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Haplogroupe R1b (Y-ADN)

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Répartition géographique

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b en Europe

R1b est l'haplogroupe le plus courant en Europe occidentale, atteignant plus de 80 % des lignées paternelles en Irlande, dans les Highlands d'Écosse, au Pays de Galles, la frange atlantique de la France, au Pays Basque et en Catalogne. R1b est également fréquent en Anatolie et dans le Caucase, dans certains régions de Russie, ainsi qu'en Asie centrale et du sud. En dehors des côtes atlantique et de la mer du nord en Europe, points culminants comprennent la vallée du Pô dans le du centre-nord de l'Italie (jusqu'à 70 %), l'Arménie (35 %), les Bachkirs de l'Oural en Russie (50 %), le Turkménistan (plus de 35 %), la population Hazara d'Afghanistan (35 %), les Ouïghours du nord-ouest de la Chine (20 %) et les Newars du Népal (11 %). R1b-V88, une sous-clade spécifique au Proche Orient et à l'Afrique subsaharienne, se retrouve chez 60 à 95 % des hommes au nord du Cameroun.



Sousclades de R1b

Les arbres phylogénétiques ci-dessous sont schématiques et ont pour but de fournir un aperçu rapide des principales sous-clades de R1b qui se sont développées jusqu'à l’âge du bronze ou l’âge du fer. Notez que plusieurs clades sont définies par plus d’un SNP. L’arbre mentionne parfois deux SNPs équivalents si les deux sont couramment utilisés (par différentes sociétés de test ADN). Pour une liste exhaustive des mutations, veuillez consulter The Big Tree (seulement pour les clades de P312 ) ou Yfull.com (pour les autres clades ou pour l'estimation de l'âge des sous-clades).

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b (Y-ADN) - Eupedia

Cliquez sur les arbres ci-dessous pour les aggrandir

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-Z2103 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-U106 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-Z381 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-S28/U152 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-L2 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-ZZ12 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-Z195 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-L21 (Y-ADN) - Eupedia

Arbre phylogénétique de l'haplogroupe R1b-Z39589 (Y-ADN) - Eupedia


Origines & Histoire

Chasseurs de mammouths paléolithiques

L'haplogroup R* est apparu en Asie du Nord juste avant le Dernier Maximum Glaciaire (il y a entre 26.500 et 19.000 ans). Cet haplogroupe a été identifié dans les restes d'un garçon datant de 24.000 ans retrouvé dans la région de l'Altaï, dans le centre-sud de la Sibérie (Raghavan et coll. 2013). Cet individu appartenait à une tribu de chasseurs de mammouths qui pourrait avoir parcouru de vastes régions s'étendant de la Sibérie orientale à l'Europe occidentale pendant le Paléolithique. Le profile génomique de cette population paléolithique semble avoir contribué principalement aux gènes des Européens et des Asiatiques du Sud modernes, deux régions où l'haplogroupe R est justemment le plus courant de nos jours (R1b en Europe occidentale, R1a en Europe de l'est, en Asie centrale et en Asie du Sud, et R2 en Asie du Sud).

Les plus anciennes formes de R1b (M343, P25, L389) se retrouvent dispersées d'Europe occidentale jusqu'en Inde, une vaste région que pourrait avoir parcouru les chasseurs-cueilleurs nomades R1b au cours de la période glaciaire. Les trois principales branches de R1b1 (R1b1a, R1b1b, R1b1c) semblent toutes tirer leur origines du Moyen Orient. La branche méridionale, R1b1c (V88), se trouve surtout dans le Levant et en Afrique. La branche septentrionale, R1b1a (P297), semble s'être développé autour du Caucase, de l'Anatolie orientale ou nord de la Mésopotamie, puis aurait franchi le Caucase vers la Steppe pontique, et de là aurait envahi l'Europe et l'Asie centrale. R1b1b (M335) a seulement été identifiée en Anatolie.

Eleveurs de bovins néolithiques

Une hypothèse est que les peuples R1b (ainsi peut-être que les tribus voisines J2) furent les premiers à domestiquer les bovins en Mésopotamie du Nord il y a 10.500 ans. Les tribus R1b sont issues des chasseurs de mammouths, et lorsque les mammouths ont disparu, ils ont commencé à chasser d'autres gros gibiers tels que les bisons et les aurochs. Avec l'augmentation de la population humaine dans le Croissant Fertile dès le début du néolithique (à partir d'il y a 12.000 ans), l'abattage sélectif des troupeaux a commencé à prendre le dessus sur la chasse irraisonnée des animaux sauvages. La participation accrue des hommes dans la vie des aurochs, des sangliers et des chèvres a conduit à leur apprivoisement progressif. Les éleveurs de bovins ont probablement conservé une existence nomadique ou semi-nomadique, tandis que d'autres peuples du Croissant Fertile (probablement représentés par haplogroupes E1b1b, G et T) se sont sédentarisés pour cultiver la terre et élever de plus petits animaux domestiques.

Des analyses génétiques ont révélé que tous les bovins (Bos taurus) vivants aujourd'hui descendent d'une population de seulement 80 aurochs. Les premières traces de domestication du bétail remonte à environ 8.500 avant notre ère dans les cultures néolithiques précéramiques des montagnes du Taurus. Les deux plus anciens sites archéologiques présentant des signes de domestication de bovins sont les villages de Çayönü Tepesi dans sud-est la Turquie et de Dja'de el-Mughara dans le nord de l'Irak, deux sites distants de seulement 250 km l'un de l'autre. C'est sans doute l'endroit depuis lequel les lignées R1b ont débuté leur expansion - ou en d'autres termes la « terre originelle » de R1b.

Les premiers éleveurs pastoraux de bovins R1b se seraient divisé très tôt en au moins trois groupes. Une branche (M335) est resté en Anatolie, mais à en juger par son extrême rareté aujourd'hui n'a pas prospérée, peut-être en raison de la forte concurrence avec d'autres populations néolithiques en Anatolie, ou à la rareté des pâturages dans cet environnement montagneux. Une deuxième lignée migra vers le sud jusqu'au Levant, où elle devint la branche V88. Certains d'entre eux cherchèrent de nouvelles terres plus au sud en Afrique, tout d'abord en Egypte, puis allant jusqu'à coloniser la plupart de l'Afrique du Nord, de la côte méditerranéenne jusqu'au Sahel. La troisième branche (P297), a franchi le Caucase pour atteindre la vaste Steppe pontique, une gigantesque étendue de pâturage, et un environnement idéal pour élever du bétail. Ils se sont ensuite divisé en deux factions : R1b1a1 (M73), qui serait parti vers l'est le long de la mer Caspienne jusqu'en Asie centrale, et R1b1a2 (M269), qui au début est resté dans le Nord du Caucase et la Steppe pontique entre le Dniepr et la Volga. Il n'est pas encore clair si M73 a effectivement migré à travers le Caucase et atteint l'Asie centrale via le Kazakhstan, ou si cette lignée s'est répandue vers le sud par l'Iran et le Turkménistan. Dans ce dernier cas, M73 pourrait ne pas être une branche indo-européenne de R1b, tout comme V88 et M335.

R1b-M269 (la forme la plus courante en Europe) est étroitement associé à la diffusion des langues indo-européennes, comme l'atteste sa présence dans toutes les régions du monde où les langues indo-européennes ont été parlées dans l'antiquité, de la côte Atlantique de l'Europe au sous-continent indien, ce qui comprenait presque toute l'Europe (sauf la Finlande, la Sardaigne ou la Bosnie-Herzégovine), l'Anatolie, l'Arménie, la Russie, la Sibérie méridionale, ainsi que de nombreuses enclaves en Asie centrale (notamment au Xinjiang, Turkménistan, Tadjikistan et en Afghanistan), sans oublier l'Iran, le Pakistan, l'Inde du nord, et le Népal. L'histoire de R1a et de R1b sont intimement liées l'une avec l'autre.

