Eupedia

Directory Forum Gallery Facts & Trivia Genetics History Linguistics Friends Finder
Europe Guide Belgium England France Germany Italy Netherlands Scotland Wales
Bookmark and Share
Site NavigationEupedia Top > Guide d'Europe > Significations des haplogroupes européens

Autres pages sur l'ADN en Europe :
Arbre généalogique des haplogroupes Cartes des migrations du Néolitique Répartition de l'ADN mt Répartition de l'Y-ADN

Origine, répartition, âge et relation ethnique des haplogroupes européens et leur sous-groupes

Dernière mise à jour avril 2009
Ce site utilise la désignation neutre d'Ère commune (CE ou BCE) pour les dates.

Index
Introduction
Haplogroupes Y-ADN
  • Ligne du temps chronologique
  • Haplogroupe P
  • Haplogroupe L
  • Haplogroupe H
  • Haplogroupe A

  • Haplogroupes ADN mt
  • Haplogroupes mitochondriaux européens et leurs sous-groupes
  • Références
    Liens utiles
    Suivi

    Introduction

    Des études sur l'ADN ont permis de catégoriser tous les êtres humains sur Terre en une série de groupes généalogiques descendants d'un ancêtre commun à un moment de la préhistoire. On appele ces catégories des haplogroupes. Il y a deux sortes d'haplogroupes : les haplogroupes définissant le chromosome Y (Y-ADN) hérité de père en fils, et ceux de l'ADN mitochondrial (ADN mt), toujours hérité par la mère. Le premier renseigne donc sur les ancêtres de la lignée agnatique (ou patrilinéaire), et la seconde sur la lignée cognatique (or matrilinéaire).

    Les haplogroupes Y-ADN sont également utiles pour déterminer si deux individus apparament non apparentés mais portant le même nom de famille descendent bel et bien d'un même ancêtre dans un passé pas trop lointain (3 à 20 generations). Pour le savoir, on compare les haplotypes des marqueurs STR. Les tests de SNP quand à eux permettent de retracer ses origines ancestrales beaucoup plus lointaines, et d'identifier le groupe ethnique antique auquel nos ancêtres appartenaient (par exemple celtique, germanique, slave, greco-romain, basque, iberien, phoenicien, juif, etc.).

    En Europe, les haplogroupes ADN mt sont répartis de manière relativement homogène sur le continent, et par conséquent ne peuvent pas être associés avec un groupe ethnique de l'Antiquité. Cepedant, ils peuvent parfois révéler certains problèmes de santé potentielles (voir maladies associées avec des mutations de l'ADN mitonchondrial). Certains sous-groupes ADN mt sont associés avec une ascendance d'origine juive. C'est notamment le cas des sous-groupes K1a1b1a, K1a9,d K2a2a et N1b.

    Le saviez-vous ?

  • Les nucleotides sont l'alphabet de l'ADN. Il y en a quatre : l'adenine (A), la thymine (T), la guanine (G) et la cytosine (C). Elles vont toujours par paires, A avec T, et G avec C. Ces paires sont appelées "paires de base".
  • Les 46 chromosomes de l'ADN humain sont composés de 3 milliards de paires de base au total.
  • Le chromosome Y possède 60 millions de paires de base, contre 153 millions pour le chromosome X.
  • L'ADN mitochondrial se trouve en dehors du noyau de la cellule, et par conséquent hors des chromosomes. Elle est constituée de seulement 16,569 paires de base.
  • Un SNP (single nucleotide polymorphism) est une mutation d'une seule paire de base. A l'heure actuelle, seuls quelques centaines de SNP's definissent tous les haplogroupes humains pour l'ADN mt ou l'Y-ADN.
  • Haplogroupes du chomosome Y

    Développement chronologique des haplogroupes Y-ADN

    Développement chronologique des haplogroupes Y-ADN européen

    • K => il y a 40.000 ans (est probablement apparu en Iran du nord)
    • T => il y a 30.000 ans (autour de la Mer Rouge)
    • J => 30.000 ans (au Moyen Orient)
    • R => 28.000 ans (en Asie centrale)
    • E1b1b => 26.000 ans (en Afrique du Sud)
    • I => 25.000 ans (dans les Balkans)
    • R1a => 21.000 ans (dans le sud de l'Asie centrale)
    • R1b => 20.000 ans (dans le nord-ouest de l'Asie)
    • E-M78 => 18.000 ans (dans le nord-est de l'Afrique)
    • G => 17.000 ans (entre le Caucase et l'Inde)
    • I2 => 17.000 ans (dans les Balkans)
    • J2 => 15.000 ans (dans le nord de la Mesopotamie)
    • I2b => 13.000 ans (en Europe centrale)
    • R1a1 => 12.000 ans (au nord de la Mer noire)
    • N1c1 => 12.000 ans (en Siberie)
    • I2a => 11.000 ans (dans les Balkans)
    • R1b1b2 => 10.000 ans (dans les steppes eurasiennes)
    • J1 => 10.000 ans (dans la peninsule arabe)
    • E-V13 => 10.000 ans (dans les Balkans)
    • I2b1 => 9.000 ans (en Allemagne)
    • I2a1 => 8.000 ans (in Sardaigne)
    • I2a2 => 7.500 ans (dans les Alpes dinariques)
    • E-M81 => 5.500 ans (au Maghreb)
    • I1 => 5.000 ans (en Scandinavie)
    • R1b-L21 => 4.000 ans (dans le sud de l'Allemagne)
    • R1b-S28 => 3.500 ans (dans le sud de l'Allemagne)
    • R1b-S21 => 3.000 ans (en Frise)
    • I2b1a => il y a moins de 3.000 ans (en Grande-Bretagne)

    Carte des cultures néolithiques d'Europe il y a environ 4.500 à 5.000 ans

    Carte hypothétique de la répartition des haplogroupes Y-ADN en Europe il y a environ 2000 ans

    Cette carte a été réalisée en calculant d'abord les densités régionales actuelles et en soustrayant les haplogroupes résultants des migrations des 2.000 dernieres années. Uniquement les haplogroupes principaux/dominants sont representés pour chaque région. Les haplogroupes E and R1b englobent plusieurs sous-groupes si le sous-groupe n'est pas spécifié.

    Grands caractères = plus de 25% de la population
    Petits caractères= entre 10 et 25% de la population

    Carte hypothétique de la répartition des haplogroupes Y-ADN en Europe il y a environ 2000 ans

    Haplogroupes européens

    Haplogroupe R1b

    R1b (voir carte) est de loin l'haplogroupe le plus courant en Europe occidentale, atteignant plus de 90% de la population dans certaines régions du sud-ouest de la France, du nord de l'Espagne ou d'Irelande. R1b a connu une expansion phénoménale dont certaines branches ont atteint l'Asie centrale et l'Afrique sub-saharienne.

