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Haplogroupe Q (ADN-Y)

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Auteur: Maciamo Hay.
Dernière mise à jour juin 2014 (individus célèbres)

Répartition géographique

L'haplogroupe Q est présent essentiellement en Sibérie centrale, en Asie centrale et chez les Amérindiens. Environ 90 % des Amérindiens précolombiens appartenait à l'Haplogroupe Q et tous descendent de la branche Q1a2a1 (L54), dont plusieurs sous-clades des Q1a2a1a1 (M3) et Q1a2a1a2 (Z780). En Europe, l'haplogroupe Q est présent principalement dans le sud de la Suède (5 %), chez les Juifs ashkénazes (5 %), ainsi que dans diverses poches isolées en Europe centrale et de l'est, tel que la région Rhône-Alpes en France, le sud de la Sicile, le sud de la Croatie, la nord de la Serbie, et dans différentes régions de Pologne et d'Ukraine.

Répartition de l'haplogroupe Q en Europe

Répartition de l'haplogroupe Q en Europe

Sous-clades

  • Q1a (L472, MEH2) : chez les Koriaks de Sibérie orientale
    • Q1a1 (F1096)
      • Q1a1a (F746)
        • Q1a1a1 (M120): observée en Inde, au Japon et en Mongolie
      • Q1a1b (M25): observée en Mongolie, en Sibérie, dans le nord de l'Inde, au Moyen-Orient, en Italie et en Irlande
        • Q1a1b1 (L712) : trouvée en Europe centrale et de l'est (peut-être d'origine hunnique)
          • Q1a1b1a (L713)
    • Q1a2 (L56, M346) : trouvée au Kazakhstan, en Russie, en Arménie et en Hongrie (peut-être d'origine hunnique)
      • Q1a2a (L53): chez les Mongols
        • Q1a2a1 (L54)
          • Q1a2a1a (CTS11969)
            • Q1a2a1a1 (M3) : la principale sous-clade des Amérindiens
            • Q1a2a1a2 (L804): trouvée en Allemagne, en Scandinavie et au Royaume-Uni (peut-être d'origine hunnique)
              • Q1a2a1a2a (L807): observé en Grande-Bretagne
            • Q1a2a1b (Z780): trouvée chez les Amérindiens, notamment au Mexique
            • Q1a2a1c (L330) : la principale sous-clade des Mongols, également trouvée chez les Kazakhs et les Ouzbeks, ainsi qu'en Ukraine, en Turquie et eb Grèce (probablement mongole et turque)
      • Q1a2b (L940): trouvée en Asie centrale, en Afghanistan, en Inde, en Russie, en Géorgie, en Hongrie, en Pologne et en Allemagne
        • Q1a2b1 (L527) : présente presque exclusivement en Scandinavie et aux endroits colonisés par les Vikings
        • Q1a2b2 (1938): observée en Anatolie, en Lituanie, en Grande-Bretagne et au Portugal
          • Q1a2b2a (L939): observée en Grande-Bretagne
      • Q1a2c (M323)
  • Q1b (L275) : trouvée parmi les Tatars de Russie, en Asie centrale, en Afghanistan et au Pakistan
    • Q1b1 (M378): observée au Kazakhstan, en Inde et en Allemagne
      • Q1b1a (L245) : trouvée au Moyen-Orient, chez les Juifs, en Europe centrale et en Sicile
        • Q1b1a1 (L272.1): trouvée en Sicile (probablement d'originne phénicienne)

Cliquez pour agrandir Arbre phylogénétique de l'haplogroupe Q1a (ADN-Y) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe Q1b (ADN-Y) - Eupedia

Origines & Histoire

On pense que l'haplogroupe Q serait apparu en Asie centrale ou d'Asie du Nord au cours ou peu de temps après le Dernier Maximum Glaciaire (DMG, il y a de 26.000 à 19.000 ans). Q descend du haplogroupe P, qui est aussi l'ancêtre des haplogroupes R1a et R1b. Haplogroupe Q s'est rapidement scindé en deux branches principales : Q1a et Q1b. Les tribus Q1a du nord se sont répandues en Sibérie lorsque le climat s'est réchauffé après le Dernier Maximum Glaciaire. Certaines tribus Q1a ont traversé le détroit de Bering encore gelé et entre 16.500 et 13.000 ans sont arrivés sur le continent américain. A l'exception qu'une partie des Indiens d'Amérique du Nord descendus de migrations postérieurs (haplogroupes C3 et R1), tous les Amérindiens descendent de l'haplogroupe Q1a. Les tribus Q1b sont restés en Asie centrale et plus tard migrèrent vers le sud jusqu'au Moyen-Orient.

Q1a sibérien & américain

En Europe, l'haplogroupe Q1a est censé avoir été introduit par les Huns, les Mongols et les Turcs, qui sont tous originaires de la région de l'Altaï, autour de la Mongolie actuelle. L'haplogroupe Q a été identifié dans des ossements de l'âge du fer provenant de sites huns en Mongolie par Petkovski et coll. (2006) et au Xinjiang par Kang et al. (2013). Les Mongols modernes appartiennent à différentes sous-clades de Q1a, y compris par ordre de fréquence Q1a2a1c (L330), Q1a1a1 (M120), Q1a1b (M25) et Q1a2a* (L53).

