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Origine, répartition, âge et relation ethnique des haplogroupes européens

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Index
Introduction
Haplogroupes Y-ADN
  • Ligne du temps chronologique
  • Haplogroupes ADNmt
  • Haplogroupes mitochondriaux européens et leurs sous-clades
  • Références
    Liens utiles
    Suivi

    Dernière mise à jour de la version française en février 2017.
    Ce site utilise la désignation neutre d'Ère commune (EC ou AEC) pour les dates.

    Pour les nouveaux venus en génétique des populations...

    Cette page a pour but de fournir des descriptions détaillées des haplogroupes européens et de retracer leur histoire. Si vous n'avez pas encore de connaissance en génétique des populations ou ne savez pas ce qu'est un haplogroupe, nous vous recommandons de vous familiariser d'abord avec les notions de base en consultant les vidéos explicatives sur la génétique (en anglais) et de lire notre Foire aux Questions sur les tests ADN. Chaque haplogroupe correspond à une lignée ancestrale distincte. Les haplogroupes sont divisés en plusieurs niveaux de sous-clades qui forment un arbre phylogénétique, ce qui est juste un autre mot pour un arbre généalogique génétique. Vous pouvez également trouver utile de visualiser la distribution géographique actuelle des haplogroupes pour avoir une idée de ce qu'ils représentent.

    Avertissement

    Les informations sur l'association ethnique et l'origine des haplogroupes sur ce site Web ne doivent pas être interprétées comme de faits concrets, mais, comme c'est souvent le cas en science, comme un modèle en constante évolution fondée sur l'état actuel des connaissances et la compréhension de l'auteur. Chaque fois que le progrès de la génétique n'a pas pu apporter des réponses irréfutables, nous avons tenté de fournir l'hypothèse la plus probable et logique sur base des preuves archéologiques, historiques et linguistiques. Cette page est mis à jour régulièrement afin de suivre les dernières études apportant des renseignements supplémentaires ou des rectification des théories éventuellement erronées. N'hésitez pas à ajouter des commentaires ou à partager votre avis sur le forum.

    Le saviez-vous ?
    • Les nucleotides sont l'alphabet de l'ADN. Il y en a quatre : l'adenine (A), la thymine (T), la guanine (G) et la cytosine (C). Elles vont toujours par paires, A avec T, et G avec C. Ces paires sont appelées "paires de base".

    • Les 46 chromosomes de l'ADN humain sont composés de 3 milliards de paires de base au total.

    • Le chromosome Y possède 60 millions de paires de base, contre 153 millions pour le chromosome X.

    • L'ADN mitochondrial se trouve en dehors du noyau de la cellule, et par conséquent hors des chromosomes. Elle est constituée de seulement 16,569 paires de base.

    • Un SNP (single nucleotide polymorphism) est une mutation d'une seule paire de base. A l'heure actuelle, seuls quelques centaines de SNP's definissent tous les haplogroupes humains pour l'ADN mt ou l'Y-ADN.

    • => Plus de faits intéressants sur l'ADN

    Introduction

    Des études sur l'ADN ont permis de catégoriser tous les êtres humains sur Terre en une série de groupes généalogiques descendants d'un ancêtre commun à un moment de la préhistoire. On appele ces catégories des haplogroupes. Il y a deux sortes d'haplogroupes : les haplogroupes définissant le chromosome Y (Y-ADN) hérité de père en fils, et ceux de l'ADN mitochondrial (ADN mt), toujours hérité par la mère. Le premier renseigne donc sur les ancêtres de la lignée agnatique (ou patrilinéaire), et la seconde sur la lignée cognatique (or matrilinéaire).

    Les haplogroupes Y-ADN sont également utiles pour déterminer si deux individus apparament non apparentés mais portant le même nom de famille descendent bel et bien d'un même ancêtre dans un passé pas trop lointain (3 à 20 generations). Pour le savoir, on compare les haplotypes des marqueurs STR. Les tests de SNP quand à eux permettent de retracer ses origines ancestrales beaucoup plus lointaines, et d'identifier le groupe ethnique antique auquel nos ancêtres appartenaient (par exemple celtique, germanique, slave, greco-romain, basque, iberien, phoenicien, juif, etc.).

    En Europe, les haplogroupes ADN mt sont répartis de manière relativement homogène sur le continent, et par conséquent ne peuvent pas être associés avec un groupe ethnique de l'Antiquité. Cependant, ils peuvent parfois révéler certains problèmes de santé potentielles (voir maladies associées avec des mutations de l'ADN mitonchondrial). Certains sous-groupes ADN mt sont associés avec une ascendance d'origine juive. C'est notamment le cas des sous-groupes K1a1b1a, K1a9,d K2a2a et N1b.

    L'étude des haplogroupes du chromosomes Y est beaucoup plus intéressante que ceux de l'ADN mitochondrial pour deux raisons.

    1. Tout d'abord, le chromosome Y est une séquence de 60 millions de « caractères » (nucléobases), contre seulement 16.569 pour l'ADNmt. Le chromosome Y offre donc une résolution beaucoup plus grande que les mutations sont plus fréquentes et se produise de fait à chaque génération. En revanche, les mutations de l'ADNmt sont beaucoup plus rares. Depuis l'époque de l'Ève mitochondriale, il y a environ 200.000 ans, les humains ont acquis en moyenne 20 mutations d'ADN mitochondrial dans chaque lignée - environ une tous les 10.000 ans. Même si le nombre de mutations s'est accélérée avec l'envolée de la population humaine au cours des 10.000 dernières années, la datation des lignées basées sur l'ADN mitochondrial seul reste très approximative et pratiquement inutile pour les périodes historiques. En séquençant le chromosome Y complet, il est théoriquement possible de mapper la généalogie patrilinéaire entière de l'humanité (ou toute autre espèce) avec une précision de quelques générations (et même sans doute à la génération près). Il s'agit d'une tâche collossal, et particulièrement coûteuse aussi, puisque le séquençage complet de chromosomes (lire chaque nucleobase un par un) reste très cher par rapport au simple génotypage de SNPs (vérification de la présence de mutations déjà découvertes chez d'autres individus). C'est pourquoi les généticiens des populations ont seulement réussi à esquisser des lignées très larges jusqu'il y a quelques années. L'arrivée du séquence de chromosome Y complet (ou même du génome complet) sur le marché a parmi d'atteindre une résolution optimale, mais le prix nettement supérieur aux tests commerciaux standards restreint encore la portée globale de ces tests, et les haplogroupes les plus courants dans les pays riches restent nettement mieux étudiés que les autres.