    L'haplogroupe R1* est sans doute nacquit en Asie centrale (entre la Mer Caspienne et l'Hindou Kouch), et se développa en R1b* puis R1b1* dans la partie nord du Moyen Orient pendant la période glacière. Les peuplades R1b se ont probablement migré vers le nord de l'Anatolie et de l'autre côté du Caucase lors des balbutiements du Néolithique, où le chromosome Y évolua encore pour devenir R1b1b. Une petite partie du groupe resta au Proche Orient et devint la branche R1b1a (M18), dont il reste quelques descendants parmis les Libanais et les Druzes de notre époque.Les Phéniciens (qui venaient de l'actuel Liban) ont répandu R1b1a et R1b1* dans leurs colonies, notamment en Sardaigne et dans le Maghreb.

    Les Proto-Indo-Européens appartenaient à la fois à R1a et R1b. Leur terre d'origine étaient les steppes eurasiennes, et ce que les archeologues appelent la culture kourgane (7000-3000 BCE). La presence actuelle de R1b en Ciscaucasie, entre la Mer Noire et la Mer Caspienne indique la culture de Maykop (3500-2500 BCE) comme etant leur terre natale la plus vraisemblable, tandis que les steppes eurasiennes au nord étaient (et sont toujours) le territoire de R1a.

    Une section des peuplades R1b1b traversa ou contourna la Mer Caspienne et migra vers l'est jusqu'au basin du Tarim (nord-ouest de la Chine actuelle) où ils devinrent les Tokhariens, ou la branche R1b1b1 (M73). Cette migration pourrait avoir eu lieu avant ou après que R1b ne s'installe au nord du Caucase (il est impossible de le déterminer, mais ça ne change pas grand chose puisqu'ils restèrent isolés). 20% des Ouïghours modernes (vivant principalement dans le Xinjiang) appartiennent à cette branche de R1b.

    R1b1b2 est vraisemblablement apparu lors de la culture de Maykop. C'était une culture néolithique avancée de fermiers et de pasteurs, et une des premières à développer la métallurgie, et par conséquent les armes en bronze. Coincés entre deux mers et le Caucase, le peuple de Maykop faisait probablement du commerce intensif autour de la Mer Noire, notamment avec les autres peuples R1b du nord de l'Anatolie (ceux qui n'ont pas traversé le Caucase et pourraient être les ancêtres des Hittites).

    Les chevaux furent domestiqués pour la première fois dans la culture voisine de Yamna (en Ukraine actuelle) approximativement 3500 ans avant notre ère, et les chars furent inventés dans le nord-est des steppes pontiques 1500 ans plus tard. La cavalerie et les chars jouèrent un role essentiel dans les migrations indo-européennes qui ont suivi, permettant à leur détenteur de se déplacer rapidemment sur de longues distances et de vaincre aisément presque n'importe quel ennemi sur leur chemin. Combiné avec des armes de bronze technologiquement avancées et une culture maritime, les peuples R1b sont d'excellents candidats pour être les (ou du moins "un des") mysterieux Peuples de la mer, qui ont déferlé et causé le chaos sur toute l'est de la Méditerranée lors du deuxième millénnaire avant notre ère.

    La branche européenne

    Les armes de bronze et les chevaux des Indo-Européens leur ont procuré un avantage collosal sur les populations autochthones d'Europe, c'est-a-dire l'haplogroupe I indigène (descendant de Cro-Magnon), et les premiers fermiers et pasteurs néolithiques (G2a, E-V13 et J2b). Cela permit à R1a et R1b de remplacer facilement une grande partie des lignages paternels de l'époque (vraisembablement en tuant les hommes à la guerre), bien que les lignages maternels ne semblent pas avoir été autant affectées.

    Une comparison avec l' invasion indo-iranienne de l'Asie du sud montre que 40% des lignages partenels du nord de l'Inde sont R1a, tandis que seulement 20% des lignages maternels pourrait être d'origine indo-européenne (H, J, K, T, U). L' impact des Indo-Européens fut plus flagrant en Europe parce que la société européenne d'il y a 4.000 ans était moins développée au niveau agriculturel et technologique (pas d'armes en bronze) et avait une densité de population plus faible que celle de la civilisation de la vallée de l'Indus. Ceci est particulièrement vrai des cultures indigènes d'Europe occidentales où l'agriculture est arrivée beaucoup plus tard que dans les Balkans ou en Europe centrale . La Grèce était la société européenne la plus avancée de l'époque et fut la moins affectée en matière de remplacement d'haplogroupes. Les haplogroupes Y-ADN natifs d'Europe (I1, I2a, I2b) ont mieux survécu dans les régions qui étaient plus difficiles à atteindre ou moins hospitalière, comme la Scandinavie, la Bretagne, la Sardaigne ou les Alpes dinariques.

    Les peuples R1a furent apparemment les premiers à pénétrer en Europe, avec la période de la céramique cordée (3200-1800 BCE) qui s'établit comme une expansion naturelle de la culture de Yamna vers l'ouest. Ils avancèrent jusque l'Allemagne et la Scandinavie. Des analyses d'ADN provenant d'un site de la culture de la céramique cordée à Eulau confirment la présence de R1a (mais pas det R1b) dans le centre de l'Allemagne vers 2600 BCE.

    R1b1b2 serait arrivée en Europe centrale il y a 4.300 ans d'ici, remontant le Danube à partir des côtes de la Mer Noire. Cela correspond au vide archéologique sur l'ancien territoire de Maykop, ce qui laisse penser que la migration doit avoir été massive, peut-être à cause de pressions d'autres peuples indo-européens au nord (R1a). Il pourrait y avoir eu plusieurs vagues successives de la Mer Noire vers le Danube, mais la plus importante a dû avoir lieu entre 2500 BCE (fin de la culture Maykop) et 2300 BCE (début de la culture d'Unetice).

    Il est peu probable que la culture campaniforme (2800-1900 BCE) eut été indo-européenne (bien que influencée par la culture de la céramique cordée), mais il est désormais établi que les cultures plus récentes d'Unetice, du Bronze moyen, des champs d'urnes et de Hallstatt sont liées à l'expansion de R1b.

    Ce peuple R1b proto-italo-celto-germanique s'installa au nord des Alpes vers 2300 BCE, et d'après la propagation des cultures de l'Age du Bronze, atteint la péninsule ibérique vers 2250 BCE, la Grande-Bretagne vers 2100 BCE et l'Irelande vers 2000 BCE. C'est vraisembablement à cette époque que le sous-groupe R1b-L21 arriva dans les îles britanniques, en provenance du sud de l'Allemagne. Une deuxième expansion de R1b eu lieu à partir de la civilisation des champs d'urnes/Hallstatt vers 1200 BCE, s'enfonçant jusque la côte atlantique à l'ouest, la Scandinavie au nord, et aussi loin que la Grèce et l'Anatolie au sud-est (=> voir invasion dorienne ci-dessous).

