sous-clade plus courante dans le Caucase (Vainakhs, Ingouches, Tchétchènes, Géorgiens, Ossètes, Balkars) et dans le Levant (Libanais, Juifs). Elle est également courante dans l'ouest de l'Inde, la péninsule arabique, l'Anatolie (surtout au nord-ouest), en Grèce (surtout en Crète), en Italie (surtout dans les Marches et les Abruzzes) et dans la péninsule ibérique. M67 était probablement une lignée néolithique importante qui se propagea du Croissant Fertile vers la Grèce à l'ouest et jusque la vallée de l'Indus à l'est.
  • J2a1-M68 une sous-clade mineure trouvée en Irak et en Inde.
  • J2a1-M319 a été trouvé principalement en Grèce (en particulier en Crète) et en Italie et dans les basses fréquences en Europe occidentale (peut-être diffusée par les Romains).
  • J2a1-M339 est une sous-clade anatolienne très rare.
  • J2a1-M419 est une sous-clade mineure détecté dans le nord de l'Iran.
  • J2a1-P81 est une sous-clade anatolienne très rare.
  • J2a1-L24 est la sous-clade de J2a la plus répandue, avec une distribution allant du Moyen-Orient jusqu'en Europe, en Afrique du Nord et en Asie du Sud.
    • J2a1-M158 a été trouvée en Anatolie, en Ibérie, au Pakistan et en Inde.
    • J2a1-L84 est une sous-clade mineure détectée dans les Balkans.
    • J2a1-L25 est la branche principale de L24 et se subdivise en plusieurs sous-clades.
      • J2a1-F3133 est présente en Arabie saoudite, en Iran, en Asie centrale, en Anatolie, et en Syrie.
        • J2a1-F761 est la sous-clade d'Europe occidental de F3133, que l'on trouve principalement en Italie, en France, dans le Benelux et en Angleterre.
        • J2a1-L192.2 est présente en Anatolie, en Afrique du Nord, en Iran et au Kerala (Inde).
      • J2a1-PF4888 se trouve au Moyen-Orient et parmi les Juifs ashkénazes (sous-clade F659 : Katz et Cohen).
      • J2a1-Z387 et aa principale sous-clade L70 (DYS445 ≤ 7) se retrouvent partout en Europe continentale ainsi qu'au Moyen Orient à de plus faible fréquence.
  • J2a1-PF5169 est une sous-clade rare qui a été trouvée en Arabie saoudite, en Suisse, dans le sud de l'Allemagne et en Angleterre.
  • J2a2-PF7381 est présente à de faible fréquence en Europe méridionale et orientale et dans le Caucase.
  • J2b1-M205 se trouve surtout dans le sud des Balkans et en Anatolie.
  • J2b2-M241 se trouve principalement dans le sud-est, l'est et le centre de l'Europe, ainsi qu'en Inde.

Histoire

J2a Europe et Moyen Orient : de Kouro-Araxe aux Grecs et aux Romains

Il est très probable que J2a, J1 et G2a étaient les trois lignées paternelles dominantes de la culture kouro-araxienne de l'âge du bronze, qui s'étendait du Caucase du sud jusqu'à l'Anatolie orientale, le nord de la Mésopotamie et l'ouest de l'Iran. Depuis lors, les hommes J2 aurait certainement représenté une partie importante de la population des civilisations de l'âge du bronze et de l'âge du fer telles que les Hourrites, les Assyriens ou les Hittites. Il est tout à fait possible que la technologie bronze se soit répandu du Caucase du Sud à travers le plateau iranien jusqu'à la vallée de l'Indus, donnant naissance à la Civilisation harappéenne (voir ci-dessous).