La steppe pontique & les Indo-Européens

Les linguistes modernes ont placé la région d'origine des Proto-Indo-Européens dans la steppe pontique, une région géographique et archéologique distincte qui s'étend de l'estuaire du Danube jusqu'à l'Oural, et au sud jusqu'au Caucase du nord. Les cultures néolithiques (nouvel âge de pierre), énéolithique (âge du cuivre) et de l'âge du Bronze de la steppe pontique ont été appelé culture kourgane (7000-2200 AEC) par Marija Gimbutas, en raison de la pratique durable d'enterrer les morts sous des tumulus (« kourgane ») durant la succession de cultures dans cette région. On sait maintenant que les sépultures de type kourganne datent seulement du 4ème millénaire avant notre ère et tirent presque certainement leur origine du sud du Caucase, peut-être dans la partie septentrionale du Croissant fertile.

Les chevaux furent domestiqués pour la première fois par l'homme vers 4600 avant notre ère dans la steppe de la mer Caspienne, peut-être quelque part autour du Don ou de la Volga inférieure. Ils devirent rapidement un élément caractéristique de la culture de la steppe. Néanmoins, il est peu probable que les hommes R1b vivaient déjà dans les steppes orientales à cette époque, et le cas échéant la domestication du cheval devrait être attribuée à la population R1a autochtone.

Il n'est pas encore tout à fait clair quand R1b est arrivé de l'est de l'Anatolie à la steppe pontique. Cela aurait pu se produire pendant ou juste après le néolithique, ou les deux. La diversité génétique de R1b étant plus forte autour du Caucase, il est difficile de nier que R1b a évolué dans cette région avant d'entrer dans le monde de la steppe. Il est possible qu'une première migration de R1b d'Anatolie au cours du 5ème ou même du 6ème millénaire avant notre ère ait introduit des moutons dans la steppe, un animal dont la laine allait jouer un rôle important dans les traditions vestimentaires celtes et germaniques (les branches R1b des Indo-Européens) jusqu'à ce jour. Une autre migration transcaucasienne a dû se passer peu avant 3700 AEC, lorsque la culture de Maykop, la première société au monde entrant dans l'âge du Bronze, est apparue soudainement dans le nord-ouest du Caucase. Les origines de Maykop sont encore incertaines, mais les archéologues l'ont liée aux cultures chalcolithiques contemporaines en Assyrie et en Iran occidental. Les vestiges archéologiques montrent également une diffusion claire d'objects en bronze et de sépultures de type kourganne à partit de la culture de Maykop vers la steppe pontique, où la culture Yamna s'est développé peu de temps après (à partir de 3500 AEC). Les sépultures kourganne (alias tumulus) deviendront une composante dominante des sociétés indo-européennes antiques et furent largement utilisés par les Celtes, les Romains, les Germains et les Scythes, parmi d'autres.

La période de Yamna (3500-2500 avant notre ère) a joué le rôle le plus important dans la création de la culture et de la société indo-européenne. A l'aube de l'ère Yamna, les hommes R1b du Moyen-Orient avaient vécu côte-à-côte et s'étaient mélangés dans une certaine mesure avec les chasseurs et les éleveurs locaux R1a pendant plus d'un millénaire, peut-être même deux ou trois. Les contacts culturels étroits et les interactions entre populations R1a et R1b dans la steppe pontique ont abouti à la création d'une langue vernaculaire commune, une nouvelle lingua franca, que les linguistes ont appelé le proto-indo-européen (PIE). Il est inutile d'essayer d'attribuer une autre région d'origine à la langue PIE. Des similitudes linguistiques existent entre le proto-indo-européen et les langues caucasienne et hourrite du Moyen Orient d'une part, et les langues ouraliennes de la région Volga-Oural d'autre part, ce qui fait de la steppe pontique la région intermédiaire parfaite.

Pendant la période de Yamna, les éleveurs de bovins et d'ovins ont adopté des wagons pour le transport de leur nourriture et leurs tentes, ce qui leur a permis d'avancer plus profondément dans la steppe, donnant naissance à un nouveau style de vie mobile qui conduirait à terme à la grande migration indo-européenne. Ce type de migration de masse où des tribus entières se déplaçaient à l'aide de wagons était encore courant en Gaule à l'époque de Jules César, et parmi les peuples germaniques à la fin de l'Antiquité.

L'horizon archéologique de Yamna n'était pas une culture unique et unifiée. Dans le sud, le long de la rive nord de la mer Noire jusqu'au Caucase du nord-ouest, une région de steppe ouverte s'étendait vers l'est jusqu'à la mer Caspienne, la Sibérie et la Mongolie (la grande steppe eurasienne). La partie occidentale, entre les fleuves Don et Dniestr (et plus tard jusqu'au Danube), fut la plus densément peuplée par les peuplades R1b, et ne possédait qu'une minorité de lignages R1a (5-10 %). La section orientale, dans le bassin de la Volga jusqu'à l'Oural, était habitée par un majorité de R1a avec une minorité substantielle de R1b (dont les descendants se trouvent de nos jours entre autres parmi les Bachkirs, Turkmens, Ouïghours et Hazaras). La partie nord de l'horizon Yamna était constituée de steppe boisée occupée par des tribus essentiellement R1a, mais également accompagnés d'une petite minorité de R1b (sur base des Russes et Belarusses modernes, R1b était de sept à neuf fois inférieur à R1a). La branche occidentale allait envahir les Balkans et les Grèce, puis l'Europe centrale et occidentale, et à nouveau leur Anatolie ancestrale en plusieurs vagues successives (Hittites, Phyrgiens, Arméniens, etc.). La branche orientale migra vers l'Asie centrale, la Sibérie, le Xinjiang, et en Asie du sud (Iran, Pakistan, Inde). La branche nord devint la culture de la céramique cordée et se propagea jusqu'aux pays baltes, en Pologne, en Allemagne et en Scandinavie.

La culture de Maïkop, le lien entre R1b et la steppe ?

La culture de MaÏkop (ou Maykop, 3700-2500 avant notre ère) dans le nord-ouest du Caucase a été culturellement parlant une sorte de prolongement méridional de la culture Yamna. Bien que n'étant généralement pas considérée comme faisant partie de la culture de la steppe pontique en raison de sa position géographique, le Caucase du Nord avait des liens étroits avec les steppes, comme l'attestent de nombreuses céramiques, des objets en or, des armes en cuivre et en bronze, ou encore des bijoux des cultures contemporaines de Mikhaïlovka, Sredny Stog et Kemi Oba. Le lien entre la côte nord de la mer Noire et le Caucase du nord est plus ancien que la période de Maykop. Son prédécesseur, la culture de Svobodnoe (4400-3700 AEC), avait déjà des liens avec la culture de Suvorovo-Novodanilovka et les premières phases de Sredny Stog. L'encore plus ancienne colonie de Naltchik (5000-4500 AEC) dans le Nord Caucase possèdait une culture similaire à celle de Khvalynsk sur la Volga. Il s'agit sans doute la période pendant laquelle R1b commença à interragir et à se mélanger avec les peuplades R1a des steppes.

Les peuples de Yamna et de Maïkop utilisaient tous deux des sépultures kourgannes, plaçant leurs morts dans une position couchée en positionnant les genoux de manière surélevée et orientés dans un axe nord-est/sud-ouest. Les tombes étaient saupoudrées d'ocre rouge sur le sol et des animaux domestiques sacrifiés étaient enterrés à côté des humains. Ces deux cultures avaient également en commun l'équitation, les wagons, une économie axée sur les bovins et les ovins, l'utilisation de haches en cuivre/bronze (haches-marteaux et haches à manches) et poignards avec soie. En fait, les wagons et les objets de bronze les plus anciens ont été retrouvés dans le Caucase du Nord et semblent s'être propagés de là aux steppes.

Maïkop était une culture avancée de l'âge du Bronze, en fait l'une des toutes premières à développer le travail des métaux et donc les armes en métal. L'épée la plus ancienne jamais trouvée dans le monde provient d'une tombe tardive de Maïkop dite du "kourgane Klady 31". Son style est réminiscent des longues épées celtiques, bien que moins élaboré. Des ossements de chevaux et des représentations équestres apparaissent déjà dans des tombes les plus anciennes de Maïkop, ce qui suggère que la culture de Maïkop pourrait avoir été fondée par des gens de la steppe ou par des gens qui avaient des liens étroits avec eux. Toutefois, la présence d'éléments culturels radicalement différents de la culture des steppes sur certains sites pourrait signifier que Maïkop avait une population hybride. Sans test ADN il est impossible de dire si ces deux populations appartenaient à un groupe R1b anatolienne et un groupe G2a caucasien ou si des lignées R1a s'y installèrent également. Les deux ou trois groupes ethniques pourrait même avoir cohabité côte à côte dans différents villages. La seule lignée paternelle typiquement caucasienne qui ait une répartition géographique similaire à celle des migrations indo-européennes est G2a3b1, qui se retrouve dans toute l'Europe, l'Asie centrale et l'Asie du sud. Dans les Balkans, le bassin du Danube et en Europe centrale sa fréquence est relativement proportionnelle au pourcentage de R1b.