    Les nouvelles cultures de l'Age du Bronze prospéraient autour des Alpes (de Unetice à la première phase de Hallstatt) grâce à l'abondance de minerai dans la région, et établirent ainsi les fondations de la culture celtique classique. L'Age du Fer celtique (Halstatt tardif, à partir de 800 BCE) a peut-être été introduit par une nouvelle vague d'immigrants de la nouvelle culture Koban (1100-400 BCE) qui se développa sur la rive est de la Mer Noire, la terre ancestrale des R1b.

    Les Celtes alpins de Hallstatt sont associés avec la mutation S28 (aussi connu sous le nom de U152), quoique pas exclusivement. La branche italique (également S28/U152) est sans doute entrée en Italie vers 1200 BCE, mais il y a sûrement eu plusieurs migrations successives, comme en atteste l'arrivée plus tardive des Celtes cisalpins. Les anciens Belges appartenaient à une autre branche de S28/U152, une extension de la culture de La Tène vers le nord, se propageant le longs des vallées du Rhin, de la Moselle et de la Meuse.

    R1b-S21 (aussi connu sous le nom de U106) atteint une concentration maximale au Pays-Bas et au nord-ouest de l'Allemagne. Sa présence dans d'autres parties d'Europe peut être attribuée aux invasions germaniques des 5ème et 6ème siècles. Les Frisons et les Saxons propagèrent cet haplogroupe aux îles britanniques, les Francs en Belgique et en France, et les Lombards en Autriche et dans le nord de l'Italie. La forte densité de S21/U106 autour de l'Autriche indique que R1b-S21 pourrait être apparu dans cette région pendant la période de Hallstatt, ou bien nacquit autour de la Mer Noire et s'installa là-bas à l'époque de Hallstatt.

    La branche greco-anatolienne

    Les Hittites (2000-1200 BCE) furent les premiers Indo-Européens à défier (et vaincre) les puissants empires mésopotamien et égyptien. La classe dirigeante hittite était plausiblement originaire de la culture de Maykop. Une armée serait entrée au nord de l'Anatolie via les routes maritimes et aurait conquis le royaume des Hattiens, un peuple qui pourrait déjà avoir compté un certain nombre de R1b datant de l'ancienne branche anatolienne (du début du Néolitique), probablement mélangés avec les autres peuples E-M78, G2a et J2 d'Anatolie.

    D'autres migrations (maritimes) d'envahisseurs R1b1b2 de la région pontique-caspienne se seraient aussi installés en Anatolie quelques siècles plus tard, où ils devirent les Louvites, Lyciens, et Lydiens (1450 BCE). Troie était très certainement une colonie destinée à protéger les routes commerciales des Peuples de la mer entre la Mer Noire et la Mer Égée. Les Troyens parlaient le louvite et étaient apparentés aux Hittites. De plus, des liens culturels évidents ont été constaté par les archéologues avec les cultures des steppes pontiques. La première ville de Troy date de 3000 BCE, en plein milieu de la période de Maykop, et juste au moment où les premières gallères font leur apparition.

    La culture de Maykop fut suivi par celle de Srubna (1600-1200 BCE), puis la culture Colchienne (1200-600 BCE), qui s'etendait jusqu'a la partie occidentale du Caucase. Une autre expansion au sud du Caucase correspond aux premieres mentions historiques de la branche proto-armenienne des langues indo-europeenne (vers 1200 BCE).

    La présence de R1b en Grèce peut être attribuée à l'invasion dorienne (1200 BCE), qui correspond à l'expansion de la civilisation des champs d'urnes à travers l'Europe et l'Anatolie, et la destruction des civilisations du Proche Orient par les Peuples de la mer. Le R1b grec (Italie méridionale comprise) est composé plus ou moins à part égale de la variété (proto-)celtique (S116/P312) et la variété orientale d'Anatolie (connue sous le nom d'haplotype 35, ou ht35). Si les Doriens étaient ht35, ils pourraient être les descendants des Troyens (cherchant à se venger pour la destruction de leur ville, quelques décénnies plus tôt), ou des Hittites (ou une combinaison des deux). S'ils étaient S116/P312, cela voudrait dire qu'ils étaient des Proto-Celts de Hallstatt. Bien entendu, il est tout à fait possible que les Troyens aient été demandé l'aide de leurs "cousins" de Hallstatt pour combattre les Mycéniens, résultant dans une invasion hybride de R1b S116/P312 et ht35. L'élément S116/P312 pourrait également être d'origine italique, en tenant compte des 400 ans d'occupation romaine de la Grèce.

    Les Cimmériens furent le dernier peuple dont on mentionne l'exode de leurs terres ancestrales de Ciscaucasie et du Pontique vers 800 BCE. Il traversèrent l'Anatolie puis partirent pour l'Europe. Après cela, les Athéniens de la Grèce classique (510-323 BCE) prirent la peine de réétablir les connections avec les ports de la Mer Noire, comme s'ils voulaient affirmer leurs nouveaux liens généalogiques avec la terre ancestrale des Doriens et des Troyens (ou simplement parce qu'ils étaient maintenant en mesure de le faire, pour la première fois dans leur histoire, comme le plus gros de la civilisation R1b avait émigré).

    Migrations rétrogrades

    La première migration rétrograde de R1b fut d'Asie vers l'Afrique et eu lieu il y a environ 15.000 ans, avec un groupe de peuplades R1b1* passant par l'Egypte et le Soudan se propagea dans différentes directions à l'interieur de l'Afrique vers le Rwanda, Afrique du Sud, la Namibie, l'Angola, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Nigeria, la Côte d'Ivoire, ou encore le Guinea-Bissau. C'est au Cameroin que la concentration de R1b1* est la plus elevee, jusqu'a 95% dans certaines tribus du nord du pays (comme les Kirdi), et environ 15% de la moyenne nationale. C'est probablement là que les premiers arrivants R1b se sont installés, pour migrer ensuite par vagues consécutives vers le sud et l'est le long des côtes.

    D'autres migrations rétrogrades ont eu lieu de l'Europe vers le Proche Orient et l'Asie centrale pendant l'Antiquité et le Moyen Age. On a identifié des lignées R1b-S28 (d'origine alpine) en Romanie, en Turquie et à la frontière du Kazakhstan et du Kyrgyzstan. Certaines de ses lignées sont surement dûes aux Celtes alpins (cultures de Hallstatt/La Tène), qui ont recolonisé la vallée du Danube, et créé le royaume de Galatie en Anatolie centrale. Le reste pourrait aussi bien être romain, étant donné que R1b-S28 est la variante dominante de R1b dans la peninsule italienne. Certains ont émit l'hypothèse que des legions romaines se seraient perdues en Asie centrale ou même en Chine, laissant derrières elles leur marqueur génétique dans quelques régions isolées.

