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Origine, répartition, âge et relation ethnique des haplogroupes européens et leur sous-groupes
IntroductionDes études sur l'ADN ont permis de catégoriser tous les êtres humains sur Terre en une série de groupes généalogiques descendants d'un ancêtre commun à un moment de la préhistoire. On appele ces catégories des haplogroupes. Il y a deux sortes d'haplogroupes : les haplogroupes définissant le chromosome Y (Y-ADN) hérité de père en fils, et ceux de l'ADN mitochondrial (ADN mt), toujours hérité par la mère. Le premier renseigne donc sur les ancêtres de la lignée agnatique (ou patrilinéaire), et la seconde sur la lignée cognatique (or matrilinéaire).Les haplogroupes Y-ADN sont également utiles pour déterminer si deux individus apparament non apparentés mais portant le même nom de famille descendent bel et bien d'un même ancêtre dans un passé pas trop lointain (3 à 20 generations). Pour le savoir, on compare les haplotypes des marqueurs STR. Les tests de SNP quand à eux permettent de retracer ses origines ancestrales beaucoup plus lointaines, et d'identifier le groupe ethnique antique auquel nos ancêtres appartenaient (par exemple celtique, germanique, slave, greco-romain, basque, iberien, phoenicien, juif, etc.). En Europe, les haplogroupes ADN mt sont répartis de manière relativement homogène sur le continent, et par conséquent ne peuvent pas être associés avec un groupe ethnique de l'Antiquité. Cepedant, ils peuvent parfois révéler certains problèmes de santé potentielles (voir maladies associées avec des mutations de l'ADN mitonchondrial). Certains sous-groupes ADN mt sont associés avec une ascendance d'origine juive. C'est notamment le cas des sous-groupes K1a1b1a, K1a9,d K2a2a et N1b.
Haplogroupes du chomosome YLes haplogroupes Y-ADN dominants en Europe sont R1b, R1a, I1a, I1b, I1c, J2, et N3. On trouve aussi en moindre nombre les haplogroupes C, E3b, G, J1, K, L, P et Q.Développement chronologique des haplogroupes Y-ADN
Haplogroupe R1bR1b (voir carte) est probablement le descendant directe de Cro-Magnon, en d'autres termes des premiers arrivants Homo Sapiens en Europe. C'est de loin l'haplogroupe le plus courant en Europe occidentale, atteignant plus de 90% de la population dans certaines régions du sud-ouest de la France, du nord de l'Espagne ou d'Irelande. Cet haplogroupe est divisé en plusieurs sous-groupes :
Haplogroupe R1aR1a (voir carte) est associé avec la culture Aryenne-Kourgane et l'expansion des langues indo-européennes. C'est l'haplogroupe le plus repandu en Europe centrale et de l'est, surtout en Ukraine, en Pologne et en république tchèque. En Scandinavie, c'est aussi un des haplogroupes les plus courants, avec I1a et R1b, et est particulièrement fréquent en Norvège. On retrouve aussi R1a dans de moindre proportions dans toutes les contrées où les Vikings se sont établis lors des invasions du 9ème au 11ème siècle. Cet haplogroupe s'est propagé aussi loin que l'Asie centrale et l'Inde, où il représente 20% des lignées paternelles. La théorie la plus probable est que R1a soit arrivé en Inde il y a environ 3500 ans, lors des migrations indo-aryennes.Haplogroupe II représente de 10 à 45% de la population en Europe. Il est divisé en quatre sous-groupes principaux.L'haplogroupe I1a (voir carte) est le sous-groupe le plus courant de I. On le trrouve principalement en Scandinavie et dans le nord de l'Allemagne, où il représente 35% de la population. Associé avec l'ethnie nordique, cet haplogroupe est présent dans toutes les régions envahies par les tribus germaniques antiques et les Vikings. I1c (aussi appelé I1b2) est aussi d'origine germanique, culminant dans le centre et le nord de l'Allemagne et dans le nord de la Suède. On le retrouve aussi parmis 3 à 10% des habitants du Danemark, de l'est de l'Angleterre, du Benelux, et du nord de la France. Il est cependant rare en Norvège. D'autre part, I1b est typique des Slaves du sud (Croates, Serbes et Bosniaques), et n'est présent presque exclusivement qu'en ex-Yugoslavie, ainsi qu'en plus faible densité en Albanie, dans le nord de la Grèce, en Bulgarie, en Roumanie, en Moldavie, et en Ukraine. I1b ne doit pas etre confondu avec le sous-groupe completement distinct I1b2, culminant parmis les peuples sardes et basques, et raremement trouvé en dehors de la péninsule ibérique, de l'ouest de la France, de la côte ouest de l'Italie et de la côte Méditerranée du Maghreb. Haplogroupe JJ est principalement présent dans le sud-est de l'Europe, surtout dans le centre et le sud de