La civilisation minoenne apparu vers 2.700 avant notre ère et pourrait avoir été fondée par des colons de la culture kouro-araxienne qui auraient apporté le travail du bronze avec eux. Les Crétois modernes ont le pourcentage le plus élevé de G2a (11 %), de J1 (8,5 %) et de J2a (32 %) en Grèce (et le plus fort pourcentage de J1 et J2a dans toute l'Europe d'ailleurs), les trois haplogroupes associés à la culture kouro-araxienne. Bien qu'il n'y ait que peu de données à l'heure actuelle sur les clades profondes en Crète ou en Grèce égéenne, les parties de l'Italie qui ont été colonisés par les Grecs ioniques et doriques, notamment la Sicile, la Calabre et la Basilicate, possèdent un pourcentage substantiel d'haplogroupes typiquement caucasiens, tels que G2a-L297, J1-Z1828 et J2a-L581, ainsi que des niveaux importants d'ADN autosomiques moyen-orientale et caucasien par rapport aux autres Européens. En fait, il semblerait que de nombreuses branches de J2a (p. ex. M319, Z7671, F3133, Z6046, L581) se sérait étendue du Sud Caucase à partir du chalcolithique. La présence de des haplogroupes et mélanges autosomiques dans le sud de l'Italie représentent presque certainement l'héritage des Koura-Araxiens passé par les Grecs minoens de la mer Égée.

Les Phéniciens, Juifs, Grecs et Romains ont tous contribué à la présence de J2a dans la péninsule ibérique. La fréquence particulièrement forte de J2a et d'autres haplogroupes du Proche-Orient (J1, E1b1b, T) dans le sud de la péninsule ibérique, suggère que les Phéniciens et les Carthaginois ont joué un rôle plus décisif que les autres peuples. C'est logique compte tenu qu'ils étaient les premiers à arriver, et ont fondé un plus grand nombre de villes (y compris Gadir/Cadiz, la ville la plus ancienne de la péninsule) et l'emplacement de leur colonies correspond presque exactement à la zone où J2 a la fréquence la plus élevée, dans le sud de l'Andalousie.

L'incidence élevée de J2a en Italie est due en grande partie à la migration des Etrusques de l'Anatolie occidentale jusqu'en Italie centrale et du nord, ainsi qu'à la colonisation grecque du sud de l'Italie. Cependant, les Etrusques et les Grecs auraient porté beaucoup d'autres lignées Y-ADN, y compris G2a, J1, R1b-Z2103, T1a, et probablement aussi E-M34. Le pourcentage de J2a aurait été plus élevé parmi les Grecs que les Étrusques, et en particulier parmi les Grecs insulaires qui ont colonisé la Grande-Grèce. L'immigration de la Méditerranée orientale à Rome au cours de l'Empire romain, puis d'Anatolie, de Thrace et de Grèce au cours de la période Byzantine (en particulier dans le nord-est de l'Italie) a encore augmenté l'incidence de J2 dans la péninsule.

Plusieurs sous-clades italiennes courantes de J2a se retrouvent principalement dans le sud de l'Italie (M319, M92, Z467, Z7671, tout cela sous L558) et sont susceptibles d'être d'origine grecque. Les plus fortes concentrations de J2a en Europe sont trouvent en Crète (32 % de la population) et en Calabre (26 %). M319, une des principales sous-clades de J2a1 en Grèce, en Italie et Europe occidentale, atteint sa fréquence maximale en Crète (6-9 %).

J2a1-Z435 romain

Les Romains de l'Antiquité ont sans doute contribué à répandre l'Haplogroupe J2 au sein de leurs frontières, à en juger par la distribution du J2 en Europe (fréquence supérieure à 5 %), qui porte une ressemblance incongrue avec les frontières de l'Empire romain (une fois que des concessions sont faites pour les invasions germaniques qui semblent avoir abaissé la fréquence de J2 entre la Belgique et la Suisse). Il y a une grande diversité de J2a en Italie, mais la branche la plus courante trouvée dans toute la péninsule et donc très probablement liée à une diffusion romaine est L70 et en particulier sa sous-clade Z435. Tous les porteurs de L70 aujourd'hui descendent d'un ancêtre patrilinéaire unique qui a vécu il y a environ 5.000 ans. Cela correspond à l'époque à laquelle les Proto-Indo-Européens ont commencé à s'établir en Europe centrale en provenance de la Steppe pontique. Il n'est pas encore clair où J2-L70 se trouvait à l'époque. Il aurait pu être présent dans la Steppe et avoir accompagné la branche à prépondérance R1b des Proto-Indo-Européens qui s'installèrent dans les Balkans et en Europe centrale. Ou il aurait pu être une des lignées d'Europe centrale et des Balkans de l'époque chalcolithique, assimilée par les envahisseurs. Une troisième possibilité est que L70 provienne d'Anatolie ou de Grèce et se soit établi en Italie avec la migration qui a donné naissance à la civilisation étrusque.