    Un faible pourcentage de R1b européen a été trouvé parmis les communautées chrétiennes du Liban. Ce sont très vraisemblablement les descendants des croisers.

    Mutation

    Sous-haplogroupe
    (ancien nom)

    Epoque d'origine
    (approximatif)
    Lieu de plus forte densité Ethnie associée
    M18
    R1b1a (R1b1a)
    11.000 ans
    Sardaigne Sardie
    M73
    R1b1b1 (R1b1b)
    9.000 ans
    Asia centrale Tocharien
    M269
    R1b1b2 (R1b1c)
    9.000 ans
    Europe occidentale Européen mésolithique
    L23/S141
    R1b1b2a
    8.000 ans
    Europe occidentale Européen néolithique
    L11/S127, P311/S128, P310/S129
    R1b1b2a1
    6.000 ans
    Europe occidentale Européen néolithique
    M405/S21/U106
    R1b1b2a1a (R1b1c9)
    3.000 ans
    Frise, Benelux, Angleterre, Autriche, nord de l'Italie Germanique occidental (Frison, Anglo-Saxon, Lombard)
    M467/S29/U198
    R1b1b2a1a1 (R1b1c9b)
    1,800 ans
    Sud de l'Angleterre + nord de l'Allemagne Germanique (Anglo-Saxon)
    P107
    R1b1b2a1a2
    1,800 ans
    Germanique
    L1/S26
    R1b1b2a1a3 (R1b1c9a)
    1,800 ans
    Sud et est de l'Angleterre, Norvège, sud de l'Allemagne, and Espagne Germanique
    L48
    R1b1b2a1a4
    Germanique
    L44 => L47
    R1b1b2a1a4a
    Germanique
    L5
    R1b1b2a1a5
    1,800 ans
    Germanique
    L6
    R1b1b2a1a6
    1,800 ans
    Germanique
    P312/S116
    R1b1b2a1b
    4.000 ans
    Europe occidental Celtique paneuropéen
    M65
    R1b1b2a1b1 (R1b1c2)
    3.000 ans
    Pays Basque Basque
    M153
    R1b1b2a1b2 (R1b1c4)
    3,350 ans
    Pays Basque et Gascogne Basque
    M167/SRY2627
    R1b1b2a1b3 (R1b1c6)
    2,850 ans
    Espagne (surtout. Catalogne), ouest de la France, Cornouailles, Pays de Galles Basque, Catalan, Gascon, Breton, Cornique
    S28/U152
    R1b1b2a1b4 (R1b1c10)
    3.000 ans
    Région Rhin & Meuse, Alpes, nord de l'Italie Souabe, Celte alpin (La Tène), Italique
    M126
    R1b1b2a1b4a (R1b1c3)
    2.000 ans
    Observé en Allemagne, Angleterre and Ireland Celtique
    M160
    R1b1b2a1b4b (R1b1c5)
    2.000 ans
    Observé en Allemagne et en Suisse Celtique alpin
    L2/S139
    R1b1b2a1b4c
    2.000 ans
    Observé en Italie, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Irelande, Norvège Celtique alpin
    L20/S144
    R1b1b2a1b4c1
    1,800 ans
    Observé en Angleterre, France and Italie Celtique alpin
    M228
    R1b1b2a1b4c1a
    Observé dans le nord de l'Italie Celtique alpin
    L3
    R1b1b2a1b4c2
    Observé en Allemagne et en Angleterre Celtique alpin
    L4
    R1b1b2a1b4d
    Observé en Lettonie et en Pologne
    S68
    R1b1b2a1b5 (R1b1c11)
    3.000 ans
    Observé en Suède et en Ecosse Germanique
    L21/S145
    R1b1b2a1b6
    4.000 ans
    Irelande, Grande-Bretagne, Allemagne (?) ?
    M37
    R1b1b2a1b6a (R1b1c1)
    3.000 ans
    Irelande, Grande-Bretagne, France, Allemagne Celtique
    M222
    R1b1b2a1b6b (R1b1c7)
    3.000 ans
    Nord-ouest de l'Irelande et ouest de l'Ecosse Ecossais, irlandais
    P66
    R1b1b2a1b6c (R1b1c8)
    2.000 ans
    ? ?
    L7
    R1b1b2a1b7
    ? ?
    L8
    R1b1b2a1b8
    ? ?
    L9, L10
    R1b1b2a1b9
    ? ?

    Haplogroupe R1a

    R1a (voir carte) est l'haplogroupe le plus repandu en Europe centrale et de l'est, surtout en Pologne (56%), en Ukraine (50%), Biélorussie (45%), en Russie (40%), en Slovaquie (40%), en Lettonie (40%), en Lithuanie (38%), et en République tchèque (34%), ce qui en fait un haplogroupe clairement balto-slavique.

    Comme R1b, R1a est associé avec l'expansion des langues indo-européennes. Les deux haplogroupes sont originaires des steppes pontiques au nord du Caucase et de la Mer Noire. L'origine des Proto-Indo-Européens réside dans la culture kourgane (7000-3000 BCE) et son heritiere, la culture Yamna (3500-2200 BCE). On pense que R1a représente les branches indo-iranienne, greco-macédonienne, thracienne et balto-slavique de la famille indo-européenne.

    La branche germanique appartenait vraisemblablement à R1b, bien que R1a soit sûrement arrivé en premier en Scandinavie, pendant la période de la céramique cordée (ou de la hache de guerre) (3200-1800 BCE). Les R1a se mélangèrent aux indigènes pré-germaniques (cro-magnoides) de l'haplogroupe I1, créant ainsi l'Âge du Bronze nordique (1800-500 BCE). R1b aurait atteint la Scandinavie pendant cette période en provenance de la culture de Hallstatt (1200-500 BCE) de la même époque. La Scandinavie moderne est composée d'environ 40% de I1, 20% de R1a, et 40% de R1b, donnant à l'ethnie et aux langues germaniques un charactère triplement hybride.

    La culture de la céramique cordée fut suivie par la cultureTrzciniec (1700-1200 BCE) et la culture Lusacienne (1300-500 BCE) dans les pays balto-slaviques modernes.

    Les migrations des Indo-Iraniens vers l'est auront pour resultat la forte concentration de R1a en Asie centrale, en Iran et dans le sous-continent indien. Le pourcentage le plus élevé de R1a (environ 65%) est observée autour du Kyrgyzstan, du Tajikistan e du nord de l'Afghanistan. En Inde, de 15 à 45% de la population est R1a, suivant la région et la caste. Plus de 70% des brahmanes (plus haute caste de l'Hindousime) appartiennent à R1a1, dû à l'absence de brassage entres les castes.