    2. Le deuxième avantage de l'Y-ADN par rapport au l'ADN mitochondrial est que les hommes ont traditionnellement été moins mobiles que les femmes (sauf pendant les invasions militaires, comme les Indo-Européens, les Vikings ou les Arabes). Dans presque chaque société sédentaire et agricole, les hommes sont ceux qui hérite de leurs parents et reste donc au même endroit de génération en génération. En revanche, les femmes, étaient souvent envoyées pour se marier dans d'autres villages ou villes, de sorte que leurs lignées se sont réparties plus uniformément au fil du temps, éffaçant ainsi progressivement les motifs de peuplements antiques.



    Les haplogroupes paternels et maternels de l'Europe préhistorique

    Europe mésolithique

    L'issue de la dernière période glaciaire il y a environ 12.000 ans, des chasseurs-cueilleurs européens ont recolonisé le continent à partir de refuges glaciaires situés dans le Sud de l'Europe. La grande majorité des Européens mésolithiques auraient appartenu à l'haplogroupe I. Ceci inclus I* (* signifie qu'aucune autre sous-clade n'a été identifiée), pré-I1, I1, I2*, I2a*, I2a2, I2c, mais la plus répandue semble avoir été I2a1, qui a été trouvé dans la majeure partie de l'Europe. Dans le Nord-Est de l'Europe, les hommes auraient appartenu principalement à l'haplogroupe R1a, et dans une moindre mesure aussi I2a2 et R1b. D'autres lignées paternelles mineures étaient certainement également présentes dans certaines parties de l'Europe, notamment l'haplogroupe A1a, C-V20, et peut-être même Q1a.

    Les lignées maternelles des Européens mésolithiques semble avoir été principalement U4 et U5, mais pourrait également avoir compris plusieurs sous-clades de H (H1, H3, H17), de T, de U2 (U2d et U2e) et de V. La présence des haplogroupes mitochondriaux I et W en Europe de l'Est ou dans le Nord Caucase est possible, mais n'a pas encore été confirmée.

    Basé sur leurs distributions modernes, les haplogroupes mitochondriaux H10 et H11 pourrait bien avoir des origines mésolithiques/paléolithiques européennes .

    Il semble y avoir eu plusieurs migrations paléolithique et mésolithique d'Afrique du Nord-Ouest vers la péninsule ibérique. La plus ancienne pourrait avoir apporté l'haplogroupe paternel ouest-africain A1a dans l'Ouest et le Nord de l'Europe durant le Paléolithique. A1a a été trouvé dans les populations modernes aussi éloignées vers le nord que l'Irlande, l'Écosse, la Scandinavie et la Finlande. La présence de lignées maternelles africaines (L2, L3 et peut-être aussi L1b1) est attestée dans la péninsule ibérique durant la période néolithique. Les habitants du Maghreb préhistorique auraient également apporté U6 ainsi qu'éventuellement des lignées HV0/V en Europe.

    Un petit pourcentage d'ADN autosomique d'Afrique sub-saharienne a été identifié à l'époque du mésolithique tardif suédois de la culture de la céramique perforée (2800-2000 avant notre ère), ce qui impliquerait que A1a était déjà présente en Europe du Nord à cette époque. Un autre échantillon mésolithique de Loschbour au Luxembourg avait des cheveux noirs et une peau beaucoup plus sombre que les européens modernes.

    Carte de distribution des haplogroupes Y-ADN et ADN mitochondrial autour de l'Europe vers 8000 avant notre ère

    Carte de distribution des haplogroupes Y-ADN et ADN mitochondrial autour de l'Europe vers 8000 avant notre ère - Eupedia
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    Europe néolithique et chalcolithique

    L'agriculture s'est d'abord développée dans le Croissant Fertile, puis s'est propagée en Anatolie, en Grèce, dans les Balkans, en Italie, et en Europe centrale et orientale. Il a maintenant été établi par la paléogénétique (test d'échantillons préhistoriques) que ces agriculteurs néolithiques appartenaient principalement à l'haplogroupe Y-ADN G2a, mais comprenaient aussi des minorités de lignées C1a2, E1b1b, H2 (anciennement F3), J1, J2 et T1a , qui pourraient avoir été assimilées en Anatolie avant d'entrer dans l'Europe. Alors qu'ils avançaient en Europe, les agriculteurs néolithiques ont aussi de plus en plus assimilé les lignées européennes mésolithiques, notamment I2a1 dans le Sud-Est de l'Europe, I1 et I2a1 en Europe centrale, I2a1 et I2a2a en Europe occidentale et E-M78, I2a1 et I2a2a dans le sud-ouest de l'Europe.