La population de Maïkop est responsable de l'introduction dans le steppe de véhicules à roues primitifs (wagons) en provenance de Mésopotamie. Cela allait révolutionner le mode de vie dans la steppe et allait plus tard mené à l'élaboration de chars (à chevaux) de guerre, vers l'an 2000 avant notre ère. La cavalerie et les chars ont joué un rôle vital dans les migrations indo-européennes subséquentes, ce qui leur permit de se déplacer rapidement et vaincre facilement presque n'importe qui ils rencontraient. Combinés avec les armes de bronze et leur culture axée sur la mer, la branche occidentale (R1b) des Indo-Européens, basée sur les rivages de la mer noire, sont d'excellents candidats pour être le mystérieux Peuples de la mer, qui attaquèrent la rive orientale de la Méditerranée au cours du deuxième millénaire avant notre ère.

La montée en puissance des Hittites (locuteurs d'une langue indo-européenne) en Anatolie centrale s'est passé quelques siècles seulement après la disparition des cultures de Maïkop et de Yamna. En prenant en considération le fait que la plupart des formes de R1b indo-européennes qui se trouvent en Anatolie aujourd'hui appartiennent à la sous-clade R1b-Z2103, il fait peu de doute que les Hittites sont arrivés en Anatolie via les Balkans, après que les peuplades de Yamna et Maïkop aient envahi le sud-est de l'Europe. Les cultures de Maïkop et Yamna ont été remplacés par la culture de Srubna (1600-1200 avant notre ère), représentant possiblement une avancée des tribus R1a depuis le nord des steppes vers les rives de la mer Noire, comblant ainsi le vide laissé par les tribus R1b ayant migrées vers les Balkans et l'Anatolie.

Carte de la propagation de R1b du Paléolithic jusqu'à la fin de l'Âge du Bronze (vers 1000 AEC)

Carte de la propagation de R1b du Paléolithic jusqu'à la fin de l'Âge du Bronze - Eupedia

La branche sibérienne & centre-asiatique

Quand R1b franchi le Caucase lors du néolithique tardif, il s'est scindé en deux groupes principaux. La branche occidentale (M269 + L23) s'installa le long des côtes nord et est de la mer Noire. La branche orientale (M269 + L23 + M73) migra vers la région du Don et de la Volga, où les chevaux furent domestiqués vers 4600 avant notre ère. R1b s'est probablement mélangés avec les populations autochtones R1a et aurait fondé la culture de Répine (3300-3700 AEC) un peu avant que le culture de Yamna ait vu le jour dans la steppe pontique occidentale. Certains hommes R1b auraient ensuite migré à cheval le long de la grande steppe eurasienne jusqu'aux montagnes de l'Altaï en Asie centrale, où ils ont établi la culture d'Afanasevo (vers 3600-2400 AEC). Les gens d'Afanasevo pourraient être les précurseurs de la branche de tokharienne des langues indo-européennes aux côtés de l'haplogroupe R1a (=> voir momies du Tarim).

Les R1b qui sont restés dans la région Volga-Oural ont probablement été les initiateurs de la culture Poltavka (2700-2100 AEC), puis ils s'intégrèrent à la culture Sintashta-Petrovka (2100-1750 AEC) dominée par les lignages R1a et liée à la conquête indo-aryenne de l'Asie centrale et du méridionale (=> voir R1a pour plus de détails).

De nos jours, on trouve des pourcentages de R1b plus importants pari les minorités ethniques de la région Volga-Oural de Russie que chez les Russes slaves. R1b est également présent plusieurs populations d'Asie centrale, les pourcentages les plus élevés ayant été observés parmi les Ouïghours (20 %) du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine, les Yaghnobis du Tajikistan (32%), et les Bachkirs (47 %, ou 62.5 % dans le raïon d'Abzelilovsky) de la République de Bachkirie en Russie (frontière du Kazakhstan).

La branche européenne

Les armes de bronze et les chevaux des des Indo-Européens leur aurait donné un énorme avantage sur les populations autochtones d'Europe, à savoir l'haplogroupe I (descendant de Cro-Magnon), et les premiers éleveurs et fermiers néolithiques (G2a, J, E1b1b et T). Cela a permis à R1a et R1b de remplacer la plupart des lignées mâles autochtones (=> voir Comment R1b est arrivé à remplacer la plupart des anciennes lignées d'Europe occidentale ?), bien que les lignées maternelles semblent avoir été moins affectées.

Une comparaison avec l'invasion des Indo-Iranien en Asie du sud montre que 40 % des lignées paternelles dans le nord de l'Inde appartiennent à l'haplogroupe R1a, bien que moins de 10 % des lignées maternelles pourrait être d'origine indo-européenne. L'impact des Indo-Européens a été plus sévère en Europe parce que la société européenne d'il y a 4.000 ans était moins développée en matière d'agriculture, de technologie (aucune arme de bronze) et de densité de population que celle de la civilisation de vallée d'Indus. C'est particulièrement vrai pour les cultures indigènes d'européennes occidentales où l'agriculture est arrivé beaucoup plus tard que dans les Balkans ou l'Europe centrale. la Grèce, les Balkans et les Carpates étaient les sociétés européennes les plus avancées à l'époque et ont été les moins touchés en terme de remplacement d'haplogroupes. Les haplogroupes paterneles européens indigènes (I1, I2) ont mieux survécu dans les régions les plus difficiles à atteindre ou les moins vivables, tels que la Scandinavie, le sud de la Suisse, la Sardaigne ou les Alpes dinariques.

La conquête de la "Vieille Europe" et de l'Europe du Nord

Le premières incursions des peuples de la steppe dans les Balkans ont eu lieu entre 4200 et 3900 avant notre ère, quand des cavaliers ont traversé le Dniestr et Danube et ont apparemment détruit les villes des cultures de Gumelnita, Varna et VI Karanovo dans l'est de la Roumanie et en Bulgarie. Un changement climatique, entraînant des hivers plus rudes au cours de cette exacte période, a sans doute poussé les éleveurs de la steppe à chercher des pâturages plus fertiles pour leur bétail, tandis que les mauvaises récoltes auraient conduit à des famines et des troubles intérieurs dans les communautés du Danube et des Balkans. Les cultures de Cernavoda (âge du cuivre, 4000-3200 avant notre ère), Coțofeni (cuivre à l'âge du Bronze, 2500-3500 avant notre ère) et Ezero (âge du Bronze, 3300-2700 avant notre ère) qui leur succédèrent en Roumanie moderne, semble avoir eu une population mixte de nouveaux arrivants des steppes et d'anciennes populations des tells. Ces immigrés des steppes étaient probablement un mélange des deux lignées R1a et R1b, avec un pourcentage de R1a probablement plus élevé que lors des invasions subséquentes de l'ère Yamna.

Les envahisseurs de la steppe auraient forcé de nombreux agriculteurs danubiens à migrer vers les villes de la culture de Cucuteni-Trypillia dans les Carpates orientales, causant une explosion de population et une expansion de cette culture vers le nord-est jusqu'à la vallée du Dniepr, apportant des haplogroupes G2a, I2a1 (probablement le lignage dominant de la culture de Cucuteni-Trypillia), E1b1b, J et T jusqu'au centre de l'Ukraine et au sud de la Biélorussie. Cette avancée indo-européenne précoce vers l'ouest fut assez limitée, en raison de l'absence d'armes de bronze et d'armées organisées à l'époque, et ne fut seulement possible qu'à cause de catastrophes climatiques réduisant les défences des villes de la Veille Europe. Les cultures des Carphates, de Danube, et des Balkans étaient trop densément peuplées et trop technologiquement avancées pour permettre une migration massive des steppes.