    Répartition de l'haplogroupe R1a en Eurasie

    Distribution of haplogroup R1a in Eurasia

    Haplogroupe I

    I est le plus vieil haplogroupe en Europe, et probablement le seul originaire d'Europe (à l'exception des sous-groupes récents d'autres haplogroupes). On pense que l'haplogroupe IJ dont il descend serait arrivé du Moyen Orient il y a 35.000 ans , et aurait formé l'haplogroupe I il y a approximativement 25.000 ans. Cela veut dire que les hommes de Cro-Magnon appartennait probablement (exclusivement ?) à IJ ou I. De nos jours, l'haplogroupe I représente de 10 à 45% de la population en Europe. Il est divisé en quatre sous-groupes principaux.

    Les monuments megalithiques d'Europe (5000-1200 BCE) ont été construit par les représentants de l'haplogroupe I (sans doute avec une minorité de G2a et E-V13).

    L'haplogroupe I1 (précédemment I1a, voir carte) est le sous-groupe le plus courant de I. On le trrouve principalement en Scandinavie et dans le nord de l'Allemagne, où il représente 35% de la population. Associé avec l'ethnie nordique, cet haplogroupe est présent dans toutes les régions envahies par les tribus germaniques antiques et les Vikings.

    I2a1 (précédemment I1b2, voir carte)se retrouve principalement chez les sardes et les basques, et raremement en dehors de la péninsule ibérique, de l'ouest de la France, de la côte ouest de l'Italie et de la côte Méditerranée du Maghreb. Il représente environ 40% des lignées paternelles de Sardaigne. I2a1 a un age estimé à 8.000 ans.

    I2a2 (précédemment I1b, voir carte) est un haplogroupe typique des Slaves dinarques (Croates, Serbes et Bosniaques). Sa plus forte densitée se trouve dans l'ex-Yugoslavie et la Moldavie, ainsi que dans une moindre mesure aussi en Albanie, Grèce du nord, Bulgarie, Romanie, Ukraine, Bielorussie et dans le sud-ouest de la Russie.

    I2b (anciennement appelé I1c, voir carte) est d'origine germanique, comme I1. Il culmine dans le centre et le nord de l'Allemagne (10-20%), le Benelux (10-15%) et dans le nord de la Suède. On le retrouve aussi parmis 3 à 10% des habitants du Danemark, de l'est de l'Angleterre, et du nord de la France. Il est cependant rare en Norvège. I2b pourrait être apparu il y a 5.000 ans. Son sous-groupe I2b1a (M284+) est jusqu'ici limité géographiquement à la Grande-Bretagne, où cette mutation est probablement apparu il y a environ 3.000 ans.

    Haplogroupes du Proche et Moyen Orient

    Haplogroupe J

    J est un haplogroupe originaire du Moyen Orient, divisé entre la branche J2 au nord (Mésopotamie et Anatolie) et la branche J1 au sud (péninsule arabe). J2 est de loin le plus courant des deux en Europe.

    J2 est probablement apparu dans le nord de la Mésopotamie, et s'est répandu vers l'Anatolie le sud de l'Europe, et vers l'est en Perse et en Inde. J2 est associé au ancient Etrusques, Grecs (minoens), Anatoliens méridionaux, Phéniciens, Assyriens et Babyloniens.

    J2 est arrivé en Grèce au début du Néolithique, ou peut-être même avant. J2b est vraisemblablement né en Grèce, tout comme l'haplogroupe E-V13 (voire ci-dessous) auquel il est étroitement liée. La propagation de J2b et E-V13 (ainsi qu'une minorité de T) suivent la diffusion de l'agriculture à travers les Balkans, le basin du Danube et jusqu'au nord de la France a l'ouest, et la Moldavie à l'est.

    En Europe, J2 atteint son amplitude maximale en Grèce (surtout en Crète, dans le Péloponèse et en Thrace), dans le sud et le centre de l'Italie, ainsi que dans le sud de la France et de l'Espagne. Les ancient Grecs et Phéniciens furent les moteurs de l'expansion de J2 en Méditérrannée.

    La plus forte concentration de J2a au monde est en Crète (32% de la population). Le sous-groupe J2a8 semble être natif de Crète. J2a atteint egalement des pourcentages élevés en Anatolie et le sud du Caucase. Une origine plausible est le nord de la Mésopotamie.

    Il est intéressant de constater que J2a* s'est étendu jusqu'en Inde où il est largement restreint aux castes supérieures. La caste des Brahmanes (prêtres) est composée presque exclusivement des haplogroupes R1a1, R2, et J2a (bien que R1a1 englobe deux tiers des lignées). Ces 3 haplogroupes ont une âge de coalescence correspondant à l'Age du Bronze et on pense qu'il représentent la migration indo-aryenne vers le sous-continent indien il y a environ 3.500 years ans.

    J1 est un haplogroupe typiquement sémitique, constituant la plus grosse partie de la population de la péninsule arabe. Sa plus forte densité a été constaté au Yemen (72%), qui doit être sa terre d'origine. La conquète musulmanne du Moyen Orient, de l'Afrique du nord, et dans une moindre mesure de l'Espagne et de la Sicile, propagèrent J1 bien au delà de l'Arabie, créant un nouveau monde arabe.

    Une grande partie des Juifs appartiennent à J1 et J2, bien que J2 soit plus courant. J1 est le Haplotype modal Cohanim, ce qui veut dire que la plupart (environ les trois quart) des gens s'appelant Cohen, Kohen, ou une variante du nom appartiennent à un haplotype specifique de J1 . Dans la Bible hebraique, l'ancêtre commun de tous les Cohens est identifié comme étant Aaron, le frère de Moïse.

    Répartition des haplogroups J1 et J2

    Haplogroupe E

    L'haplogroupe E1b1b (anciennement E3b, voir carte) représente la plus récente migration majeur d'Afrique vers l'Europe. On pense qu'il est apparu pour la première fois dans la Corne de l'Afrique ou en Afrique du Sud il y a approximativement 26.000 ans, et s'est dispersé à travers le Moyen Orient pendant le Paléolithique supérieur et le Mésolithique.

    Sur le continent européen, sa plus forte concentration est au nord-ouest de la Grèce, en Albanie et au Kosovo, puis décroit progressivement dans les Balkans, le reste de la Grèce et l'ouest de la Turquie. En dehors d'Europe, on le trouve aussi dans la plupart du Moyen Orient, dans le nord et l'est de l'Afrique, surtout au Maroc, en Lybie, en Egypte, au Yemen, en Somalie, en Ethiopie, et jusqu'en Afrique du Sud.

    La vaste majorité des membres européens de cet haplogroupe appartienent au sous-groupe E1b1b1a (ou E-M78, anciennement E3b1a). Il est probable que E-M78 aurait migré hors d'Afrique via l'Egypte à la fin de la période glacière pour coloniser le Levant, l'Anatolie et la Grèce. E-M78 s'est divisé en 4 branches principales : E1b1b1a1 (E-V12), E1b1b1a2 (E-V13), E1b1b1a3 (E-V22) et E1b1b1a4 (E-V65). Chacune d'entre elles est encore subdivisée en des sous-groupes "a" et "b".