    Des centaines d'échantillons d'ADN mitochondiral du Néolithique provenant de toute l'Europe, mais particulièrement d'Europe centrale et de la péninsule ibérique, ont été testés à ce jour. Les nouvelles lignées maternelles apportées par ces immigrants du Proche-Orient comprennaient les haplogroupes mitochondriaux HV, J1, J2, K1, K2, N*, N1, T1a, T2b, T2c, T2e, T2f, U3, W, X1, X2 et de nombreux sous-clades de H (y compris les H2, H5, H7, H13 et H20). H4, H8 et H9 semblent avoir également tirer leurs origines du Proche-Orient, bien qu'aucun échantillon néolithique n'ait encore été identifié en Europe à présent.

    Cependant, en raison de la proximité du Caucase de la région d'origine des Proto-Indo-Européens, beaucoup de ces haplogroupes maternels ont presque certainement également été apportés par les Indo-Européens eux-mêmes. Ce serait notamment le cas de H5, K1a, T2b, U3, W et X2.

    L'âge du Bronze et les migrations indo-européennes

    L'origine des peuples indo-européens est un sujet qui a fait coulé beaucoup d'encre auprès des archéologues et historiens. Leur Urheimat (terre d'origine) a été placé en Anatolie, dans le Caucase, en Iran, en Inde, en Asie centrale, en Russie ou même en Scandinavie. Grâce à la Paléogénétique nous savons maintenant que ceux-ci se sont éténdu à la fin de l'âge du Cuivre et au début de l'âge du Bronze à partir de la steppe pontique au nord de la mer Noir et du Caucase. Il semblerait y avoir eu deux groupes distincts, bien que étroitement apparentés, de peuplade parlant les langues proto-indo-européennes dont descendent presque toutes les langues européennes actuelles (à l'exception du basque, du hongrois, de l'estonien, du finlandais et du lapon) ainsi que l'arménien, le kurde, le persan et la plupart des langues du nord de l'Inde. Des tribus appartenant majoritairement à haplogroupe paternel R1a auraient occupé le nord de la steppe (steppe boisée et toundra), tandis qu'au sud (steppe ouverte) se trouvaient des éleveurs de vaches nomades appartenant principalement à l'haplogroupe R1b.

    Leur migration à l'ouest vers l'Europe et à l'est vers l'Asie centrale et méridionale permet de déduire quels haplogroupes mitochondriaux ceux-ci portaient (=> voir aussi Identifying the original Indo-European mtDNA from isolated settlements). Les meilleures correspondances pour R1a sont C4a, H1b, H1c, H2a1, H6, H11, K1b1b, K1c, K2b, T1a1a1, T2a1b1, T2b2, T2b4, U2e, U4, U5a1a, W et plusieurs sous-clades de I.

    La branche R1b aurait provenu de l'Anatolie orientale ou nord de la Mésopotamie/Syrie durant le début de la période néolithique, où ils auraient probablement domestiqué les premières vaches, devenant ainsi principalement des éleveurs de bovins. Au cours des siècles, ils se seraient répandu vers l'ouest du plateau iranien et aurait franchi le Caucase pour coloniser la Steppe pontique en quête de pâturages pour leurs troupeaux, se mélangeant par la même occasion avec les tribus R1a et I2a2 habitant ces contrées. Les lignées maternelles de ces tribus proche-orientales R1b auraient inclus les haplogroupes H5a, H6, H8, H15, I1a1, J1b1a, K1a3, K2a6, U5 et certaines sous-clades de V (comme V15).

    L'haplogroupe maternel H4 n'a pas été trouvé en Europe avant la fin du Chalcolithique (culture de la céramique cordée) et le début de l'âge du Bronze (culture d'Unétice) et pourrait avoir été propagée par les Indo-Européens. De même, H6 est absent de tous les échantillons mésolithiques ou néolithiques et sa forte présence dans le nord du Caucase et Asie centrale suggère une connexion indo-européenne.

    Haplogroupes du chomosome Y

    Développement chronologique des haplogroupes Y-ADN

    Développement chronologique des haplogroupes Y-ADN européen

    • C => il y a 66.000 ans (dans l'est de l'Afrique)
    • E => il y a 62.500 ans (en Afrique)
    • G => il y a 48.000 ans (au Moyen-Orient)
    • K => 46.000 ans (entre le Caucase et l'Inde)
    • I => 43.000 ans (autour de la Mer noire)
    • J => 43.000 ans (au Moyen Orient ou dans le Caucase)
    • T => 42.000 ans (autour du plateau iranien)
    • E1b1b => 35.000 ans (dans le nord-est de l'Afrique)
    • Q & R => 32.000 ans (en Asie centrale ou en Sibérie)
    • J2 => 31.000 ans (dans le nord de la Mesopotamie ou dans le Caucase)
    • J1 => 31.000 ans (dans le Caucase ou le Zagros)
    • I1 & I2 => 27.500 ans (en Europe)
    • T1a => 27.000 ans (autour du plateau iranien)
    • R1b => 23.000 ans (autour de la Mer caspienne ou en Russie)
    • R1a => 23.000 ans (en Russie)
    • E-M78 => 20.000 ans (dans le nord-est de l'Afrique)
    • G2a => il y a 20.000 ans (au Moyen-Orient)
    • I2a1a (M26) & I2a1b (M423) => 18.500 ans (en Europe méridionale)
    • J2a1 => 18.500 ans (dans le nord de la Mésopotamie ou dans le Caucase)
    • E-M123 => 18.000 ans (autour de la Mer rouge ou dans le Levant)
    • I2a2a (M223) => 17.500 ans (en Europe méridionale)
    • J2b1 & J2b2 => 16.000 ans (autour du plateeau iranien ou dans le Caucase)
    • N1c1 => 15.500 ans (dans le nord de la Chine)
    • E-M81 => 14.000 ans (en Afrique du Nord)
    • R1b-M269 => 13.500 ans (autour de la Mer caspienne)
    • I2a2b (L38) => 12.500 ans (en Europe centrale)
    • J1-P58 => 11.500 ans (au Moyen Orient ou dans le Caucase)
    • I2a2a-L801 => 9.500 ans (en Europe centrale ou du nord)
    • E-V13 => 7.500 ans (en Europe centrale ou du sud-est)
    • R1a1a1 (M417) => 8.500 ans (dans le nord-est de l'Europe)
    • T1a-CTS2214 => 8.500 ans (au Moyen Orient)
    • N1c1-L1026 => 6.500 ans (dans le nord-est de l'Europe)
    • Q1b1a-L245 => 6.500 ans (en Asie centrale ou au Moyen Orient)
    • R1b-L23 => 6.500 ans (autour du Caucase)
    • J1-L858 => 5.500 ans (au Moyen Orient)
    • R1b-U106 & R1b-P312 => 5.000 ans (en Europe centrale)
    • I1a (DF29) => 4.500 ans (en Scandinavie)
    • Q1a2-Y4827 => 3.000 ans (en Scandinavie)