l'Italie, en Grèce et en Roumanie. Il est aussi courant dans certaines régions de France (Provence, Poitou-Charente), en Turquie et au Moyen Orient. Cet haplogroupe est apparenté aux Romains, Grecs et Phéniciens de l'Antiquité (J2), ainsi qu'aux Arabes et aux Juifs (J1). Les sous-groupes J2a et J2a1b1 sont present surtout en Grèce, en Anatolie et dans le sud de l'Italie, et sont associé aux anciens Grecs.Haplogroupe NN n'est présent presque uniquement en Finland (épicentre en Europe), dans les pays baltiques, et en Russie, traversant toute la Sibérie et débordant même un petit peu sur le Japon. Son origine est ouralo-sibérienne.Haplogroupe E3bLe groupe E3b (voir carte) a sa plus forte concentration en Albani et au Kosovo, puis decroit progressivement dans les Balkans, la Grèce et l'ouest de la Turquie. En dehors d'Europe, on le trouve aussi dans la plupart du Moyen Orient, dans le nord et l'est de l'Afrique, surtoutau Maroc, en Lybie, en Egypte, au Yemen, en Somalie, en Ethiopie, et jusqu'en Afrique du Sud. On pense qu'il est apparu pour la premiere fois dans la Corne de l'Afrique ou en Afrique du Sud il y a approximativement 26.000 ans, et s'est dispersé a travers le Moyen Orient pendant le Paléolithique supérieur et le Mésolithique.La vaste majorité des membres européens de cet haplogroupe appartienent au sous-groupe E3b1a. Celui-ci est encore subdivisé en E3b1a1, E3b1a2 (le plus courant) et E3b1a3. Tous descendraient de cultivateurs du Proche Orient arrivés en Europe lors de la période néolithique. E3b1b est charactéristique des Berbers du nord-ouest de l'Afrique. Dans certaines parties du Maroc, E3b1b peut culiminer jusqu'à 80% de la population. Cet sous-hapolgroupe se retrouve aussi dans la péninsule iberique, en Italie et dans le sud de la France, avec la plus forte concentration dans le sud du Portugal (12%) et diminuant en remontant vers le nord. Haplogroupe GG est d'origine central-asiatique, et fréquent surtout au Proche Orient et en Inde. Le seul groupe ethnique possedant une majorité d'Y-ADN G sont les Ossètes du Caucase.G est très rare en Europe, et les Européens appartenant à ce groupe descendraient des Alains (eux-mêmes descendants des Scythes et Sarmates), une tribu d'Asie centrale qui a traversé toute l'Europe continentale pendant les invasions barbares du 5ème siècle. Le royaume d'Alanie était situé dans le nord du Caucase, dans l'actuelle Géorgie (débordant légèrement sur la Russie moderne). La diaspora arménienne est aussi responsable de la propagation de G à travers l'Europe - notamment en France, en Ukraine et en Grèce. Un des personages historiques les plus célèbres appartenant à l'haplogroupe G fut Joseph Staline, qui était d'origine géorgienne. Haplogroupe KK est également rare en Europe (moins d'un 1% de la population), et, comme G, est plus courant dans le sud-est de l'Europe. Etant un des plus anciens haplogroupes en Eurasie, il a eu le temps de se répandre dans ces régions du globe très reculées. On le trouve presque partout entre l'Afrique orientale et les îles du Pacifique, y compris au Moyen Orient, dans le Caucase, en Iran, en Inde, et en Asie du sud-est.Ethniquement parlant, sa présence en Europe est liée aux ancients Phéniciens et aux Juifs. Certains lignages pourraient même être perses. En tout cas, il semble venir majoritairement du Proche Orient. Parmis les Occidentaux célèbres, Thomas Jefferson appartenait à l'haplogroupe K2. Autres haplogroupes rencontrés en EuropeDans certains cas extrêmement rares, des Européens peuvent se reveler appatenir aux haplogroupes A, C, P ou Q, tous d'origine central-asiatique, ou à l'haplogroupe P, d'origine sud-asiatique, ou encore à l'haplogroupe A, d'origine africaine.Q aurait ete l'haplogroupe dominant des Huns, qui ont envahi l'Europe au 5ème siècle. Le seul pays d'Europe avec un nombre substantiel de Q est la Hongrie (3%), où une tribu hunnique s'est finalement établie. Un autre groupe de Huns pourrait s'être installé en Suède et/ou en Norvège, où Q est aussi présent dans 0.5% de la population. C est d'origine mongole et se retrouve dans tout l'ancien empire de Genghis Khan à des concentrations diverses. On ne le rencontre que sporadiquement sur le continent européen. P est lùhqplogroupe parent de Q et de R (dont R1a et R1b). Il a pratiquement disparu de nos jours, sauf aux alentours de son lieu d'origine en Asie centrale. On ne le trouve que très rarement en Europe. Il pourrait avoir été apporté en Europe par diverses envahisseurs central-asiatiques, tels que les Huns ou les Mongols. L est un haplogroupe typique