    E-M78 en provenance du Proche Orient s'établit dans le nord de la Grèce il y a 8.500 ans, démarrant le Néolithique théssalien (6500-2500 BCE). E-V13 pourrait être apparu en Thessalie il y a près de 8.000 ans, avant l'expansion vers les Balkans. Les quelques millénnaires suivants, l'expansion de E-V13 est corrélatif avec la diffusion de la culture rubanée (ou à céramique linéaire) (5500-4500 BCE) des Balkans vers l'Europe centrale et l'Allemagne. En raison de cette introduction précoce en Europe, E-V13 est maintenant de loin le sous-groupe le plus courant de l'haplogroupe E dans la population européenne.

    E-V13 est également associé avec l'expansion et la colonisation grecque de l'Antiquité. En dehors des Balkans et d'Europe centrale, E-V13 est particulièrement répandu dans le sud de l'Italie, à Chypre et dans le sud de la France, faisant toutes partie monde grec classique.

    E-V22 est le sous-groupe prédominant au Levant et est par conséquent associé avec les Phéniciéns et les Juifs. E-V22 est aussi courant en Egypte, où il est sans doute apparu. Les Phéniciéns ont propagé E-V22 en Sicile, en Sardaigne, dans les du de l'Espagne, et au Maghreb, et les Juifs en Espagne et en Italie. Approximativement la moitier des espagnols et italiens appartenant à l'haplogroupe E sont V-22 (juif-phénicién), et l'autre moitier V-13 (grec).

    E-V12 est le sous-groupe de M78 le plus fréquent en Egypt. La présence d'un faible pourcentage en Grèce et en Anatolie indique qu'il existait déja vraisemblablement lorsque E s'y est établi au début du Néolithique.

    On trouve E-V65 en Afrique du nord, où il atteint un maximum en Lybie, puis au Maroc. V65 est aussi sûrement apparu en Egypte. En Europe, de faibles pourcentages on été observé en Grèce et en Sicile, mais il est intéressant de noter que V65 représente un quart de toutes les variétés de E en Sardaigne (l'haplogroupe sarde I2a1 est aussi présent le long des côtes algériennes et tunisiennes, ce qui prouve l'inter-mobilité entre les deux populations, sans doute durant l'époque phénicienne).

    E1b1b1b (E-M81, anciennement E3b1b) est charactéristique des Berbers du nord-ouest de l'Afrique. Dans certaines parties du Maroc, E1b1b1b peut culiminer jusqu'à 80% de la population. Cet sous-hapolgroupe se retrouve aussi dans la péninsule iberique, en Italie et dans le sud de la France, avec la plus forte concentration dans le sud du Portugal (12%) et diminuant en remontant vers le nord.

    Diffusion de l'haplogroupe E d'Afrique vers l'Europe à partir du pré-Néolithique jusqu'à la colonisation phénicienne (9500-800 BCE)

    Expansion of haplogroup E1b1b from Africa to Europe until 800 BCE

    Haplogroupe G

    G est d'origine caucasienne. Cet haplogroupe est surtout fréquent dans les régions montagneuses entre le Proche Orient et l'Inde (Caucase, Iran, Afghanistan, Kashmir), mais aussi en Asie centrale (Kazakhstan), en Europe et en Afrique du nord.

    La plupart des Européens appartiennent au sous-groupe G2a, et la plupart des Européens de l'ouest ou du nord plus specifiquement à G2a3b (ou dans une moindre mesure G2a3a). Presque tous les G2c européens sont des Juifs ashkenazes. La découverte de sous-groupes de G2c en Afghanistan indique qu'il pourrait être originaire de cette région. On trouve G1 principalement en Iran, mais aussi en Asie centrale (Kazakhstan). Un des personages historiques les plus célèbres appartenant à l'haplogroupe G fut Joseph Staline (G2a1), qui était d'origine géorgienne.

    Il y a plusieurs théories sur l'origine de G2a en Europe. Elles sont probablement cumulatives plutôt qu'exclusives.

    L'hypothèse néolithique

    G2a représente de 5 à 10% de la population d'Europe méditerranéenne, mais est relativement rare en Europe du nord. Les seuls endroits où l'haplogroupe G2 dépasse 10% de la population en Europe sont la Suisse, le Tyrol, le centre-sud de l'Italie (Molise, Apennines du centre et du sud), la Sardaigne, le nord de la Grèce (Théssalie) et la Crète - toutes des régions montagneuses et relativement isolées.

    Chronologiquement, la première hypothèse est l'avancée de cultivateurs néolithiques d'Anatolie vers l'Europe entre 7.000 et 4.000 ans avant notre ère. Il est probable que ces migrants du Caucase aient apporté avec eux des chèvres et des moutons, qui ont tous deux été domestiques dans le sud du Caucase il y a 12.000 ans. Ceci expliquerait pourquoi l'haplogroupe G est plus courant dans les régions montagneuses, que ce soit en Europe ou en Asia.

    L'haplogroupe G a aussi été associé à la diffusion de la metallurgie du Caucase ou d'Anatolie à des endroits tels que la Sardaigne. L'âge de G2a combiné à sa continuité géographique de l'Anatolie et la Théssalie vers la péninsule italienne, la Sardaigne, le sud et le centre de la France et l'est de l'Espagne indique clairement que G2a est lié à la culture de la Céramique cardiale (5000-1500 BCE).

    Une introduction de G en Europe à l'époque néolithique correspondrait indubitablement à G2a3, qui est de loin la branche la plus courante et la plus diversifiée en Europe.

    L'hypothèse romaine

    Il est très probable que G2a soit arrivé en Europe à l'époque néolithique et que les Romains jouèrent un role dans sa diffusion. Les migrations au sein de l'Empire romain ont sans doute contribué à une augmentation moderée de G2a vers le nord, comme en Gaule et en Grande Bretagne, En effet, la densite de G2a diminue en fonction de la distance par rapport aux frontières de l'Empire romain. L'haplogroupe G est extrèmement rare dans les pays nordiques et baltiques de nos jours, malgré que l'agriculture ait atteint ces régions à la même époque qu'en Grande Bretagne ou en Irelande.

    L'hypothèse alanique

    Le seul groupe ethnique possédant une majorité d'haplogroupe G sont les Ossètes du Caucase, vivant dans l'actuelle Républic russe d'Ossetie du Nord-Alanie. Ils se disent être les descendants des Alains, une tribu d'Asie centrale apparentée aux anciens Sarmates. Le royaume d'Alanie était situé dans le nord du Caucase, dans l'actuelle Géorgie et Ossetie.