    Carte des cultures néolithiques d'Europe il y a environ 4.500 à 5.000 ans

    => Plus de cartes des expansions du Néolithique et de l'Âge du bronze

    Principaux haplogroupes européens & moyen-orientaux



    Autres haplogroupes trouvés en Europe

    Haplogroupe C

    L'haplogroupe C est un lignage paternel très ancien qui serait apparu avant ou juste après la première migration d'Homo Sapiens hors d'Afrique, il y a 70.000 ans. Des hommes appartenant à l'haplogroupe C auraient quitté l'Afrique de l'est au cours de la période glaciaire et suivi les côtes de l'océan Indien, colonisant la péninsule arabique, le sous-continent indien, l'Asie du sud-est, l'Asie du nord-est et l'Océanie.

    Le premier groupe à se scinder du reste fut C-Z1426, qui a colonisé le Moyen-Orient et l'Asie du Sud. Une branche (CTS11043) pourrait avoir migré vers le nord jusqu'en Asie centrale, puis s'être diviser en deux : une tribu allant vers l'ouest jusqu'en Europe (haplogroupe C-V20) tandis que l'autre migra vers l'Extême-Orient et ne survit qu'au Japon de nos jours (haplogroupe C-M8). L'haplogroupe C-V20 représente sans doute la toute première migration d'Homo Sapiens en Europe il y a 45.000 ans, et aurait donc été le premier à entrer en contact avec les Néanderthals.

    La deuxième branche de C-Z1426 se répartit autour de l'Asie du sud, de l'Asie du sud-ouest et l'Asie centrale, où on la trouve à de faibles fréquences de nos jours (haplogroupe C-M356).

    Pendant ce temps, d'autres tribus C poursuivirent leur migration vers l'est jusque l'Asie du sud-est, où elles se divisèrent en quatre grands groupes. La première branche colonisa l'Indonésie, la Mélanésie, la Micronésie et la Polynésie (haplogroupe C2-M38). Une deuxième branche migra au sud vers l'Australie, où ils devinrent les Aborigènes australiens (haplogroupe C4-M347). Une autre s'installa dans la cordillère centrale de Nouvelle-Guinée (haplogroupe C-P55). La quatrième branche remonta jusqu'en Asie du nord-est (haplogroupe C3-M217) et se trouve aujourd'hui principalement parmi les Mongols, les tribus sont issues des Mongols (Kalmouks, Hazaras) y compris les peuples turcs (Kazakhs, Kirghizes, Uyghurs, Ouzbeks, Touvains, Iakoutes), les tribus de Sibérie orientale (Bouriates, Tchouktches, Itelmènes, Nivkh, peuples Toungouses), les Chinois (Han, Hui, Mandchous, Oroqens, Tujia), les Coréens et les Japonais (en particulier les Ainus), mais aussi parmi plusieurs peuples autochtones d'Amérique du Nord, y compris certains les populations de langue na-dené, algonquienne et sioux.

    L'haplogroupe C est une lignée très rare en Europe. Les quelques européens qui appartiennent à C appartiennent soit à la branche européenne C-V20, soit à la branche C-M358 du Moyen Orient, ou à la branche mongole C3. L'haplogroupe C3 a aussi été identifié dans un squelette de Huns de l'âge du fer en Mongolie actuelle. Sa présence en Europe peut donc être liée aux invasions des Huns et des Mongols, comme l'haplogroupe Q1a.

    Haplogroupe L

    Répartition géographique

    L'haplogroupe L est présent principalement au Moyen Orient et dans le sous-continent indien. Sa fréquence oscille entre 5 et 15 % au Pakistan et en Inde occidentale, avec un pic à 23 % parmi les Kalashs du nord-est du Pakistan, et de 1 à 10 % en Asie centrale (principalement en Ouzbékistan, au Tadjikistan et en Afghanistan). On le trouve également dans le Moyen Orient (5 % au Liban, 4,5 % au Kurdistan turc, 4 % en Iran, 3 % en Syrie), dans certaines parties de la Caucase (7 % en Azerbaïdjan et en Tchétchénie, 3 % en Arménie et en Ingouchie) et dans des régions isolées d'Europe (3,5 % dans le nord-est de l'Italie, de 0,2 % à 1 % dans les Balkans et la Grèce, 0,5 % en Flandre).