En comparaison les tribus R1a de la steppe boisée réussirent à pénétrer dans le coeur de l'Europe en recontrant peu d'obstacle, en raison de l'absence de sociétés agraires développées autour de la Pologne et de la Baltique. La culture de la céramique cordée (aussi connue sous le nom de culture de la hache de guerre, 3200-1800 AEC) se développa comme une extension occidentale naturelle de la culture Yamna, et s'étendit à l'ouest jusqu'en Allemagne et au nord jusqu'en Suède et en Norvège. L'analyse d'ADN ancien provenant d'un site de culture de la céramique cordée à Eulau confirme la présence de R1a (mais pas de R1b) en Allemagne centrale vers 2600 avant notre ère. Les peuplades de la céramique cordée se sont propagées à partir du nord de la culture Yamna, là où les lignées R1a étaient très clairement dominantes par rapport aux lignées R1b.

L'expansion des tribus R1b au sein de la Vieille Europe a été plus lente, mais s'est avérée inévitable. En 2800 avant notre ère, au moment où la céramique cordée avait déjà atteint la Scandinavie, les cultures de l'âge du Bronze R1b avaient à peine pénétré dans la steppe de Pannonie. Ils établirent des colonies importantes dans la grande plaine hongroise, l'habitat le plus semblable à la steppe pontique de leurs ancêtres. Vers 2500 avant notre ère, la branche occidentale de R1b indo-européens s'apprêtait à sa prochaine expansion majeure en Allemagne actuelle, puis en Europe occidentale. Entre temps, les immigrants R1b s'étaient mélangé dans une grande mesure avec les populations autochtones mésolithiques et néolithiques du bassin du Danube, où ils avaient vécu depuis maintenant 1.700 ans.

L'élite indo-européenne fortement patriarcal est restée presque exclusivement R1b du côté paternel (avec une minorité de G2a3b1a and de J2b2), mais a absorbé une forte proportion de lignées maternelles non indo-européenne. Hybridés, les nouveaux R1b proto-indo-européens perdirent la plupart de leurs apparence physique proto-europoid ou mongolid hérité de leurs origines caspiennes (qui étaient encore visibles dans de nombreux individus de l'ère Yamna). Leur pigmentation claire de cheveux, d'yeux et de peau, une fois entrecroisée avec les habitants plus sombres de la Vieille Europe, sont devenu plus proche de celle des Européens du sud moderne. Les tribus R1a la céramique cordée rencontrèrent des sociétés beaucoup moins peuplées en Europe du nord, principalement issues de la population mésolithique à la pigmentation plus claire (haplogroupe I1 et I2), ce qui leur permit de mieux conserver leur pigmentation originale (bien que les traits du visage aient considérablement évolué en Scandinavie, où les tribus indigènes I1 étaient fortement dolicocephalic et au visage allongé, par opposition à la brachycéphalie et aux visages large, quasi-asiatique, des peuples de la steppe).

La conquête de l'Europe occidentale

La conquête de l'Europe par les hommes R1b s'est déroulée en deux phases. Pendant presque deux millénaires, à partir de 4200 avant notre ère, les peuples de la steppe ont limité leurs conquêtes aux riches civilisations chalcolithique des Carpates et des Balkans. Ces sociétés possèdent les plus grandes villes du monde à l'époque, notamment les énormes "villages" monticulaires (tells) de la culture de Cucuteni-Tripolye, dont certains avaient plus de 15.000 habitants répartis sur des centaines d'hectares. Rien n'a incité les conquérants R1b à s'avancer plus loin vers l'Europe occidentale à un stade aussi précoce, parce que la plupart des terres au nord et à l'ouest des Alpes était encore pour l'essentiel des forêts faiblement peuplées. Le néolithique n'a pas atteint les îles britanniques et la Scandinavie avant 4000 avant notre ère. Même le nord de la France et la plupart des régions alpines avait adopté l'agriculture et l'élevage depuis moins d'un millénaire et était très primitives par rapport au sud-est de l'Europe et au Moyen Orient.

Le nord-ouest de l'Europe est restée une société tribale de chasseurs-cueilleurs pratiquant seulement une agriculture limitée pendant des siècles après la conquête des Balkans par les Indo-Européens. Pourquoi nos « conquistadores » R1b abandonneraient-ils le confort des riches civilisations danubiennes en échange des conditions de vie difficiles qui se trouvent au-delà ? Les gens de l'âge du Bronze convoitaient l'étain, le cuivre, et l'or, dont les Balkans regorgeaient, mais que personne n'avait encore découvert en Europe occidentale.

Il est probable que la branche R1b-L51 soit arrivé en Europe centrale (Hongrie, Autriche, Bohême) vers 2500 avant notre ère, environ deux mille ans après le passage au néolithique de ces régions. Des villes agraires avaient commencé à se développer. L'or et le cuivre avait commencé à être exploité. Les perspectives de conquête devenait maintenant beaucoup plus attrayantes.

Des indices archéologiques et génétiques (tels que la répartition des sous-clades de R1b) laissent entendre que plusieurs vagues de migrations consécutives se sont succédées vers l'Allemagne centrale et de l'est entre 2800 et 2300 avant notre ère. La culture d'Unétice a probablement été la première culture où les lignées R1b-L11 ont joué une rôle important. Il est intéressant de noter que la période d'Unétice correspond à la fin des cultures de Maïkop (2500 AEC) et de Kemi Oba (2200 AEC) sur la rive nord de la mer Noire, et leur remplacement par des cultures issues des steppes du nord. Il est par conséquent envisageable que les populations (majoritairement) R1b de la moitié nord de la mer Noire ont migré vers l'ouest en raison de pressions démographiques ou militaires subies par d'autres tribus indo-européennes (R1a) venant du nord, par exemple celles de la branche proto-indo-iranienne en plein essor, associée aux cultures contemporaines de Poltavka et Abashevo.

Il est douteux que la culture campaniforme (2800-1900 BCE) en Europe occidentale fut déjà indo-européenne, parce que cette culture s'inscrit en parfaite continuité avec les cultures mégalithiques locales. Le phénomène campaniforme a commencé lors du néolithique tardif et du chalcolithique précoce au Portugal et s'est propagé vers le nord-est jusqu'à l'Allemagne. Durant la même période, les cultures de la steppe de l'âge du Bronze se disséminèrent dans la direction opposée de l'Allemagne vers la France, la péninsule ibérique et la Grande-Bretagne. Il est plus probable que la céramique campaniforme et les chevaux retrouvés dans l'ensemble de l'Europe occidentale au cours de cette période était le résultat d'échanges avec les cultures indo-européennes voisines, dont la première vague de R1b en Europe centrale. Il est également possible que la population liée au campaniforme eut été des marchands ou des explorateurs R1b ayant voyagé à travers l'Europe occidentale et ramené des contes de richesses mal défendues par des peuples de l'âge de pierre et attendent d'être conquise par les Indo-Européens plus technologiquement avancés, équipés d'armes de bronze et de chevaux. => Voir le forum de discussion sur Le phénomène campaniforme.

Ce qui est indéniable c'est que les cultures d'Europe centrale qui succédèrent au campaniforme, notamment la culture d'Unétice (2300-1600 AEC), la culture des Tumulus (1600-1200 AEC), la civilisation des Champs d'urnes (1300-1200 AEC) et la culture de Hallstatt (1200-750 AEC) étaient liés à l'expansion de R1b en Europe, étant donné que celles-ci ont brusquement introduit de nouvelles technologies et un style de vie radicalement différent en Europe centrale.