    G2a semble être légèrement plus courant en Picardie et en Flandre que dans les régions avoisinantes. Une hypothèse est que G2a est arrivé en France et en Belgique par le biais des Alains, qui ont traversé toute l'Europe continentale pendant les invasions barbares du 5ème siècle et établi un royaume de courte durée dans le nord de la France.

    S'il y a des G d'origine alanique en Europe il doivent certainemment appartenir a une autre branche que celle de la periode néolithique (c'est-a-dire G2a3). G2a1 étant la variété la plus fréquente dans le Caucase de nos jours, la migration relativement récente (d'un point de vue génétique) des Alains pourrait correspondre à ce sous-groupe. De fait, quelques personnes ont été identifiées comme étant G2a1 dans les régions correspondant au périple des Alains (Hongrie, France, Espagne), ainsi qu'en Grande-Bretagne (origine samarte ? => voir ci-dessous), mais quasiment nulle part ailleurs.

    L'hypothèse scythe

    Les Romains etaient connus pour recruter des cavaliers scythes ou sarmates dans leurs legions. D'après C. Scott Littleton dans son livre From Scythia to Camelot, plusieurs Chevaliers de la Table Ronde étaient d'origine Scythe, et la légende du Graal elle-même serait originaire de la Scythie antique. Cette hypothèse a été reprise dans le film de 2004 Le Roi Arthur, qui commence avec l'arrivée de la cavalrie scytho-romaine en Grande-Bretagne. Cependant, les Scythes étaient des habitants des steppes eurasiennes et donc appartenait sûrement en majorité à l'haplogroupe R1a. Si néanmoins certains appartenaient à l'haplogroupe G, il y a des chances qu'ils eurent été G1 et non pas G2a. Cela expliquerait les quelques cas de G1 en Europe occidentale.

    Haplogroupe T

    T est un haplogroupe rare en Europe (moins d'un 1% de la population). Il tire ses origines dans la région de la Mer Rouge (peut-être en Ethiopie) il y a au moins 30.000 ans, ce qui en fait un des plus vieux haplogroupes présent en Eurasie. C'est dans le nord-est de l'Afrique et sur la côte ouest de la péninsule arabe que T est le plus courant, représentant de 5 à 8% des lignées paternelles. Outre ces régions et l'Europe, on retrouve T jusqu'au sud de l'Inde, en Russie, en Tanzanie ou au Cameroun. C'est le peuple Fulbe du Cameroun qui detient le plus haut pourcentage de T au monde (18% de la population).

    Quelques enclaves isolées de T existe à l'intérieur de l'Europe, comme dans la ville de Sciacca en Sicile (18%), à Ibiza (17%), ou en Serbie (7%). Les populations d'Italie, du Portugal, de Grèce, et (bizarrement) d'Estonie, ont toutes entre 3 et 4% de T.

    La diffusion de l'haplogroupe T en Europe est étroitement liée à l'expansion de E1b1b d'Egypte et du Proche Orient vers les Balkans et la basin du Danube. Sa présence autour de la Méditérranée peut être attribuée à la colonisation phénicienne (1200-800 BCE). Le taux élevé d'Estonie pourrait être dû à un "founder effect" dans la population juive de la région (c'est-à-dire que plusieurs des quelques premiers immigrants juifs en Estonie devaient appartenir à l'haplogroupe T, et que ceux-ci ont du avoir beaucoup d'enfants). Parmis les personnes célèbres, Thomas Jefferson appartenait à l'haplogroupe T.

    Autres haplogroupes rencontrés en Europe

    Haplogroupe N

    N est l'haplogroupe typiquement associés aux peuples ouraliens, de la Finlande à la Siberie, avec de faibles pourcentages observés jusqu'en Corée et au Japon. En Europe, l'haplogroup N n'est présent en nombre significatif que parmis les Finnois (58%), Lithuaniens (42%), Lettons (38%), Estoniens (34%) et Russes du nord.

    On pense que l'haplogroupe N serait apparu en Asie du sud-est il y a approximativement 15.000 à 20.000 ans d'ici, mais le sous-groupe N1c1 que l'on retrouve en Europe est probablement né en Siberie du sud il y a 12.000 ans, et serait arrivé au nord-est de l'Europe il y a 10.000 ans.

    L'haplogroupe N est associé à la culture Kunda (8000-5000 BCE) et la culture de la Céramique à peigne et fossette (4200-2000 BCE), desquels descendent les peuples finiques et pré-baltiques.Les Indo-Européen culture de la céramique cordée (3200-1800 BCE) se sont progressivement emparés de la region de la Baltique et du sud de la Finlande il y a 4.500 ans. La fusion des deux donna naissance à la culture hybride de Kiukainen (2300-1500 BCE). Les Baltes actuels ont a peu près la même proportion d'haplogroupe N1c1 et R1a, résulat de cette fusion entre cultures slaves et ouraliennes.

    Haplogroupe Q

    Q aurait ete l'haplogroupe dominant des Huns, qui ont envahi l'Europe au 5ème siècle. Le seul pays d'Europe avec un nombre substantiel de Q est la Hongrie (2%), où une tribu hunnique s'est finalement établie. Un autre groupe de Huns pourrait s'être installé en Suède et/ou en Norvège, où Q est aussi présent dans 0.5% de la population.

    Haplogroupe C

    C est d'origine mongole et se retrouve dans tout l'ancien empire de Genghis Khan à des concentrations diverses. On ne le rencontre que sporadiquement sur le continent européen.

    Haplogroupe P

    P est lùhqplogroupe parent de Q et de R (dont R1a et R1b). Il a pratiquement disparu de nos jours, sauf aux alentours de son lieu d'origine en Asie centrale. On ne le trouve que très rarement en Europe. Il pourrait avoir été apporté en Europe par diverses envahisseurs central-asiatiques, tels que les Huns ou les Mongols.

    Haplogroupe L

    L est un haplogroupe que l'on retrouve principalement en Inde, mais aussi dans une moindre mesure en Asie centrale, dans le sud-ouest de l'Asie, et dans le sud de l'Europe, le long des côtes méditérranéennes (notamment en Italie). Plusieurs sous-groupes sont présents en Europe (L1, L2, L3) sans veritable cohésion géographique. Les Européens appatenant à cet haplogroupe sont vraisemblablement des descendants de marchands indiens (L1, L3) ou perses (L2, L3) de l'Antiquité (sans doute à l'époque de l'Empire romain).

    Haplogroupe H

    Les Gitans (aussi connus sous les noms de Rroms ou Tsiganes) appartiennent essentiellement (environ 50%) à l'haplogroupe H1a. Cet haplogroupe n'est autrement pas rencontré en Europe, mais dans le sous-continent indien.