    Sous-clades

    L'haplogroupe L est divisé en quatre sous-clades principales :

    • L1a (M27) est la plus souvent trouvée en Inde et au Sri Lanka, avec des fréquences allant en diminuant vers le Pakistan, le sud de l'Iran, la péninsule arabique. Elle a également été trouvée dans le Piémont (Italie), en Rhénanie (Allemagne) et en Flandre (Belgique).
    • L1b (317) se trouve principalement dans le Caucase du Sud, l'est de l'Anatolie et le Liban. Cette sous-clade a également été observé dans le Tyrol du Sud, en Russie et en Asie centrale. Sa principale sous-clade L1b1 (M349) a été trouvé en Italie, en Suisse, en Autriche, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, en Irlande du Nord, dans la plupart de l'Europe centrale et de l'est, et en Méditerranée orientale. La présence de L1b et L1b1 en Europe remonte probablement à la période néolithique.
    • L1c (M357) est un essentiellement un sous-clade gédrosienne (Balochistan), trouvée parmi les Burushos, les Kalashs (sous-clade L1c1-PK3) et les Pachtounes du Pakistan et d'Afghanistan, mais aussi parmi les Tchétchènes dans le Caucase du nord-est. On la trouve aussi à de faible fréquences dans d'autres populations du Pakistan, d'Inde, du nord de l'Iran, de Géorgie et d'Ingouchie. En Europe, L1c n'a été observé qu'en Sicile.
    • A l'heure actuelle L2 (L595) a été trouvé exclusivement en Europe (Grèce, Italie, sud de l'Allemagne, Russie) et dans le Caucase du Sud.

    Haplogroupe H

    L'haplogroupe H se trouve généralement parmi les populations dravidiennes du sous-continent indien, particulièrement dans le sud de l'Inde et du Sri Lanka. En Europe on le trouve presque exclusivement parmi les Tsiganes (Roms), qui appartiennent principalement (entre 15 % et 50 %) à la sous-clade H1a (M82) d'origine indienne. Les fréquences les plus élevées de l'haplogroupe H chez les européens non-gitans se trouvent dans les régions à forte population gitanne, tels que la Roumanie, la Slovaquie, le sud des Balkans et l'Andalousie, ce qui suggère que ces lignées sont également d'origine tsigane. Aucune autre sous-clade que H1a n'a été trouvé à ce jour en Europe.

    Haplogroupe A

    A est le plus ancien de tous les haplogroupes du chromosome Y. Il apparu en Afrique subsaharienne il y plus de 140.000 ans et peut-être autant que 340.000 ans si on inclut l'haplogroupe A00. Les populations modernes avec les pourcentages les plus élevés d'haplogroupe A sont les Khoisan (tels que les Bushmen) et les Soudanais du sud.

    Il n'y a que quelques rares cas isolés d'hommes européens appartenant à l'haplogroupe A. Les tests commerciaux ont identifié quelques familles écossaises et irlandaises appartenant tous à la même sous-clade A1b1b2 (M13). Cette sous-clade se trouve normalement en Afrique de l'est (Ethiopie, Soudan), mais a également été trouvée en Egypte, dans la péninsule arabique, en Palestine, en Jordanie, en Turquie, en Sicile, en Sardaigne et en Algérie. Elle est certainement arrivée en Europe avec des hommes d'origine levantine, que ce soit pendant le néolithique ou plus tard (Phéniciens, Juifs, immigration au sein de l'Empire romain).

    L'haplogroupe A1a* (M31) a été trouvé dans l'est de l'Angleterre, en Norvège et en Finlande. Cette sous-clade se trouve normalement le long de la côte ouest de l'Afrique (Guinée-Bissau, Cap-Vert, Mali, Maroc) et pourrait être arrivée en Europe pendant le Paléolithique. En effet un faible pourcentage de mélange subsaharien a été trouvé parmi des échantillons d'ADN antique de Scandinavie mésolithique testés par Skoglund et coll. (2012).

    Haplogroupes de l'ADN mitochondrial

    Développement chronologique des haplogroupes ADN mt

    Les haplogroupes mitochondriaux rencontrés en Europe descendent tous de l'haplogroupe N, qui representerait une des deux vagues initiales de migrations d'Homo Sapiens hors d'Afrique, il y a 60.000 à 80.000 ans. De nos jours, l'haplogroupe N n'est présent qu'à de très faible pourcentage à travers l'Eurasie.

    Malheureusement, la taille très réduite de l'ADN mitochondrial (approximativement 16.500 paires de base, comparé à 60 million pour l' Y-ADN) ne permet pas de retracer ses origines de manière aussi précise que pour la lignée paternelle. Les haplogroupes mitochondriaux de base (sans sous-groupe) sont tous apparus lors de l'époque glaciaire, une période durant laquelle les êtres humains étaient des chasseurs-cueilleurs nomades, bien avant la création des premières villes et civilisations. Par conséquent, les haplogroupes mitochondriaux sont seulement liés à des groupes ethniques au niveau continental. Ceux associés aux Européens sont H, I, J, K, T, U, V, W and X (à l'exception de la branche X2a qui se retrouvent chez les amérindiens). L'analyse plus profonde des sous-groupes permet d'associer des haplogroupes à des régions plus spécifiques, mais ne correspondant pas nécessairement avec les groupes ethniques historiques ou linguistiques. Une des raisons principales pour ceci est que dans l'histoire de l'humanité les femmes, par qui l'ADN mitochonrial est transmis, ont très souvent eu tendance à se marrier plus en dehors de leur groupe ethnique que les hommes (par exemple lors d'alliances entre clans, tribus ou royaumes). Une autre raison est que dans les temps anciens, lors de guerres de conquète, les hommes du parti vaincu étaient tués et les femmes assimilées à la tribu des vainqueurs.



    Chronological development of mtDNA haplogroups

    Veuillez prendre en compte que l'âge des haplogroupes mitochondriaux est beaucoup plus difficile à estimer que les haplogroupes Y, en raison de la courte séquence de l'ADN mitochondrial et du faible nombre de mutations disponibles. La marge d'erreur pour les dates ci-dessous est généralement de +- 5000 ans, mais pourrait même être plus important pour les haplogroupes très vieux.