Z435 a été formé il y a environ 3.600 ans et a un TMRCA (âge du dernier ancêtre commun) de seulement 3.100 ans (± 300 ans). Cela correspond à peu près au moment de l'invasion de la péninsule italienne par des tribus italiques descendues des Alpes. Z435 possède elle-même de nombreuses sous-clades, et la plupart ont été identifiée en Italie centrale. Cela pourrait soit signifier que Z435 était une des lignées fondatrices des tribus italiques, ou qu'elle était déjà en Italie et fut assimilé par les tribus italiques. La sous-clade PF5456 a à peine 2.500 ans. Elle aurait émergé et se serait propagée après la fondation de Rome. En dehors de l'Italie, on la retrouve maintenant dans des endroits disparates que le Portugal, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, le sud de l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Tunisie ou le Liban; toutes des régions colonisées par les Romains. Z2177, une autre sous-clade de Z435, a un peu moins de 3.000 ans. Elle est divisée en divers sous-clades elle-même, qui sont dispersées aujourd'hui un peu partout en Italie (nord de l'Italie, Toscane, Latium, Sicile, Sardaigne) et dans des endroits comme la Suisse, le sud-ouest Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Roumanie, la Grèce, la Turquie et la Syrie; une fois de plus toutes des régions qui faisaient partie de l'Empire romain. L'Italie a de loin la plus forte concentration de Z2177 de n'importe quel pays.

J2a en Asie centrale et méridionale

Dans le sous-continent indien, J2a atteint une fréquence maximale de 15-25 % autour de la frontière indo-pakistanaise, du Punjab au Gujarat et au Sindh. Cette région correspond exactement aux frontières de la Civilisation de vallée d'Indus de l'âge du Bronze, également connue sous le nom la Civilisation harappéenne. Elle exista de 3.300 à 1.300 avant notre ère et pratiquait le culte du taureau comme autres civilisations J2a. Le bronze a commencé étant utilisé par la civilisation harappéenne vers 3.000 avant notre ère, quelques siècles après sa première utilisation régulière connue autour du Caucase par la culture de Maykop (à partir de 3.700 avant notre ère) et de la culture de kouro-araxienne (à partir de 3.500 avant notre ère). Alors que la culture de Maykop est étroitement liée à la culture de Yamnaya dans la Steppe pontique et caspienne et est considérée comme étant proto-indo-européenne et associée aux haplogroupes R1a et R1b, la culture kouro-araxienne quand à elle aurait permis la diffusion des haplogroupes J1 et J2a à travers le Moyen Orient, envahissant les sociétés néolithiques principalement associées aux haplogroupes G2a et G2b.

Il n'y a pas à l'heure actuelle de preuves archéologiques tangibles d'une migration massive du Caucase du Sud vers la vallée de l'Indus pendant l'âge du Bronze, mais cet hypothèse ne peut être exclue car il est désormais prouvé que des migrations indo-européennes à grande échelle ont eu lieu durant la même période de la Steppe pontique vers l'Europe et l'Asie centrale. Il n'y a aucune raison de croire que les hommes J2a de la culture kouro-araxienne n'auraient pas pu s'étendre de la même façon vers l'ouest jusqu'en Anatolie, en Grèce et en Italie, et vers l'est jusqu'en Iran, en Bactriane, au Pakistan et en Inde.

Il y a par ailleurs une autre concentration de J2a en Bactriane, en Asie du Centre-Sud, avec une fréquence se rapprochant de 15 % de la population. Cette région correspond au Complexe archéologique bactro-margien (abrégé BMAC en anglais), également connu sous le nom de civilisation de l'Oxus, qui s'est épanouie entre 2300 et 1700 avant notre ère. Les boeufs y étaient utilisés pour tirer les wagons, et les chameaux ont été domestiqués dans cette région vers 2500 avant notre ère, juste avant le début de cette civilisation. Le BMAC fut finalement envahie par les migrations d'indo-iraniennes des cultures d'Andronovo et de Sintachta plus au nord, et ont été ainsi indo-européanisées. Les indo-aryens ont poursuivi leur expansion vers le sud, envahissant le nord du Pakistan et nord-ouest de l'Inde de 1800 à 1500 avant notre ère, et finir par provoquer la disparition de la Civilisation de vallée d'Indus autour 1.300 avant notre ère.