    Haplogroupe A

    A est le plus vieux de tous les haplogroupes existant jusqu'à ce jour, tirant son origine en Afrique il y a plus de 60.000 ans. Des cas isolés de personnes appartenant a cet haplogroupe ont été trouvés en Europe occidentale (notamment en Irelande, en Grand-Bretagne et en Allemagne). Ces personnes descendraient plus probablement d'esclaves noirs africains, soit de la période romaine, ou de l'époque du commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique et les Ameriques au 18ème siècle.

    Haplogroupes de l'ADN mitochondrial

    Les haplogroupes de l'ADN mt rencontrés en Europe descendent tous du groupe N, qui representerait une des deux vagues initiales de migrations d'Homo Sapiens hors d'Afrique, il y a 60.000 à 80.000 ans. De nos jours, l'haplogroupe N n'a survécu comme tel que parmis les aborigènes australiens. Autrepart, il a muté en de nouveaux haplogroupes. N a d'abord evolué en 4 sous-groupes : IWX, HV, JT et UK, qui ont chacun evolué en entités séparés, puis à leur tour en d'autres sous-haplogroupes.

    Développement chronologique des haplogroupes ADN mt

    • U => il y a de 50.000 à 60.000 ans (apparu en Asie occidentale)
    • (pre-)HV => 30.000 à 50.000 ans (au Proche Orient - associé avec Cro-Magnon en Europe)
    • J => 40.000 ans (au Proche Orient ou au Caucase)
    • X => plus de 30.000 ans (dans le nord-est de l'Europe)
    • I => 30.000 ans (origine inconnue - probablement en Europe)
    • W => 25.000 ans (au nord-est de l'Europe ou au nord-ouest de l'Asie)
    • H => 20.000 ans (au Proche Orient ou au sud de l'Europe)
    • K => 15.000 ans (au Proche Orient)
    • T => 10.000 ans (en Mésopotamie)
    • V => 10.000 ans (apparu en Iberie et a migré dans le nord de la Scandinavie)

    European mtDNA haplogroup chart

    L'haplogroupe H est de loin le plus répandu dans toute l'Europe, englobant environ 40% de la population européenne. On le retrouve aussi dans une moindre mesure en Afrique du nord, dans le Moyen Orient, en Asie centrale, Asie du nord, ainsi que le long de la côte est de l'Afrique, jusqu'à Madagascar.

    Les tests d'ADN préhistorique a aidé à comprendre depuis combien de temps chaque haplogroupe est présent en Europe. Seuls quelques tests de la sorte ont été réalisé avec succès pour l'instant. L'ADN mitochondrial a été extrait d'un squelette de Cro-Magnon vieux de 28.000 ans découvert dans le sud de l'Italie, et ses mutations était proche de la Séquence de Référence de Cambridge (H2b). Parmis les autres spécimens prédatant l'expansion néolithiquedu Moyen Orient il y a 9.000 ans, le Cheddar Man appartient à l'haplogroupe U5a. Plus d'exemples d'haplogroupes mitochondriaux préhistoriques ou antiques.

    Les Gitans possèdent deux haplogroupes mitochondriales qu'on ne retrouve pas parmis le reste de la population européenne. Environ la moitier d'entre eux appartienent à l'haplogroupe M (présent de l'Extrème orient à l'Asie du sud, et particulièrement en Inde), et 15% à l'haplogroupe U3 (qu'on ne rencontre à des taux élevés que parmis la communauté gitanne).

    Les haplogroupes mitonchondrials européens et leurs sous-groupes

    Sous-groupe
    Période d'origine
    Lieu de fréquence maximale
    Groupe ethnique associé
    H1   Icelande, Russie et Allemagne Européen du nord
    H1b 13.000 ans Europe de l'est and nord de l'Europe centrale Slavo-germanique
    H2   Ecosse, Allemagne, Europe de l'est, et Caucase Slavo-germanique
    H2a   Europe de l'est, Caucase, et Asie centrale Kourgane
    H2b   ? (Séquence de référence de Cambridge)  
    H3 10.000 ans Iberie, Sardaigne et pays germanique  
    H4   Iberie, Europe central et du sud-est Celtique ?
    H5   France, Italie, Iberie, et plaines d'Europe centrale Celtique ?
    H5a 7.500 ans Europe centrale Celtique
    H6 40.000 ans Europe centrale et Caucase
    H8   Asie centrale, Caucase et Moyen Orient  
    V 12.000 ans Pays basque et nord de la Scandinavie Basque, saami
    U1   Italie Latin
    U2   Toute l'Europe  
    U3   Sud-est de l'Europe et Allemagne Tziganne
    U4 25.000 ans Toute l'Europe  
    U5 55.000 ans Toute l'Europe  
    U5a   Toute l'Europe  
    U5a1 30.000 ans Finlande et Russie  
    U5b   Allemagne, Finlande et Russie  
    U5b1   Pays nordiques et Russie  
    U6   Iberie (+ Afrique) Nord africain
    U8  
    U8a   Pays basque Basque
    U8b   Italie (+ Jordanie)
    K* 12.000 ans Pays germanique Germanique
    K1   Pays germanique et Irelande Germanique
    K2   Autour des Alpes Celtique
    K2a   Scandinavie, Grand-Bretagne et Irelande Germanique ou celtique
    K2b   Grand-Bretagne, Irelande, Iberie et Alpes Celtique
    J* 45.000 ans Irelande, Grand-Bretagne et Allemagne Germanique
    J1   Sud-est de l'Europe et les Alpes  
    J1a 27.000 ans Autour des Alpes, et pays germaniques Germanique, juif ashkenaze
    J1b 23.000 ans Russie, sud-est de l'Europe, France, Italie et Iberie  
    J1b1   Grand-Bretagne, Irelande et Scandinavie Germanique
    J2   France, Italie et sud-est de l'Europe Méditerranéen
    J2a 19.000 ans Partout en Europe
    T* 10.000 ans Est de la Baltique, France, Italie
    T1   Sud et est de l'Europe  
    T2   Nord, centre et est de l'Europe Slavo-germanique
    T3   Icelande Germanique
    T4   Nord, centre et est de l'Europe Germanique
    T5   Europe centrale et Grand-Bretagne Celtique



    Site Sections

  • Europe Directory
  • Europe Forum
  • Europe Photo Gallery
  • Maps of Europe
  • European Friend Finder
  • Sitemap
  • Travel Guides

  • Europe Guide
  • Belgium Guide
  • England Guide
  • France Guide
  • Germany Guide
  • Netherlands Guide
  • Forum Sections

  • European News
  • EU politics & government
  • European Economy
  • Travelling in Europe
  • European history
  • European food
  • Webmasters

  • About Eupedia
  • Advertising
  • Contact
  • Europe Banner Exchange
  • Privacy Statement
  • Terms of Use


  • Copyright © 2004-2009 Eupedia All Rights Reserved

    About Eupedia - Privacy Statement - Terms of Use - Contact - Advertising - Sitemap