    • N => 75.000 ans (apparu au nord-est de l'Afrique)
    • R => 70.000 ans (au sud-ouest de l'Asie)
    • U => 50.000 à 60.000 ans (nord-est de l'Afrique ou Moyen Orient)
    • pre-JT => 55.000 ans (au Moyen Orient)
    • JT => 50.000 ans (au Moyen Orient)
    • U5 => 50.000 ans (en Asie occidentale)
    • U6 => 50.000 ans (en Afrique du Nord)
    • U8 => 50.000 ans (en Asie occidentale)
    • pre-HV => 50.000 ans (au Proche Orient)
    • J => 45.000 ans (au Proche Orient ou au Caucase)
    • HV => 40.000 ans (au Proche Orient)
    • H => 35.000 ans (au Proche Orient ou au sud de l'Europe)
    • X => plus de 30.000 ans (dans le nord-est de l'Europe)
    • U5a1 => 30.000 ans (en Europe)
    • I => 30.000 ans (près du Caucase ou nord-est de l'Europe)
    • J1a => 27.000 ans (au Proche Orient)
    • W => 25.000 ans (au nord-est de l'Europe ou au nord-ouest de l'Asie)
    • U4 => 25.000 ans (en Asie centrale)
    • J1b => 23.000 ans (au Proche Orient)
    • T => 17.000 ans (en Mésopotamie)
    • K => 16.000 ans (au Proche Orient)
    • V => 15.000 ans (apparu en Iberie et a migré dans le nord de la Scandinavie)
    • H1b => 13.000 ans (en Europe)
    • K1 => 12.000 ans (au Proche Orient)
    • H3 => 10.000 ans (en Europe occidentale)

    European mtDNA haplogroup chart

    L'ADN mitochondrial préhistorique des Européens

    Les tests d'ADN préhistorique ont permis de déterminer depuis combien de temps chaque haplogroupe est présent en Europe. Seuls quelques tests de ce type ont été effectués jusqu'à présent. L'ADN mitochondrial a été extrait d'un squelette d'un homme de Cro-Magnon d'il y a 28.000 ans trouvé dans le sud de l'Italie, et son haplogroupe a été déterminé être HV ou pré-HV. Toujours précédant l'expansion du Néolithique au Moyen-Orient, l'homme de Cheddar, âgé de 9.000 ans, a été identifié comme appartenant à l'haplogroupe U5a. (=> Autres exemples d'haplogroupes mitochondriaux préhistoriques).

    Les autochtones européens (Cro-Magnoides) doivent donc avoir appartenu au moins à haplogroupes HV (et sa progéniture H et V) ainsi que U5a, qui se trouvent aussi d'être les haplogroupes mitochndriaux les plus courants partout en Europe. Il a été supposé que plus de la moitié des lignées matrilinéaires d'Europe descendent directement des Européens paléolithiques. Leurs homologues masculins correspondent à l'haplogroupe I du chromosome Y.

    Les haplogroupes ADNmt européens et leurs sous-clades

    Haplogroupes H & V (mtDNA)

    L'haplogroupe H est de loin le plus répandu dans toute l'Europe, s'élèvant à environ 40% de la population européenne. On le trouve également (mais à des plus faibles pourcentages) en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, Asie centrale, Asie du Nord, ainsi que le long de la côte Est de l'Afrique jusqu'à Madagascar.

    Les sous-groupes H1, H3 et V sont les descendants de HV le plus couramment rencontrés en Europe occidentale. H1 atteint sa fréquence maximale en Norvège (30% de la population) et en Iberie (18 à 25%), et son pourcentage est aussi élevé chez les Sardes, les Finlandais et les Estoniens (16%), ainsi qu'en Europe occidentale et centrale en général (10 à 12%) et chez les Maghrébins (10 à 20%). H3 se retrouve principalement au Portugal (12%), en Sardaigne (11%), en Galice (10%), au pays Basque (10%), en Irlande (6%), en Norvège (6%), en Hongrie (6%) et dans le sud-ouest de la France (5%). L'haplogroupe V atteint sa plus haute incidence dans le nord de la Scandinavie (40% des Samis/Lappons), le nord de l'Espagne, les Pays-Bas (8%), la Sardaigne, les îles de la Croatie et le Maghreb. Il est probable que H1, H3 et V, ainsi que l'haplogroupe U5, furent les haplogroupes principaux des chasseurs-cueilleurs d'Europe occidentale vivant dans le refuge franco-cantabrique au cours de la dernière glaciation, et aient repeuplé l'Europe centrale et Europe du nord à partir d'il y a 15.000 ans d'ici.

    L'haplogroupe H13 est le plus courant en Sardaigne et dans le Caucase. Sa distribution géographique n'est pas sans rappeler celle de l'haplogroupe G2a (Y-ADN). Il en est de même pour H2 dans une moindre mesure. Cela laisse supposer une origine caucasienne ou anatolienne.

    H5 et H7 sont également fréquents dans le Caucase, mais leur incidence plus faible autour de la Méditerranée, et une fréquence plus élevée de l'Anatolie jusqu'aux Alpes via le Danube laissent entrevoir un lien possible avec la propagation de l'agriculture (G2a, etc.) ou des Indo-Européens (R1b-L23).

    Article principal : Haplogroupe H (ADNmt)

    Haplogroupes U & K (mtDNA)

    L'haplogroupe U est extrêmement ancien. Il est apparu il y a 60.000 ans à la limite du Nord-Est de l'Afrique et du Moyen-Orient, peu après que les premiers Homo Sapiens se soient aventurés hors de l'Afrique. C'est pourquoi chacun de ses sous-groupes principaux (U1, U2, U3, ...) peut être considéré comme un haplogroupe de plein droit. Les principaux haplogroupes européens sont U3, U4, U5 et U8 / K. U1 est surtout présent au Moyen-Orient, U6 en Afrique du Nord, U7 du Proche-Orient à l'Inde, et les rares U9 se retrouvent entre l'Éthiopie, la péninsule arabe et le Pakistan.