J2b: de l'Iran néolithique aux Indo-Européens

J2b a une distribution très différente de J2a. A première vue, J2b semble avoir un lien plus forte avec les cultures néolithiques et chalcolithiques du sud-est de l'Europe. Pourtant, à l’heure actuelle, J2b a jamais été trouvé en Europe pendant les périodes néolithique, chalcolithique, ni même de l’âge du bronze, ni d'ailleurs dans le Croissant Fertile durant le Néolithique ou le Chalcolithique. J2b est également absent d’Anatolie centrale et occidentale, mais est présent en Anatolie orientale et l’ouest de l’Iran, ainsi que dans la région Volga-Oural, notamment parmi les Mordves, les Tchouvaches et les Tatars. Le plus ancien échantillon connu de J2b provient du site néolithique précéramique de Tepe Abdul Hosein dans l’ouest de l’Iran, datant d’environ 10.000 ans. Il s’agit de la preuve la plus tangible que J2b tire en fait ses origines des montagnes du Zagros ou du Caucase, plutôt que des plaines du Croissant Fertile.

La grande majorité des lignées de J2b appartiennent à J2b2 et ses sous-clades. Tandis que les lignées J2b* et J2b1 se limitent pour la plupart au Caucase, là ’Anatolie orientale et aux Balkans, J2b2 se retrouve dans toute l'Europe, dans la Steppe pontique, en Asie centrale et en Asie du Sud, particulièrement en Inde. Bien que J2b2 ait lui-même été formé il y a 14.000 ans, presque tous les membres européens de J2b2 appartiennent à la branche L283 et partagent un ancêtre patrilinéaire commun qui a vécu il y a 6.000 ans. De plus, 99 % d'entre eux appartiennent à la clade Z628 (aka Z597), descendant d'un ancêtre commun ayant vécu il y a seulement 4.500 ans.

L’hypothèse la plus probante est que J2b2 ait pénétré dans la région de Steppe pontique durant le Néolithique ou le Chalcolithique, en traversant le Caucase à partir de l’Iran occidental, puis ait migré vers la région Volga-Oural, où il aurait été absorbé par les tribus R1a-Z93 de l’âge du bronze. En tant que lignée mineure au sein d'une population à prédominance R1a-Z93, il se serait étendu de la région Volga-Oural à l’Asie centrale et méridionale avec les invasions indo-aryenne qui eurent lieu d'il y a 4.300 à 3.500 ans. D'autres lignées J2b pourraient s'être retrouvées dans les Balkans au cours d'une des nombreuses invasions de la Steppe entre l’âge du bronze et le Moyen Âge.

Une autre possibilité envisageable est qu’une minorité de J2b2 ait accompagné R1b-M269 de la région du Caucase et ait migré vers la région Volga-Oural à l’âge du bronze, propageant avec eux la langue proto-indo-européenne et la technologie du bronze de la steppe caspienne avant l’expansion de cette nouvelle culture en Asie centrale et du Sud. L’inconvénient de cette hypothèse est qu’il n’explique pas pourquoi les lignées R1b sont nettement plus nombreuses que les J2b2 en Europe mais pas en Asie du Sud.

Répartition géographique de l'haplogroupe J2b (M102) en Europe, en Afrique du nord et au Moyen-Orient

Répartition géographique de l'haplogroupe J2b en Europe, en Afrique du nord et au Moyen-Orient

Individus J2 célèbres

Coat of Arms of the Earls of Eglinton (work by Czar Brodie - Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license)

Les comtes de Eglinton, une famille noble écossaise, descendante de Hugh Montgomerie, 1er comte de Eglinton (c. 1460-1545), appartient à l'haplogroupe J2a1-L26 selon le FTDNA Montgomery DNA Project.