=> Voir aussi L'extraction de métal et l'élevage expliquent la dominance de R1b le long de la frange atlantique

La branche celtique atlantique (L21)

Vers 2300 avant notre ère les peuplades R1b proto-italo-celto-germaniques étaient maintenant bien installées dans l'actuelle Allemagne, où ils fondèrent la culture d'Unétice. À juger de la propagation de l'âge du Bronze en Europe occidentale, les premiers Indo-Européens ont atteint la France et le Benelux vers 2200 AEC, la Grande-Bretagne vers 2100 AEC, l'Irlande vers 2000 AEC, et l'Ibérie vers 1800 AEC. Cette première vague de R1b compta vraisemblablement un grand nombre des lignées R1b-L21 (peut-être à cause d'un effet fondateur), comme ceux-ci sont présents partout en Europe centrale, occidentale et septentrionale. La séparation précoce de L21 de la branche proto-celtique principale autour de l'Allemagne expliquerait pourquoi les langues Q-celtique (gaélique et hispano-celtique) divergent tellement de la branche P-celtique (La Tène, gaulois, brittonique), qui semble s'être développer avec les cultures plus tardives des Champs d'urnes et de Hallstat.

Certaines lignées L21 des Pays-Bas et du nord de l'Allemagne ont plus tard pénétré en Scandinavie (à partir de 1700 AER) avec la sous-clade dominante de la région, R1b-S21/U106 (voir ci-dessous). La plus forte présence de L21 en Norvège et en Islande peut être attribuée aux Vikings norvégiens. Ceux-ci avaient colonisé une partie de l'Écosse et de l'Irlande et pris des esclaves parmi les populations celtiques indigènes, qu'ils ont ensuite transporté dans leur nouvelle colonie d'Islande ainsi qu'en en Norvège. Aujourd'hui environ 20 % de toutes les lignées paternelles islandaises appartiennent à cet R1b-L21 d'origine écossaise ou irlandaise.

En France, R1b-L21 est principalement présent en Bretagne historique (y compris Mayenne et Vendée) et en Basse-Normandie. Cette région fut repeuplée par une immigration massive de Bretons insulaires au Vème siècle suite à la pression des envahisseurs Anglo-Saxons. Il est cependant possible que L21 ait été présent en Armorique depuis l'âge du Bronze ou l'âge du Fer étant donné que les tribus de la Confédération armoricaine de la Gaule antique étaient déjà une identité distincte des autres Gaulois et maintenaient des liens étroits avec les îles Britanniques au moins depuis l'âge de bronze atlantique.

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-L21 (S145) en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-L21 (S145) en Europe

La branche gasconne & ibérique (DF27)

L'âge du Bronze n'a pas fait son apparition dans la péninsule ibérique avant 1800 AEC, et s'est limité principalement à la culture d'El Argar et Los Millares dans le sud-est de l'Espagne, à l'exception que quelques sites sporadiques en Castille vers 1700 AEC, ainsi qu'en Estrémadure et dans le sud du Portugal vers 1500 AEC. Ces sites de l'âge du Bronze précoce ne disposaient généralement de pas beaucoup plus que de quelques poignards ou de haches de bronze et on ne peuvent être considérées comme des sociétés de l'âge du Bronze à part entière, mais plutôt comme des sociétés de l'âge du cuivre avec des objets de bronze occasionnels (peut-être importés). Ces cultures pourraient avoir été fondés par de petits groupes d'aventuriers R1b à la recherche de conquêtes faciles dans certaines régions d'Europe qui n'avaient pas encore d'armes de bronze. Ils seraient devenus une petite élite, aurait eu des enfants avec des femmes locales, et en l'espace de quelques générations leur langue indo-européenne aurait été perdue, absorbée par les langues indigènes (=> voir Comment les Basques sont-ils devenus R1b ?).

L'Ibérie n'est devenue une véritable société de l'âge du Bronze qu'au 13ème siècle avant notre ère, lorsque la culture des Champs d'urnes (1300-1200 AEC) s'st étendue de l'Allemagne à la Catalogne via Languedoc-Roussillon, puis que la culture de Hallstatt qui suivit se propagea dans la majeure partie de la péninsule (en particulier la moitié occidentale). Cette période appartient au plus vaste âge du Bronze Atlantique (1300-700 AEC), quand l'Ibérie était relié au reste de l'Europe occidentale par le biais d'un réseau complexe de commerce.

Il est difficile de dire quand exactement DF27 est arrivé dans la peninsule ibérique. Compte tenu de sa présence écrasante dans la péninsule et dans le sud-ouest de la France, il est probable que les premières lignées DF27 soient arrivées relativement tôt, au cours de la période de 1800 à 1300 AEC, et peut-être même plus tôt, si les aventuriers R1b ont pénétré la culture campaniforme, tels qu'ils semblent l'avoir fait partout en Europe de l'ouest entre 2300 et 1800 avant notre ère. L'âge du Bronze atlantique pourrait correspondre à la période où DF27 s'est réparti plus uniformément autour de la peninsule ibérique et se disséminea, en suivant les routes commerciales Atlantique, jusqu'aux îles britanniques, aux Pays-Bas et en Norvège (où les sous-clades M153 et SRY2728 représentent environ 1 % de la population).

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-DF27 en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-DF27 en Europe

La branche italo-celtique (S28/U152)

Débutant vers 1300 avant notre ère, une nouvelle culture de l'âge du Bronze s'épanouit autour des Alpes grâce à l'abondance des métaux dans la région, et jeta les bases de la culture celtique classique. Il s'agit en fait d'une succession de trois culture étroitement liées: la culture des Champs d'urnes, qui évoluera rapidement en la culture de Hallstatt (à partir de 1200 AEC) et finalement aboutira dans la culture de La Tène (à partir de 450 AEC). Après l'expansion d'Unétice vers l'Europe occidentale entre 2300 et 1800 avant notre ère, la période des Champs d'urnes/Hallstatt/La Tène représente la deuxième extension majeure de R1b qui ont eu lieu à partir de l'Europe centrale vers l'ouest jusqu'à l'Atlantique, vers le nord jusqu'en Scandinavie, vers l'est suivant la vallée du Danube, et finalement aussi loin que la Grèce, l'Anatolie, l'Ukraine et la Russie, et peut-être même jusqu'au bassin du Tarim, dans le nord-ouest de la Chine (=> voir momies du Tarim.

L'âge du Fer celtique (Halstatt tardif, à partir de 800 AEC) pourrait être survenu par le biais de contacts préservés avec les steppes et le Caucase du Nord, notamment la culture de Koban (1100-400 AEC).

Les Celtes alpins de la culture de Hallstatt sont associés à la mutation S28 (alias U152) du chromosome Y, bien que pas exclusivement. La branche italique (également S28/U152) aurait pénétré en Italie au XIIe siècle avant notre ère (voir culture de Villanova ci-dessous), bien qu'il y ait certainement eu plusieurs vagues successives, comme en témoigne l'arrivée tardive des Celtes de Gaule cisalpine. Les anciens Belges representent une autre branche de S28/U152, une extension vers le nord de la culture de La Tène, suivant le Rhin, la Moselle et la Meuse.

Un trait linguistique commun entre les langues italiques et celtiques gauloises et brittoniques, toutes liées à l'expansion de Hallstatt, est qu'elles ont remplacer le son *kw original des langues indo-européennes par le son *p. Pour cette raison les linguistes ont nommé cette branche P-celtique (par opposition à Q-celtique). On pense que ce changement a eu lieu en raison de l'incapacité des populations pré-indo-européennes d'Europe centrale, de Gaule et d'Italie, qui étaient des locuteurs de dialectes afro-asiatiques héritées du néolitique, de prononcer le son *kw. Les Etrusques, bien qu'arrivants plus tard de l'est de la Méditerrannée, figurent également dans cette catégorie. Il a été récemment reconnu que les langues celtiques ont emprunté un partie de leur grammaire aux langues afro-asiatiques. Ce changement aurait pu se produire quand les locuteurs des langues proto-italo-celtiques ont quitté les steppes pour le bassin du Danube et se sont mêlangées aux populations d'agriculteurs originaires du du Proche-Orient appartenant aux haplogroupes E1b1b, G2a, J et T. Toutefois, un changement aussi précoce n'expliquerait pas pourquoi les langues Q-celtiques et germaniques n'ont pas subi cette mutation linguistique. Il est par conséquent plus plausible que ce changement n'ait eu lieu qu'après que les Proto-Italo-Celtes et Proto-Germains se soient propagés en Europe occidentale et septentrionale. La connexion entre S28/U152 et les langues P-celtiques (et italiques) donne à penser que cette mutation eut lieu autour des Alpes après 1800 AEC, mais avant l'invasion de l'Italie par les tribus italiques en 1200 AEC.