du peuple dravidien du sud de l'Inde. On le trouve aussi en Asie centrale, dans le sud-ouest de l'Asie, et dans le sud de l'Europe, le long des côtes méditérranéennes (notamment en Italie). Les Européens appatenant à cet haplogroupe sont probablement des descendants de marchands indiens de l'Antiquité (sans doute à l'époque de l'Empire romain). A est le plus vieux de tous les haplogroupes existant jusqu'à ce jour, tirant son origine en Afrique il y a plus de 60.000 ans. Des cas isolés de personnes appartenant a cet haplogroupe ont été trouvés en Europe occidentale (notamment en Irelande, en Grand-Bretagne et en Allemagne). Ces personnes descendraient plus probablement d'esclaves noirs africains, soit de la période romaine, ou de l'époque du commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique et les Ameriques au 18ème siècle. Remarquez que les Gitans (aussi connus sous les noms de Rroms ou Tsiganes) appartiennent essentiellement (environ 50%) à l'haplogroupe H1a. Cet haplogroupe n'est autrement pas rencontré en Europe, mais dans le sous-continent indien. Haplogroupes de l'ADN mitochondrialLes haplogroupes de l'ADN mt rencontrés en Europe descendent tous du groupe N, qui representerait une des deux vagues initiales de migrations d'Homo Sapiens hors d'Afrique, il y a 60.000 à 80.000 ans. De nos jours, l'haplogroupe N n'a survécu comme tel que parmis les aborigènes australiens. Autrepart, il a muté en de nouveaux haplogroupes. N a d'abord evolué en 4 sous-groupes : IWX, HV, JT et UK, qui ont chacun evolué en entités séparés, puis à leur tour en d'autres sous-haplogroupes.Développement chronologique des haplogroupes ADN mt
![]() L'haplogroupe H est de loin le plus répandu dans toute l'Europe, englobant environ la moitier de la population européenne. On le retrouve aussi dans une moindre mesure en Afrique du nord, dans le Moyen Orient et en Asie centrale. Les Gitans possèdent deux haplogroupes mitochondriales qu'on ne retrouve pas parmis le reste de la population européenne. Environ la moitier d'entre eux appartienent à l'haplogroupe M (présent de l'Extrème orient à l'Asie du sud, et particulièrement en Inde), et 15% à l'haplogroupe U3 (qu'on ne rencontre à des taux élevés que parmis la communauté gitanne). I, W, X et NéanderthalI, W et X sont d'origine européenne très ancienne. Bien que présents dans toute l'Europe, dans un grande partie de l'Asie (du Moyen Orient à la Siberie), et même en Amérique du nord dans le cas de X, ces trois haplogroupes n'atteignent jamais plus que quelques pour cents de la population de chaque région (mais le plus souvent moins de 1%).Certains scientifiques pensent maintenant que ces haplogroupes mitochondrials pourraient être les derniers survivants descendant de Néanderthal. En effet, la plupart des mutations définissant l'haplogroupe X, ainsi que plusieurs mutations de W et I, sont les mêmes que celles de l'ADN mt des quelques squelettes de Néanderthal testés à ce jours. Nous ne disponsons actuellement que de trop peu d'échantillons d'ADN de Néanderthal pour avoir une idée claire de l'étendue des variations génétiques éxistant parmis les premiers êtres humains qui ont vécu en Europe pendant 150.000 ans avant l'arrivée de l'Homo Sapiens. Quoi qu'il en soit, il est quasiment certains que le nombre d'haplogroupes et de sous-groupes néanderthaliens doit avoir été considerable, en plus de 200.000 ans d'évolution. L'hypothèse néanderthalienne s'accorde aussi bien avec l'âge et le lieu d'origine estimé de ces haplogroupes (en Europe ou en Russie, juste avant l'extinction présumée des Néanderthals), qu'avec le fait qu'ils soient minoritaires dans une marée de H, V, J, T, U et K représentant les Homo Sapiens mieux adaptés qui auraient surpassé en nombre puis progressivement assimilé les derniers Neanderthals. Le fait que seul l'ADN mitonchondrial (donc la lignée maternelle) de Néanderthal ait survécu est aussi concordant, comme dans les sociétés primitives les femmes avaient beaucoup de chances d'être violées, enlevées à d'autres tribus, ou épargnées et intégrées à la tribu gagnante après une guerre. La sélection naturelle a aussi favorisé la survie de ces haplogroupes dans les climats froids, montagneux ou desertiques, c'est-à-dire ceux pour lesquels l'Homo Neanderthalis avaient un avantage sur l'Homo Sapiens. Cela expliquerait les plus fortes densités de X et W dans le Caucase, dans le nord-est de l'Europe, en Sibérie, ou en Asie centrale. Les haplogroupes mitonchondrials européens et leurs sous-groupes
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