Armoiries de la famille Rothschild (travail par Mathieu CHAINE - licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported)

La famille Rothschild, qui ont fait fortune dans la finance internationale, ont accumulé la plus grande fortune de l'histoire du monde moderne, et ont établi une véritable dynastie au XIXe siècle, appartenait apparemment à l'haplogroupe J2a1-L210 (a subclade of M67) sur base sur les résultats pour le patronyme Rothschild sur le class="o" rel="nofollow" href="https://www.familytreedna.com/public/rothschild/default.aspx?section=yresults" target="_blank">Rothschild DNA Project et le J2-M172 Haplogroup Research..

John Curtin (1885-1945), le 14e premier ministre d'Australie, de 1941 à 1945, a été identifié comme un membre de l'haplogroupe J2a1-F3133 par le Curtin Clan Y-DNA Project.

Burt Bacharach

Burt Bacharach (né en 1928) est un chanteur-compositeur, producteur, compositeur et pianiste américain. Il a remporté le Grammy Award six fois et a été trois fois lauréat du prix de l'Académie. Il est connu pour ses chansons à succès populaires et compositions de la fin des années 1950 jusqu'aux années 1980. Il appartient à la sous-clade L560-L556/J2a1.

Mike Nichols

Mike Nichols (1931-2014) était un comédien, producteur et réalisateur télévision, de théâtre et de cinéma américain né en Allemagne. Il fait partie d'un petit groupe de personnes qui ont gagné un Emmy, un Grammy, un Oscar et un Tony Award. Il appartenait à la sous-clade J2a1b.

Adam Sandler (photo by Angela George - CC BY-SA 3.0)

D'après le test d'ADN d'un parent, l'acteur, scénariste et producteur américain Adam Sandler (né en 1966) appartient à l'haplogroupe J2a1-Z30390 (en aval de M67 et L210).

Ben Affleck speaking at a rally for Feed America in 2009 (CC BY-SA 2.0)

L'acteur et réalisateur Ben Affleck, célèbre entre autres pour ses rôles dans Good Will Hunting, Shakespeare in Love, Pearl Harbor, Daredevil et Hollywoodland, et son frère Casey Affleck, acteur, réalisateur, scénariste et producteur, ont été identifiés comme membres de l'haplogroupe J2a1d (M319) par le biais du test ADN de Ben. Ils descendent de Robert Affleck (1785-1854), figurant sur le J2 Y-DNA Project.

Autres membres célèbres de l'haplogroupe J2

  • Friedrich Engelhorn (sous-clade J2a) : était un industriel allemand et le fondateur de BASF en 1865.
  • John Lorimer Worden (sous-clade J2b2) : était un contre-amiral américain qui ont servi durant la guerre de sécession. Il commanda le moniteur contre le navire confédéré de Virginie (initialement nommée Merrimack) dans la première bataille de cuirassés en 1862.
  • Sir John Anthony Pople (sous-clade J2b1b-PF7344) : est un chimiste théoricien, qui a reçu le prix Nobel de chimie en 1998.
  • Burt Bacharach (sous-clade L556/J2a1-L560) : est un chanteur, producteur, compositeur et pianiste américain. Il remporta le Grammy Award six fois et trois fois les Oscars. Il est connu pour ses chansons à succès populaires et ses compositions de la fin des années 1950 jusqu'aux années 1980.
  • Mike Nichols (sous-clade J2a1b) : réalisateur de télévision, de théâtre et de cinéma, écrivain, producteur et comédien américain né en Allemagne. Il fait partie d'un petit groupe de personnes qui ont gagné un Emmy, Grammy, Oscar et Tony Award.
  • Nicholas M. Donofrio : était le vice-président exécutif de l'Innovation et de la Technologie au sein de la société IBM jusqu'en 2008.
  • Dr. Mehmet Oz (sous-clade J2a1b) : un chirurgien cardiothoracique et auteur turco-américain, ainsi que l'animateur TV du Dr. Oz Show.
  • Matt Lauer : un journaliste de télévision américain connu pour être le présentateur du Today Show sur NBC depuis 1996.
  • Alexandre Jouline : est un patineur artistique russe qui a remporté le Championnat du monde de 1993 et le Championnat d'Europe 1993, ainsi que deux médailles olympiques (bronze en 1992 et argent en 1994).

Suivi

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