L'expansion de la culture des Champs d'urnes et de Hallstatt en Italie est évidente dans la forme de la culture villanovienne (v. 1100-700 AEC), qui partage des ressemblances frappantes avec les sites de Hallstatt de Bavière et de Haute-Autriche. La culture de Villanova marque une rupture nette avec la précédente culture de Terramare. Bien que les deux cultures pratiquaient la crémation, là où les habitants de Terramare plaçaient les restes incinérés dans des ossuaires communaux comme leurs ancêtres néolithiques du Proche Orient, Les Villanoviens utilisaient un style distinctif d'urnes funéraires à double cône, et des tombes réservées aux élites contenant des bijoux, armures de bronze et des harnais de chevaux, qui étaient clairement séparées des tombes ordinaires, montrant pour la première fois le développement d'une société très hiérarchisée, si caractéristique des cultures indo-européennes. Des décorations indo-européennes typiques, tels que les croix gammées, font également leur apparition. Initialement une culture de l'âge du Bronze, la culture de Villanova l'âge du Fer apparu dans la péninsule italienne vers la même époque que dans la culture de Hallstatt, ce qui renforce encore le lien entre les deux cultures. Selon toute vraisemblance, la propagation de la culture villanovienne représente la colonisation italique de la péninsule italienne. La plus forte proportion de R1b-S28 se trouve précisément où les villanoviens se sont le plus densément établis, particulièrement en Toscane et en Emilie-Romagne. La culture de Villanova fut remplacée par la civilisation étrusque, qui affiche à la fois des signes de continuité avec Villanova et de nouveaux éléments hybrides d'origines ouest-asiatiques, probablement apportées par les colons anatoliens (qui aurait appartenu à un mélange d'haplogroupes E1b1b, G2a, J1, J2 et R1b-L23).

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-S28 (U152) en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-S28 (U152) en Europe

La branche germanique (S21/U106)

La principale branche proto-germanique de la généalogie indo-européenne est R1b-S21 (alias U106). Cet haplogroupe se trouve à des concentrations élevées aux Pays-Bas et dans le nord-ouest de l'Allemagne. Il est probable que les lignages R1b-S21 se soient étendu dans cet région grâce à un effet fondateur durant le période d'Unétice, puis aient pénétré en Scandinavie vers 1700 AEC, créant ainsi une nouvelle culture, celle de l'âge du bronze danois (1700-500 AEC). R1b-S21 allait se mélanger pendant plus d'un millénnaire avec les populations scandinaves prééxistantes, représentées par les haplogroupes I1, I2-M223, R1a-Z284 et dans une moindre mesure N1c1, aboutissant à l'âge du Fer à une société germanique avec une culture et une langue plus ou moins unifiée, bien que divisée en de nombreuses tribus. R1b-S21 devint l'haplogroupe dominant parmi les tribus germaniques occidentales, mais resta minoritaire face à I1 et R1a dans les tribus orientales, notament celles issues de Suède comme les Goths, les Vandals ou les Lombards.

La présence de R1b-S21 dans les autres régions d'Europe peut être attribuée quasi exclusivement aux migrations germaniques qui ont eu lieu entre le 3ème et le 10e siècle. Les Frisons et les Anglo-Saxons ont disséminé cet haplogroupe en Angleterre et dans les Lowlands d'Ecosse, les Francs en Belgique et France, les Suévirs en Galice et au Portugal, et les Lombards en Autriche et en Italie. Plus tard les Vikings danois et norvégiens ont aussi contribué à la dissimulation de R1b-S21 (aux côtés de I1, I2b1 et R1a) dans une bonne partie de l'Europe occidentale, mais principalement en Islande, aux îles Britanniques, en Normandie, et dans le sud de l'Italie.

De la fin du moyen âge jusqu'au début du XXe siècle, les Allemands ont colonisé une grande partie de la Pologne actuelle, s'avançant aussi loin que la Lettonie vers le nord-est et de la Roumanie vers le sud-est. Durant la même période, que les Autrichiens bâtirent un empire comprenant ce qui est maintenant la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et une partie de la Roumanie, de l'Ukraine occidentale et du sud de la Pologne. Plusieurs siècles d'influence allemande et autrichienne en Europe centrale et de l'est se sont traduites par la présence d'un faible pourcentage des lignées germaniques parmi les populations modernes. En Roumanie 4 % de la population se considère toujours comme ethniquement allemande. Le faible pourcentage de R1b-S21 en Finlande, Estonie et Lettonie est attribuable au reigne des Suédois ou Danois dans la région de la fin du moyen-âge à la fin du XIXe siècle.

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-S21 (U106) en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-S21 (U106) en Europe

La branche balkanique, grecque, anatolienne & assyrienne (L23)

Les Hittites (c. 2000-1178 AEC) furent les premiers Indo-Européens à défier (et vaincre) les puissants empires mésopotamien et égyptien. Il existe deux hypothèses concernant l'origine des Hittites. La première est qu'ils sont venus de l'est des Balkans et envahirent l'Anatolie en traversant le Bosphore. Cela signifierait qu'ils appartenaient à la sous-clade L23 ou Z2103. Un autre scénario plausible est qu'ils descendaient de la culture de Maykop tardive, et qu'ils auraient franchi le Caucase pour conquérir le Royaume du Hatti (peut-être après avoir été supplanté dans le Caucase du Nord par les peuplades R1a de la culture des catacombes). Dans ce cas les Hittites pourrait avoir appartenu à la sous-clade R1b-M269. La première hypothèse a l'avantage d'avoir un seul centre névralgique, les Balkans, comme point de départ de l'expansion post-Yamna de toutes les langues indo-européennes associées à R1b. L'hypothèse de Maykop, quant à elle, pourrait expliquer pourquoi la branche anatolienne des langues indo-européennes (hittite, louvite, lydien, palaïte) parrait tellement archaïque par rapport aux autres langues indo-européennes, qui elles seraient originaires de Yamna plutôt que de Maïkop.

Il y a des preuves archéologiques et linguistiques considérables que Troie était une cité indo-européenne associée à la culture des steppes et à l'haplogroupe R1b. Les Troyens parlaient le louvite, une langue étroitement apparentée au hittite (et donc indo-européenne), et disposaient de liens culturels attestés avec la culture de la steppe pontique. La première ville de Troie remonte à 3000 avant notre ère, au beau milieu de la période de Maïkop. Troie pourrait avoir été une une colonie fondée par les habitants de Maïkop pour sécuriser les routes commerciales entre la mer Noire et la mer Égée. La fondation de Troie coïncide exactement avec l'époque où les premières galères ont été construites. Compte tenu de l'âge de la fondation de Troie, les deux haplogroupes paternels indo-européens les plus probables seraient R1b-M269 ou R1b-L23.

Les Phrygiens et les Proto-Arméniens sont deux autres tribus indo-européennes tirant leurs origines dans les Balkans. Les deux semblent avoir migré vers l'Anatolie aux alentours de 1200 AEC, durant les « grands bouleversements » de la Méditerranée orientale (voir ci-dessous). Les Phrygiens (ou Briges) fondèrent un royaume (1200-700 AEC) dans l'ouest de l'Anatolie centrale, s'emparant de la majeure partie de l'empire hittite croulant. Les Arméniens ont traversé toute l'Anatolie jusqu'au lac de Van et se sont installés dans les montagnes d'Arménie. Aujourd'hui, 30% des Arméniens appartiennent à haplogroupe R1b, et la grande majorité à la sous-clade L23 (=> voir les migrations indo-européennes en Arménie).

La plupart des lignées R1b que l'on retrouve en Grèce aujourd'hui appartiennent à la variété balkanique L23. Il y a aussi une minorité de proto-celtique S116/P312 et italo-celtique S28/U152. L23 pourrait être descendu d'Albanie ou de Macédoine lors de l'invasion dorienne (voir ci-dessous), qui s'est probablement passée au XIIe siècle avant notre ère. Leur langue semblent avoir été suffisament proche de mycénien pour être mutuellement intelligible, ce qui facilita grandement son adoption par la population grecque. Les Mycéniens, quand à eux, pourraient avoir apporté certains lignages R1b (M269 ou L23) en Grèce, mais leurs origines peuvent être retracée par le biais de l'archéologie à la culture des catacombes et au phénomène Seima-Turbino de la steppe boisée du nord, ce qui ferait d'eux une tribu principalement R1a.