    De nos jours, le plus grand nombre de personnes appartennat à l'haplogroupe U2 habitent dans le sous-continent indien. Cependant son origine est très probablement indo-européenne. U2 est aussi présent à a de faible fréquences dans toute la Steppe pontique et a été identifié comme l'haplogroupe d'un homme de Cro-Magnon d'il y a 30.000 ans originaire de la vallée du Don en Russie. U2 pourrait donc avoir été l'haplogroupe dominant des fourrageurs de la steppe boisée du nord, qui devint plus tard la patrie des Proto-Indo-Iraniens (voir R1a ci-dessus) qui se déplacèrent massivement vers l'Asie centrale et du sud. La présence considérable de U2 en Scandinavie confirme cette hypothèse. En effet, le R1a scandinave serait arrivée au temps de la culture de la céramique cordée, dont l'origine étaient la même steppe boisée du nord de la Russie. Ceci explique également le peu de différences entre les types de R1a en Scandinavie, Russie, Asie centrale et en Inde.

    Article principal : Haplogroupe U2 (ADNmt)

    L'haplogroupe U3 est centré autour de la mer Noire, avec une concentration particulièrement forte dans la partie nord-orientale. Elle pourrait être liée à la population originelle des premières personne parlant le proto-indo-européen, donc probablement plus à R1b que R1a.

    L'haplogroupe U4 se rencontre le plus fréquemment en Europe de l'Est, en Asie centrale, au nord de l'Asie du Sud (autour du Tadjikistan pour U4), qui suggère également une affiliation avec les Indo-Européens (corrélée à l'haplogroupe R1a). La même chose est vraie des haplogroupes I, W, T2 et U2 dans une moindre mesure.

    Article principal : Haplogroupe U4 (ADNmt)

    L'haplogroupe U5 est la variante de U la plus courante en Europe occidentale et Europe du Nord. Les tests ADN sur des squelettes anciens ont montré que U5 était l'haplogroupe mitochondrial principal des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique et du Mésolithique dans le Nord de l'Europe. D'autres tests d'ossements préhistoriques et antiques effectués en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Scandinavie montrent que la fréquence des U5 a progressivement diminué au fil du temps par à l'époque néolithique, puis à l'âge du bronze, l'âge du fer et enfin au Moyen Age. Aujourd'hui, il demeure très fréquent dans l'extrême nord de l'Europe, où la population mésolithique a été moins touchée par les migrations ultérieures. Par exemple, 30 à 50% de la population saami du nord de la Scandinavie appartiennent à haplogroupe U5b (et environ 40% à haplogroupe V, qui est également d'origine européenne pré-néolithique).

    Article principal : Haplogroupe U5 (ADNmt)

    L'haplogroupe K est le principal sous-groupe de U8. On le trouve dans toute l'Europe et l'Asie occidentale, aussi loin que l'Inde. Sa concentration est plus élevée dans le Nord-Ouest de l'Europe, l'Europe centrale, l'Anatolie et au sude de la péninsule arabe. On croit qu'il est apparu quelque part entre l'Egypte et l'Anatolie, il y a environ 16.000 ans (les estimations varient de 22.000 ans jusqu'à 10.000 ans avant notre époque). L'haplogroup K possède le plus grand nombre de sous-groupes de tous les haplogroupes en dépit de son âge assez récent. K1a est la branche la plus expansive. Sa présence relativement importante au Proche-Orient donnent à penser qu'il est antérieur à la migration du Néolithique à l'Europe. La plupart des K1a4, K1a10, K1b, K1c et K2 sont typiquement d'origine européenne. K1a4 est également courant en Anatolie et en Grèce, et aurait effectivement pu se propager en Europe au cours de la période néolithique, en même temps que les haplogroupes J et T (et l'Y-ADN E1b1b, J2 et T). Les Indo-Européens d'Anatolie pourraient aussi avoir contribué à la diffusion de K. K1a1b1a et K1a9 se trouvent principalement parmi les juifs ashkénazes.

    Article principal : Haplogroupe K (ADNmt)

    Haplogroupes J & T (mtDNA)

    L'haplogroupe J tire ses origines du Moyen-Orient il y 45.000 ans, ce qui en fait l'un des plus vieux haplogroupes mitochondriaux en Europe et au Moyen-Orient. Il est généralement associé à la propagation de l'agriculture. L'haplogroupe J étant si fréquents en Asie centrale et autour de la Caspienne et la mer Noire, il est susceptible d'avoir aussi une connexion avec les Indo-Européens, en particulier la migration de Y-DNA haplogroupe R1b (voir histoire R1b ci-dessus). J1 est commun dans tout le Moyen-Orient, jusqu'en Asie centrale et autour de l'Ukraine. Dans le reste de l'Europe, il est principalement concentrée dans les pays germaniques (copiant la distribution de l'haplogroupe paternel I1). J2 est beaucoup plus rare que J1. J2a se trouve de façon homogène dans la plupart de l'Europe. J2b est plus fréquente autour de l'Anatolie et dans le Sud-Est de l'Europe.