Q1a est également le principal lignage paternel des Amérindiens. L'analyse du génome d'un garçon mort il y a 12.600 ans (connu des archéologues sous le nom d'Anzick-1) de la culture Clovis aux Etats-Unis a confirmé que l'haplogroupe Q1a2a1 (L54) était déjà présent sur le continent américain avant la fin de la dernière Glaciation. La vaste majorité des Amérindiens modernes appartiennent à la sous-clade Q1a2a1a1 (M3). Comme cette sous-clade est exclusive au continent américain et que Anzick-1 était négatif pour la mutation M3, il est probable que M3 soit apparu après que Q1a2a1 ait atteint l'Amérique.

Les Huns en Suède ?

Le Götaland et le Gotland, deux régions du sud de la Suède, possèdent de nos jours les pourcentages les plus élevés (5 %) de lignages paternels appartenant à l'haplogroup Q en Europe. Presque tous appartiennent à la sous-clade Q1a2b1 (L527). Les Romains ont écrit que les Huns ne représentaient qu'une petite élite et que leurs armées comprenaiennt principallement des guerriers germaniques. Le Gotland et le Götaland sont la patrie présumée des anciens Goths. Au 1er siècle de notre ère, certains Goths émigrèrent de Suède jusqu'en Pologne, puis au 2e siècle s'installèrent sur les rives nord de la mer Noire, autour de Moldavie actuelle. Les Huns conquirent les Goths dans la Steppe pontique au 4e siècle, forçant certains d'entre eux à fuir la région du Dniepr et à s'installer dans l'Empire romain d'Orient (Balkans). Il ne serait pas improbable que certains Goths et Huns aient migré jusqu'au sud de la Suède, soit avant l'invasion de l'Empire romain, soit après la chute de l'Empire romain d'Occident, sous la pression des les migrations slaves vers l'Europe centrale. Après tout, même les peuples antiques gardaient une certaine nostalgie de leur terre ancestrale et savait exactement d'où leurs ancêtres provenaient plusieurs siècles auparavant.

Q1b central-asiatique & indo-iranien

Tandis que Q1a est associé aux peuples mongols, sibériens et amérindiens, Q1b semble tirer ses origines d'Asie centrale et aurait migré relativement tôt vers l'Asie du Sud et le Moyen-Orient. Le pourcentage le plus élevé de Q1b en Europe se trouve parmi les Juifs ashkénazes (5 %) et les Juifs séfarades (2 %), suggérant que Q1b était présent au Levant avant la diaspora juive il y a 2.000 ans. Q1b se trouve également au Liban (2 %) et à différents endroits colonisés par les Phéniciens en Europe méridionale (Crète, Sicile, au sud-ouest de l'Ibérie). Cela signifie que Q1b doit avoir été présent au Levant au moins depuis 1200 avant notre ère, bien longtemps avant les migrations des Huns. Une hypothèse est que Q1b a atteint le Moyen-Orient aux côtés de l'haplogroupe R1a-Z93 avec les migrations d'indo-iranienne d'Asie centrale au cours de l'âge du Bronze tardif.

Q1b ne faisait presque certainement pas partie des lignées des peuplades indo-européennes originelles de la Steppe pontique puisqu'elle est presque totalement absente des pays balto-slaviques et germaniques. Néanmoins, il est raisonnable de supposer que Q1b était autochtone d'Asie centrale et a été absorbée par la branche indo-iranienne des Indo-Européens de la culture d'Andronovo durant l'âge du Bronze, puis fut propagée par les Indo-Aryens en Inde, en Iran et au Proche-Orient. Q1b s'est probablement installé dans le Levant en même temps que R1a-Z93, comme les deux lignées se trouvent parmi les Juifs et les Libanais ainsi que dans des régions historiquement colonisées par les Phéniciens. Les analyses autosomiques ont confirmé que tous les populations du Levant (Juifs, Libanais, Palestiniens, Syriens) possèdent environ 0,5 % de gènes nord-est asiatique (mongoloïdes). Étant donné que ces populations n'ont pas d'ADNmt mongoloïde, la présence de gènes nord-est asiatiques ne peut s'expliquer par les 2 % de Q1b chez les hommes Levantins, qui est l'unique lignée paternelle d'origine mongoloïde dans la région.

Individus célèbres

J. Robert Oppenheimer

D'après les résultats de tests commerciaux menés par d'autres membres juifs de la famille Oppenheimer, le physicien théorique américain J. Robert Oppenheimer (1904-1967) appartenait à l'haplogroupe Q1b. Oppenheimer a joué un rôle majeur dans le projet Manhattan et est considéré comme l'un des pères de la bombe atomique.

Deepak Chopra in November 2006, speaking at Yahoo (CC BY-SA 2.0)

La série télévisée de PBS Finding your Roots a révélé que Deepak Chopra appartenait à l'haplogroupe Q1b-L275. Deepak Chopra est un médecin endocrinologue américain d'origine indienne. Il est connu en tant qu'écrivain à succès, conférencier, défenseur de la médecine alternative et est une figure de premier plan du mouvement New Age.

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