Les lignées S116 et S28 en Grèce et en Anatolie peuvent être attribuées aux invasions celtique de La Tène du IIIe siècle avant notre ère. Les Romains ont eux aussi certainement apporté des lignages S28 (=> voir Histoire génétique des Italiens), mais sans aucun doute aussi les Vénitiens, notamment dans les îles. Les plus vieilles sous-clades de R1b, tels que P25 et V88, ne représente qu'une petite minorité et serait venu avec E1b1b, G2a et J2 du Moyen Orient.

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-ht35 (L23, L11, L51 & Z2103) en Europe

Répartition géographique de l'haplogroupe R1b-ht35 (L23, L11, L51 & Z2103) en Europe

Les grands bouleversements vers 1200 AEC

1200 AEC a été un tournant dans l'histoire européenne et du Proche-Orient. En Europe centrale, la culture des urnes s'est transformée et est devenue la civilisation de Hallstatt, traditionnellement associée avec la la civilisation celtique classique, qui devait avoir une influence cruciale sur le développement de la Rome antique. En Italie, la culture de Terramare touche à sa fin avec les invasions Italo-celtique. Dans la steppe pontique, la culture de Srubna laisse place aux Cimmériens, un peuple nomade parlant une langue iranienne ou thracienne. Commence l'âge du fer culture de Colchis (1200-600 AEC) dans la région du Caucase du nord. Son élargissement au sud du Caucase correspondent aux premières mentions historiques de la branche de proto-arménienne des langues indo-européennes (vers 1200 AEC). Dans le centre du Levant les Phéniciens commence à s'établir en tant que puissance maritime et à bâtir leur empire commercial sur le pourtour sud de la Méditerranée.

Mais l'événement le plus important de cette période fut incontestablement la destruction des civilisations proche-orientales, apparemment par ceux qu'on a appelé les Peuples de la mer. La grande catastrophe qui a ravagé toute la Méditerranée orientale de la Grèce à l'Egypte vers 1200 avant notre ère est un sujet qui demeure controversé. L'identité des peuples de la mer a été l'objet de nombreuses spéculations. Ce qui est certain, c'est que toutes les sociétés axées sur un palais au Proche-Orient ont connu une fin soudaine accompagnées d'énormes actes de destruction, pillage et arasement des villes. L'explication la plus courante est que la région a été envahie par les guerriers technologiquement avancés du nord, sans doute des Indo-Européens descendus des steppes via les Balkans.

La capitale hittite d'Hattusa a été détruite en 1200 AEC, et en 1160 AEC l'empire s'effondre, sans doute sous la pressions des Phrygiens et des Arméniens venus des Balkans. Les villes mycéniennes ont été ravagées et abandonnés tout au long du XIIe siècle AEC, conduisant à l'éventuel effondrement de la civilisation mycénienne vers l'an 1100 avant notre ère. Le Royaume d'Ougarit en Syrie a été annihilé et sa capitale jamais reconstruite. D'autres villes du Levant, de Chypre et de Crète ont été brûlées et laissée à l'abandon pendant de nombreuses générations. Les Égyptiens ont dû repousser les assauts des < une classe = « o » rel = « nofollow » href = "https://en.wikipedia.org/wiki/Philistines "target ="_blank">Philistins venus de l'est et des < une classe ="o"rel ="nofollow"href ="https://en.wikipedia.org/wiki/Ancient_Libya "target="_blank">Libyens de l'ouest - deux tribus d'origine supposée indo-européenne. Les Libyens étaient accompagnés de mercenaires venus des terres du nord (les Ekwesh, Théresch, Lukka Shardanes et Shekelesh), dont l'origine est incertaine, mais qui a été placé par différents historiens en Anatolie, en Grèce ou dans le sud de l'Italie.

La dévastation de la Grèce succéda à la légendaire guerre de Troie (1194-1187 AEC). Il a été postulé que les Doriens, un peuple indo-européen des Balkans (probablement venus de Bulgarie ou de Macédoine actuelle), ont envahi la Grèce mycénienne affaiblie après la guerre de Troie, et se sont finalement installés en Grèce comme l'un des trois grands groupes ethniques historiques. Les régions dorienne de la Grèce classique, où les dialectes doriques étaient parlées, étaient essentiellement le sud et l'est du Péloponnèse, la Crète et Rhodes, ce qui correspond également la partie de la Grèce où le pourcentage de R1b-L23 est le plus élevé.

Une autre hypothèse est que la migration des Illyriens du nord-est de l'Europe jusqu'aux Balkans a déplacé les précédentes tribus indo-européennes de la région, à savoir les Doriens vers la Grèce, les Phrygiens vers le nord-ouest de l'Anatolie, les Arméniens vers l'est de l'Anatolie, et les Libous vers la Libye (après une tentative avortée de conquérir le Delta du Nil en Égypte). Les Philistins, peut-être déplacés d'Anatolie, se sont finalement installés en Palestine vers 1200 avant notre ère, incapables de pénétrer en Égypte.

La branche Levantine et Africaine de R1b (V88)

Comme son homologue du nord (R1b-M269), R1b-V88 est associé à la domestication des bovins en Mésopotamie du Nord. Les deux branches de R1b se sont probablement divisées peu de temps après que les bovins aient été domestiqués, il y a environ 10.500 ans (8.500 avant notre ère). Les peuplades R1b-V88 migrèrent vers le sud en passant par le Levant et l'Égypte. Les migrations des populations R1b préhistoriques peut être suivie archéologiquement grâce à la présence de bovins domestiqués, qui apparaissent dans le centre de la Syrie vers 8.000-7.500 avant notre ère (fin de la période Mureybet), puis dans le Levant méridional et l'Egypte autour de 7.000-6.500 avant notre ère (p. ex. à Nabta Playa et Bir Kiseiba). Les éleveurs de bovins se sont par la suite répartis sur presque toute l'Afrique du Nord et l'Est. Le désert du Sahara aurait été plus humide au cours de la période néolithique subpluviale (vers 7250 à 3250 avant notre ère), et aurait été une vaste savane herbeuse, un environnement idéal pour l'élevage. Des signes d'élevage de vache durant le néolithique apparaissent à Uan Muhuggiag en Libye centrale il y a 7.500 ans, ou encore à la grotte de Capeletti en Algérie il y a 6.500 ans. Mais la preuve la plus convaincante que des tribus R1b apparentées aux Européens modernes ont jadis parcouru le Sahara se trouvent à Tassili n'Ajjer, dans le sud algérien, un site célèbre pour ses pyroglyphes (gravures rupestres) datant de l'époque néolithique. Certaines peinture datant d'environ 3000 avant notre ère dépeignent les femmes aux cheveux auburn et blonds chevauchant des vaches.

De nos jours, on trouve de faibles pourcentages (1 à 4 %) de R1b-V88 dans le Levant, parmi les Libanais, les Druzes et les Juifs, ainsi que dans presque tous les pays d'Afrique au nord de l'Équateur. Les fréquences les plus élevées sont observées en Egypte (5 %), chez les Berbères de la frontière égypto-libyienne (23 %), chez les Coptes du Soudan (15%), chez les Haoussa du Soudan (40%), les Peuls du Sahel (54 % au Niger et au Cameroun), et parmi les tribus tchadiques du nord du Nigéria et du Cameroun (surtout chez les Kirdi), où R1b-V88 est l'haplogroupe de 30 % à 95 % des hommes. Selon Cruciani et coll. (2010) R1b-V88 aurait traversé le Sahara il y a entre 9.200 et 5.600 ans et est probablement associée à la diffusion des langues tchadiques, une branche des langues chamito-sémitiques. Néanmoins, R1b-V88 n'est pas seulement présent parmi les locuteurs de langues tchadiques, mais aussi parmi les peuples parlant des langues appartenant aux familles sénégambienne (Peul, Hausa) et sémitique (Berbère, Arabe).