    Article principal : Haplogroupe J (ADNmt)

    L'haplogroupe T pourrait avoir son origine au Moyen-Orient ou du Nord-Est de l'Afrique il ya au moins 12.000 ans. On le trouve dans toute l'Europe, et de la moitié nord de l'Afrique à l'Asie centrale et la Sibérie, avec des enclaves en Inde et au Nord-Ouest de la Chine (Xinjiang). La plus forte concentration de T1 a été observée dans le Nord-Afrique de l'Est, l'Anatolie et de la Bulgarie, ce qui suggère une diffusion du Néolithique de l'Egypte aux Balkans. T2, le sous-groupe le plus courant en Europe, est particulièrement fréquent dans le Nord-Est de l'Europe et autour de la mer Egée. La répartition globale laisse penser que l'haplogroupe se serrait propager lors des migrations néolithiques, du Nord-Est de l'Afrique vers l'Europe de l'Est, puis se serait dispersé suivant le chemin de migration des Indo-Européens (en particulier de l'haplogroupe R1a) en Europe et en Asie du Sud.

    Article principal : Haplogroupe T (ADNmt)

    Haplogroupe W (mtDNA)

    Présent à faible desnité dans la plupart de l'Europe, en Anatolie, autour de la mer Caspienne et de la frontière indo-pakistanaise au Xinjiang, haplogroupe W est l'un des meilleurs marqueurs de descendance indo-européenne (équivalent maternel de R1a et R1b). Sa fréquence est plus élevée en Ukraine, en Russie européenne, dans les pays baltes et en Finlande (3 à 5% au total), ainsi que dans le nord du Pakistan (15%), au Pendjab (9%) et au Gujarat (12%). En Inde, il est nettement plus courant parmi les castes supérieures et dans les régions où sont parlées les langues indo-européennes.

    Article principal : Haplogroupe W (ADNmt)

    Haplogroupe I (mtDNA)

    L'haplogroupe I a une répartition similaire à celle de l'haplogroupe W, de l'Europe vers le Pakistan et le nord-ouest de l'Inde, avec une présence caractéristique dans la steppe pontique, autour du Caucase et de la mer Caspienne. Son origine se trouve très probablement chez les Proto-Indo-Européens (miroir de R1a et R1b). L'haplogroupe I est presque absent dans les régions d'Europe les plus éloignés des steppes ponto-caspiennes (par exemple en Iberie, dans le Sud-Ouest de la France, et en l'Irlande) et le plus fréquent en Norvège, au sud de la Finlande, en Ukraine, en Grèce et en Anatolie occidentale.

    Haplogroupe X (mtDNA)

    L'haplogroupe X est un très ancien et sa répartition fort dispersée au travers de l'Eurasie, l'Afrique du Nord ainsi que chez les Amérindiens du Nord. Sa fréquence dépasse rarement 5% de la population dans n'importe quel groupe ethnique, et est plus souvent limitée à 1 ou 2%. X1 se trouve presque exclusivement en Afrique du Nord, tandis que X2b est la seule lignée chez les Amérindiens. X2a x2c, X2d et X2e sont présents en Europe, en Sibérie et en Asie centrale. Il est donc fort possible que ces derniers soient d'origine indo-européenne (R1b1b).

    La forte présence de X2 autour du Caucase, et son effacement progressif vers le Proche-Orient et la Méditerranée, laisse présumer qu'il pourrait être lié à la propagation de l'haplogroupe paternel G2a. R1b1b et G2a ayant tout deux des origines autour du Caucase, il est normal que X2 se retrouvent aux côtés de ces deux haplogroupes paternels.

    ADNmt finno-ouralienne

    Les Finno-ouraliens possède un mélange d'ADNmt généralement semblable à celle des autres Européens, mais avec un pourcentage plus élevé de W et U5b, ainsi qu'un faible pourcentage d'haplogroupes sibériens tels que N ou A. Une caractéritique des Samis est leur pourcentage élevé d'haplogroupes U5b1 et V.

    ADNmt berbère

    Les Berbères sont les autochtones du nord-ouest de l'Afrique. Bien que leur Y-ADN est presque parfaitement homogène, appartenant à l'haplogroupe E-M81, les lignées maternelles berbères montrent une diversité beaucoup plus grande, ainsi que de fortes disparités régionales. Au moins la moitié (et jusqu'à 90% dans certaines régions) des Berbères appartiennent à des lignées eurasiennes, telles que H, HV, R0, J, T, U, K, N1, N2, et X2, principalement originaires d'Iberie (H1 et H3) et pour le reste du Moyen-Orient ou du Proche-Orient. 5 à 45% des Berbères sont de lignées maternelles subsahariennes (L0, L1, L2, L3, L4, L5). Il y a seulement trois lignées indigènes nord-africainnes, U6, X1 et M1, qui représente de 0 à 35% de la population selon la région.

    L'haplogroupe U6 est également présent sur la péninsule ibérique, sur la côte atlantique de la France, aux îles Canaries et jusqu'au Sénégal à l'Ouest, et de la Syrie au Kenya via l'Éthiopie à l'Est. On le trouve aussi à faible densité en Europe, mais généralement limitée au Sud-Ouest. Environ 10% de tous les Nord-Africains appartiennent à cette lignée.

    ADNmt tsigane

    Les Tsiganes (aussi connus sous le nom de Roms, Romanichels ou Gitans) sont originaires du sous-continent indien et se sont mélangés avec la population locale au Moyen-Orient et en Europe de l'Est au cours des siècles. Environ la moitié de la population tsigane appartiennent à haplogroupe M, et plus particulièrement M5 (reflétée par la lignée paternelle H1a-M82), qui est autrement exclusif à l'Asie du Sud. Les autres haplogroupes parmi la communauté tsigane sont pour la plupart semblables à ceux d'Europe de l'Est, du Caucase, du Moyen-Orient et d'Asie centrale. On retrouve notamment H (H1, H2, H5, H9, H11, H20, among others), J (J1b, J1d, J2b), T, U3, U5b, I, W et X (X1b1, X2a1, X2f) (sources). Les haplogroupes paternels reflètent la même diversité (45% de H1a, suivit de I1, I2a, J2a4b, E1b1b, R1b1b, R1a1a).




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