R1b-V88 se trouve parmi les populations indigènes du Rwanda, d'Afrique du Sud, de Namibie, d'Angola, du Congo, du Gabon, de Guinée équatoriale, de Côte d'Ivoire, et du Guinée-Bissau. La large diffusion de V88 dans toutes les régions d'Afrique, son incidence chez les tribus pastorales et l'âge de la coalescence de l'haplogroupe tous soutenir une dispersion néolithique. Une dispersion ultérieure est peu probable puisqu'elle aurait apporté des haplogroupes arrivés en Egypte au cours de l'âge du Bronze, comme J1, J2, R1a et R1b-L23.

Les lignées maternelles associées à la propagation de R1b-V88 en Afrique sont ADNmt haplogroupes J1b, U5 et V et peut-être aussi U3 et quelques H sous-clades (=> voir retraçant les haplogroupes ADNmt du peuple original de R1b).

Autres migrations de R1b

D'autres migrations ont eu lieu entre l'Europe et le Proche-Orient ou l'Asie centrale au cours de l'Antiquité et du moyen âge. R1b-S28 est présent en Roumanie, en Turquie, dans le nord du Bashkortostan (un impressionant 71.5% de la population locale d'après Myres et al.) et à la frontière du Kazakhstan et du Kirghizistan. Certaines de ces lignéesont certainement été introduite par les Celtes de La Tène, qui ont migré le long du Danube et fondé le Royaume de Galatie en Anatolie centrale. Le reste pourrait tout aussi bien être romain, étant donné que R1b-S28 est la forme dominante de R1b dans la péninsule italienne. Certains ont hypothétisé qu'une légion romaine "perdue" s'est rendue jusqu'en Asie centrale ou même en Chine et n'est jamais revenue, les légionnaires se marriant avec des femmes locales et laissant leur marqueur génétique derrière eux dans des enclaves isolées d'Asie jusqu'à ce jour. Une version plus prosaïque est que des marchants romains se soient rendus en Chine via la Route de la Soie, qui a existé depuis le 2ème siècle avant notre ère.

Un petit pourcentage de R1b d'Europe occidentale se retrouvent également chez les communautés chrétiennes du Liban. Ils sont très probablement les descendants des croisés.

Individus R1b célèbres

Larmuseau et coll. (2013) ont testé l'ADN-Y de trois membres vivants de la maison de Bourbon, un descendant de Louis XIII de France et deux de Philippe V d'Espagne (lui-même un petit-fils de Louis XIV). Ils ont conclu que les trois hommes partagent le même haplotype STR et appartenaient à l'haplogroupe R1b-U106 (sous-clade Z381 *). Ces résultats contredisent les études antérieures par Laluez-Fo et coll. (2010), qui ont analysé l'ADN d'un mouchoir trempé dans le sang présumé de Louis XVI après son exécution, ainsi que par Charlier et coll. (2012), qui ont testé l'ADN d'une tête coupée qui aurait appartenu à Henri IV de France. Ces deux études avaient identifié les monarques comme appartenant à l'haplogroupe G2a. Tous les rois de France descendant en ligne patrilinéaire de Robert le Fort (820-866), on peut supposer que tous les rois de France appartenaient à ce même haplogroupe R1b-Z381, sauf en cas d'adultère qui aurait rompu la filiation entre Robert le Fort et Louis XIII. La Maison de Bourbon comprend également tous les rois d'Espagne depuis Philippe V (1683-1746), y compris l'actuel roi Juan Carlos, tous les rois des Deux-Siciles, les grands-ducs de Luxembourg depuis 1964 et bien sûr tous les ducs de Bourbon et d'Orléans.

Bogdanowicza et coll. (2009) ont testé l'ADN Y-chromosomal et l'ADN mitochondrial des restes exhumés de l'astronome prussien de la Renaissance Nicolas Copernic. Ils ont établi qu'il appartenait au haplogroupe-Y R1b et haplogroupe-mt H.

Leopold I, Roi des Belges

La lignée de la Maison de Wettin a été identifiée comme appartenant à R1b-U106 (branche Z381 > Z156 > Z305 > DF98+) par le test de deux descendants connus de la ligne de Wettin par Brad Michael Little. Les résultats ont confirmé que les deux hommes, qui partagent un ancêtre commun en François, duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld, possèdent les mêmes haplogroupe et haplotype. Les membres de la maison de Wettin comprennent notamment le rois Édouard VII, George V, Edward VIII et George VI du Royaume-Uni, tous les rois des Belges, les rois du Portugal de 1853 à 1910, les rois de Bulgarie de 1887 à 1946, plusieurs rois de Pologne et grands-ducs de Lituanie, les Margraves de Misnie de 1075 à 1423, les électeurs de Saxe de 1423 à 1806, les rois de Saxe de 1806 à 1918, et les souverains des nombreux plus petits duchés saxons.

Charles I, Roi d'Angleterre et d'Ecosse

Selon le Projet ADN Stewart Stuart les membres de la Maison Stuart, qui ont gouverné l'Écosse à partir de 1371, puis aussi l'Angleterre et l'Irlande de 1603 jusqu'à 1707, appartiennent à la branche S781 (sous DF13 et L744) de l'haplogroupe R1b-L21.

L'empereur Charles Quint

Selon les données du Projet ADN de la famille de Habsbourg, il y a une forte probabilité que l'haplogroupe de la Maison des Habsbourg soit R1b-U152 (branche L2+). Les Habsbourgs étaient originaires du village éponyme dans le nord de la Suisse. Ils sont tout d'abord devenus rois des Romains en 1273, et on obtenu le titre de duc d'Autriche. Les Habsbourgs ont fourni tous les empereurs romains sauf un à partir de 1440 jusqu'à la dissolution de l'empire romain germanique en 1806. Les Habsbourgs ont conservé le titre d'empereur d'Autriche, puis d'Autriche-Hongrie jusqu'en 1918. Leur dynastie a également gouverné l'Espagne, Naples, la Toscane, Parme et Milan, parmi d'autres. Consultez également la liste des haplogroupes des souverains d'Europe pour les lignées d'ADNmt de nombreux membres de la famille Habsbourg.

Tsar Nicolas II de Russie

Rogaev et coll. (2009) ont testé l'ADN de la tombe présumée du Tsar Nicolas II de Russie et tous ses cinq enfants, et l'ont comparé à des échantillons de sang de Nicolas II ainsi que des échantillons ADN de descendants de ses lignées paternelle et maternelle. Les résultats confirment sans équivoque que la tombe était bien celle de la dernière famille royale russe. Nicolas II appartenait à l'haplogroupe-Y R1b et à l'haplogroupe-mt T2. Par conséquent, tous les empereurs russes de la dynastie des Romanov depuis Pierre III (1728-1762) appartenaient eux aussi à l'haplogroupe R1b. Cette lignée paternelle descend de la Maison d'Oldenbourg, qui comprend tous les rois du Danemark depuis Christian I (qui a régné à partir de 1448) ainsi que plusieurs rois de Norvège, de Suède et de Grèce, et les héritiers actuels au trône britannique (le Prince Charles et son fils Prince William).

Les haplogroupes de plusieurs présidents américains ont été déduit de tests de leurs descendants. Parmi les rangs des présidents de R1b, on retrouve John Adams (2ème président), John Quincy Adams (6ème), James K. Polk (11ème), Zachary Taylor (12ème), Franklin Pierce (14ème), James Buchanan (15ème), Abraham Lincoln (16ème), Ulysses S. Grant (18ème), Grover Cleveland (24ème), William McKinley (25ème), et Woodrow Wilson (28ème).

Charles Darwin

Le grand naturaliste anglais Charles Darwin (1809-1882), qui a proposé la théorie scientifique de l'évolution et le processus de sélection naturelle, était un membre de l'haplogroupe R1b selon les résultats des tests de son arrière-arrière-petit-fils.

James D. Watson

Les deux premiers êtres humains à avoir leur génome entièrement séquencé, James D. Watson, les co-découvreurs de la structure de l'ADN, et le biologiste Craig Venter sont tous deux des membres de l'haplogroupe R1b-S21 (U106), bien qu'ils appartiennent à des sous-clades différentes (Z30, en aval du Z9 pour Watson, et L45, en aval de L47 pour Venter). Bien que les deux soient des citoyens américains, leurs ancêtres patrilinéaires sont respectivement écossais et allemand.

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